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Commentaire : Une concertation politique à Madingou, plutôt qu’un dialogue national inclusif!

Le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, a ainsi officialisé, jeudi 22 octobre 2020, lors d’une rencontre avec les représentants des partis politiques, l’idée qui s’était déjà répandue depuis le mois de septembre, concernant la tenue d’une concertation politique nationale, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2021. Au lieu du dialogue national inclusif réclamé à cor et à cri par une partie de la classe politique nationale, c’est donc une concertation politique qui a été décidée. La classe politique est-elle unanime à accepter cette idée ?
L’opinion réclamait un dialogue national inclusif. Les partenaires internationaux, notamment les agences du système des Nations unies étaient prêts à accompagner le Congo dans cette voie. Le gouvernement a opté pour une concertation politique nationale. Martin Mbéri, le secrétaire permanent du C.n.d (Conseil national du dialogue), peut donc disposer de son temps. S’il veut organiser un dialogue, ça sera alors après le scrutin présidentiel.
La concertation est limitée aux acteurs politiques et son objectif est de créer un consensus autour de l’organisation des élections. Ainsi, la concertation politique de Madingou permettra de faire le point de ce qui reste à mettre en œuvre des engagements pris lors du Dialogue national de Sibiti et même des concertations précédentes.
Le ministre Raymond Zéphirin Mboulou va ferrailler d’ici là avec la classe politique, pour obtenir un consensus sur l’organisation du scrutin présidentiel, concernant les questions épineuses comme la constitution des listes électorales, l’introduction ou le report de la biométrie, le maintien ou non du bulletin unique, la composition de la C.n.e.i (Commission nationale électorale indépendante) et des commissions locales, la rigueur dans l’application des textes électoraux, le financement des campagnes électorales, l’affichage des résultats devant les bureaux de vote, les délais de compilation des résultats, la proclamation des résultats et les recours devant la Cour constitutionnelle, le comportement des acteurs politiques, etc.
Il n’est pas à exclure les préoccupations que les acteurs politiques peuvent vouloir introduire comme l’accès aux médias publics, la remise en liberté des anciens candidats à l’élection présidentielle de 2016 aujourd’hui en prison, le dénombrement consensuel de la population pour la constitution des listes électorales, la prise en charge des délégués des candidats dans les bureaux de vote, le remboursement des frais électoraux, etc.
Quant au scrutin, il revêt, évidemment, un enjeu important. Il y a de fortes chances que l’élection présidentielle de mars 2021 retrouve en course les mêmes forces politiques. Ainsi, le P.c.t, principal parti de la Majorité présidentielle, a déjà désigné le Président sortant, Denis Sassou-Nguesso, comme son candidat.
Du côté de l’opposition plurielle, le leader de Yuki, Guy-Brice Parfait Kolélas, a été choisi comme candidat par son parti. On attend que l’U.pa.d.s annonce son candidat qui pourrait être son actuel premier secrétaire, Pascal Tsaty-Mabiala, chef de file de l’opposition.
On attend de savoir ce qu’il en sera pour Claudine Munari, présidente du parti M.u.s.t (Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail) et de la plateforme Front de l’opposition congolaise, Joseph Kignoumbi-Kia-Mboungou (indépendant), Michel Mboussi-Ngouari (Copar) et Anguios Nganguia-Engambé. Mais, on note des figures nouvelles qui font aussi leur apparition, comme Uphrem Dave Mafoula.
Les deux anciens candidats de 2016 aujourd’hui en prison, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi-Salissa, ne seront pas en lice, en raison de leurs condamnations par la Justice congolaise.
Pour les observateurs, trois candidats vont focaliser l’attention durant le prochain scrutin présidentiel congolais. Il s’agit du Président sortant Denis Sassou-Nguesso et de ses deux opposants, Guy-Brice Parfait Kolélas et Pascal Tsaty-Mabiala, s’il venait à se porter candidat.
Pour l’instant, la concertation politique de Loudima doit permettre de régler les questions inhérentes à l’organisation d’un scrutin équitable, transparent et crédible.
N.M.

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l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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03 décembre 2020, 11: 52

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

Des milliers de supporters du Président Donald Trump ont manifesté, samedi 14 novembre dernier, à Washington, pour protester, une fois de plus, contre la présumée «fraude électorale» qui aurait privé leur champion de sa victoire à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ils sont allés manifester leur colère jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, dans le quartier du Capitol Hill, comme pour appuyer les recours en justice introduits par les avocats du Président Trump. C’est la démocratie, peut-on dire! Mais, la démocratie a ses côtés amers et on l’oublie souvent.

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