Désormais inscrite à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco, la rumba congolaise vient là de franchir un pas historique, comme le sont d’autres danses et musiques à travers le monde. Le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, en a vanté la richesse, lors de son message sur l’état de la Nation devant le parlement réuni en congrès, le 28 décembre dernier. Lui qui est un grand admirateur de cette musique et de l’orchestre mythique congolais, les «Bantous de la capitale».
Cette reconnaissance internationale devrait interpeller les musiciens congolais des deux rives du Fleuve Congo à un retour à la croisée des chemins, quand on voit l’évolution de certains d’entre eux qui tend à dénaturer cette musique, par l’usage des paroles impudiques et d’une musique qui dénature cette danse.
La consécration internationale de la rumba congolaise est un vibrant hommage à la musique congolaise des deux rives et aux artistes qui ont fait vibrer cette musique de manière moderne à partir des années 40. Jusqu’aux années 70, on peut même dire que cette musique dominait les variétés modernes en Afrique noire. La musique congolaise des deux rives et sa rumba ont régné sans partage dans une grande partie du continent, avec les musiciens comme Paul Kamba, Wendo, Franco, Tabu Ley, Pamelo, Essou, etc, les orchestres comme Ok Jazz, Bantous de la capitale, Zaïko Langa-Langa, etc, les variétés de la rumba chauffée comme les danses cavacha, boucher, mokonionio, choqué, vimba, tango et autres contorsions et foucades porno-chorégraphiques sportives propres à la troisième école de la musique congolaise, que j’ai nommé l’école Zaïko. Certains considèrent que la troisième école de la musique congolaise s’éloigne beaucoup de la rumba de par ses danses.
A dire vrai, la rumba est noble, elle exprime une majesté généreuse. A l’instar du show occidental et du zouk, elle est poétique et émotionnelle et se danse avec un partenaire du sexe opposé, même si deux partenaires de même sexe, souvent les femmes, peuvent la danser.
Aux antipodes des danses créées par la troisième école de la musique congolaise, la rumba n’est pas une danse solitaire, sur une piste, debout face à des convives. Les jeunes sociétaires de la musique actuelle sont beaucoup plus préoccupés par le showbiz, le profit et le spectacle qu’ils se lancent dans des musiques qui n’ont plus grand-chose à avoir avec la rumba congolaise.
Aux lendemains de la reconnaissance internationale de la rumba congolaise, notre consœur de la chaîne de télévision Tv5 monde avait consacré toute une tranche à cette musique.
Quant à la Télévision congolaise, chaîne nationale, une émission intitulée «La rumba», conçue par le directeur général André Ondélé, animée par Serge Bruno Mienahata et diffusée tous les mardis avec une rediffusion les samedis, meuble, désormais, sa grille des programmes. Une façon de rendre hommage à la musique et aux artistes-musiciens.
Il faut dire que cette reconnaissance méritée, on la doit aussi à un homme, le journaliste Mfumu Fylla, qui s’est donné corps et âme à la promotion et à la valorisation de cette musique, à travers de nombreuses publications.
Parti à «Mpemba», comme le disait l’écrivain Sylvain Bemba, Mfumu Beaudley, l’altruiste, doit se sentir heureux pour l’aboutissement de son combat culturel, donnant au deux Congo de contribuer au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Chrysostome FOUCK ZONZEKA

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