Quand on parle de sport, on pense d’abord au football, le sport-roi dans notre pays. Dès les années 70, le Congo s’est révélé comme une grande Nation de football, en remportant la Coupe d’Afrique des Nations et la Coupe d’Afrique des clubs champions. Depuis, il n’y a que le handball qui, dans les années 80, a hissé le pays au sommet du continent. Après une longue éclipse, on a eu une éclaircie avec les Léopards de Dolisie, qui ont remporté la Coupe de la Caf en 2012. Autrement, la courbe de la performance du football congolais ne fait que baisser. Aujourd’hui, le niveau du football congolais laisse à désirer. Les états généraux de mars dernier ont diagnostiqué les maux et proposé une thérapie sous forme de recommandations. Mais, plus que jamais, c’est l’engagement de tous, dirigeants sportifs, pouvoirs publics et sportifs qui est la solution, comme le Premier ministre en a donné la preuve récemment.

La débâcle des Diables-Rouges à Bamako, au Mali, battus avec un score fleuve de 4 buts à zéro, des buts encaissés dès la première mi-temps, est l’exemple patent des maux qui rongent le sport au Congo: mauvaise gestion financière et absence de transparence; manque de préparation sérieuse et de rigueur au travail; pression sur les entraîneurs; ingérence; esprit partisan et passion dans la gestion des sélections nationales; corruption dans l’organisation des compétitions et championnats nationaux, etc.
Du coup, les mordus du sport, toutes disciplines confondues, se montrent critiques, voire très critiques à l’endroit des dirigeants sportifs. Le football est le sport pour lequel l’Etat décaisse régulièrement des sommes importantes. Mais, les résultats ne suivent pas toujours. Quand l’équipe perd, les dirigeants de la Fécofoot gagnent de l’argent, puisque les primes des joueurs sont réduites et le différentiel n’est pas reversé au Trésor public. Dans ces conditions, comment ne pas imaginer que les défaites de l’équipe nationale font la joie des dirigeants sportifs?
Quand l’équipe gagne, ce sont les joueurs qui gagnent de l’argent, puisqu’ils touchent leurs primes en totalité. C’est le paradoxe de la gestion du football congolais qui, jusqu’à présent, a du mal à faire son entrée dans le professionnalisme. Les états généraux du football congolais, tenus du 16 au 18 mars 2022, à Brazzaville, sous l’égide du ministre en charge des sports, ont fait le diagnostic de notre football et dresser des stratégies pour le rendre performant. Ils ont adopté 14 recommandations dont le Ministère des sports se doit d’obtenir la mise en œuvre. Parmi ces recommandations, il y a la question du financement comme «l’octroi, par l’Etat, d’une subvention aux clubs d’élite», «l’augmentation des subventions allouées aux compétitions internationales», et la création de la «Congolaise de football comme l’une des sources de financement du football».
Il y a aussi la question des infrastructures et à ce propos, la mise aux normes du Stade Alphonse Massamba-Débat est la première réponse que le gouvernement vient de donner. Autant dire que les états généraux étaient vraiment les bienvenus, car ils ont permis de faire bouger les pouvoirs publics sur le sort du sport dans le pays.
Enfin, la question de la formation des athlètes. Les états généraux ont recommandé «la dynamisation de la pratique du football à l’école». Mais, il faut tout de même un centre de formation digne de ce nom. Celui du Stade Alphonse Massamba-Débat a marché un moment, de 2003 à 2005. Il ne fonctionne plus par manque de subvention. On attend l’ouverture du Centre de formation de Kintélé. C’est bien de faire recours aux professionnels de la diaspora. Mais, il faut créer au Congo, les conditions adéquates de formation des athlètes.
Le championnat national de football direct Ligue 1 est d’une qualité et d’un niveau technique peu développé. Le champion du Congo fait piètre figure sur la scène africaine. C’est dû à beaucoup de maux, dont la corruption en milieu sportif. La Fécofoot (Fédération congolaise de football) connaît aussi des difficultés d’organisation, pour relever le niveau technique et la qualité du football congolais. On ne le dira jamais assez, les états généraux du football ont fait un diagnostic pertinent et proposé des solutions dont on peut supposer qu’elles sont efficaces. Mais, c’est l’engagement, la détermination des acteurs qui doivent être au rendez-vous. Pour gagner, il faut en avoir l’ambition, l’engagement, la détermination. Des qualités qui nous font souvent défaut et c’est là où il faut insister.

Luze Ernest BAKALA.

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