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Commentaire : A l’exemple du Kenya et de l’Angola, la démocratie avance en Afrique, malgré les difficultés

Le mois d’août dernier a vu deux pays africains subsahariens tenir leurs élections présidentielles, en plus des législatives et locales. Il s’agit de l’Angola et du Kenya. Ces événements électoraux se ressemblent, en ce que les élus ont gagné sur le fil du rasoir et font face à des adversaires politiques ayant de grandes assises populaires.

L’Angola a un système électoral particulier. L’Assemblée nationale angolaise est composée de 223 sièges. 90 sièges sont pourvus au niveau provincial (départemental), au «scrutin proportionnel plurinominal à la plus forte moyenne, selon la méthode d’Hondt, dans 18 circonscriptions électorales plurinominales». 130 sièges sont pourvus suivant la même méthode mais au niveau national (une seule circonscription). Les trois sièges restants sont dédiés aux Angolais de la diaspora, mais depuis l’instauration de ce système électoral, ils n’ont jamais été pourvus.

Wiliam Ruto investi pour son pemier mandat à la tête du Kenya.
Wiliam Ruto investi pour son pemier mandat à la tête du Kenya.

Le Président de la République est élu parmi les candidats aux législatives du parti ayant gagné le plus grand nombre de députés. Ainsi, le M.p.l.a (Mouvement populaire de libération de l’Angola) a recueilli 51,17% des voix aux législatives, soit 124 sièges sur 220 (en enlevant les 3 de la diaspora qui ne sont pas pourvus). Son candidat à l’élection présidentielle, João Lourenço, a été ainsi élu Président de la République par les députés.
Son rival, Adalberto Costa Júnior (60 ans) de l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) a recueilli 43,95% des voix, soit 90 sièges. Il a contesté les résultats de ces élections. «Je parle avec l’espoir que la Commission nationale électorale ainsi que la Cour constitutionnelle rempliront véritablement leurs fonctions, dans le strict respect de la Constitution et des lois. Que la Commission nationale électorale n’hésite pas à confronter les procès-verbaux en sa possession avec les copies des procès-verbaux en possession des partis politiques. Je le réaffirme, le M.p.l.a n’a pas gagné les élections du 24 août dernier», avait-il déclaré, après la proclamation des résultats provisoires par la Commission nationale électoral, le jeudi 25 août. Le dimanche 4 septembre, la Cour constitutionnelle angolaise confirmait ces résultats, après le rejet du recours en annulation des résultats déposé par l’Unita. Le Président Joao Lourenço, investi dans ses fonctions, jeudi 15 septembre, pour un second et dernier mandat de cinq ans à la tête de l’Angola, fait face à une opposition bien représentée à l’Assemblée nationale.
Au Kenya où le système électoral est similaire au nôtre, à savoir un «scrutin uninominal majoritaire à deux tours, pour un mandat de cinq ans», on a assisté exactement au même scénario. Les élections législatives et présidentielle se sont déroulées le mardi 9 août 2022. Le Président sortant, Uhuru Kenyatta (61 ans), n’était pas candidat, car ayant déjà accompli les deux mandats qu’autorise la Constitution. Il n’a pas non plus eu besoin de modifier la Constitution, pour demeurer au pouvoir, ni chercher à hisser un de ses rejetons au sommet de l’Etat. C’est dire qu’en Afrique, il y a aussi des dirigeants politiques capables de s’arrimer à la démocratie.
Uhuru Kenyattat a plutôt soutenu son opposant, William Ruto (58 ans), soit dit en passant, qui est d’une autre ethnie, et qui était devenu son Vice-Président, après la réconciliation faite en 2018. Celui-ci a été élu sur le fil du rasoir, avec à peine 50,49% des voix, face à l’opposant historique, Raila Odinga (77 ans), qui a obtenu 48,45%. L’opposant a contesté ces résultats. Mais, cette fois, la Cour constitutionnelle a confirmé ces résultats.
Dans les deux cas du Kenya et de l’Angola, les Présidents ne le sont pas avec des scores staliniens et leurs oppositions sont grandement représentées à l’Assemblée nationale. Ce sont des exemples de la bonne marche démocratique en Afrique.

Ralph Justin
OBILANGOULOU

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