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Colloque international De Gaulle et Brazzaville : Pour une mémoire partagée entre la France, le Congo et l’Afrique

Colloque international De Gaulle et Brazzaville : Pour une mémoire partagée entre la France, le Congo et l’Afrique

Brazzaville, la capitale, a abrité, du 27 au 28 octobre 2020, au Palais des congrès, un colloque international intitulé «De Gaulle et Brazzaville», pour célébrer les 80 ans du «Manifeste de Brazzaville», relatif à l’appel lancé par le général Charles De Gaulle, depuis ce qui était la capitale de l’A.e.f (Afrique équatoriale française), pour la mobilisation de l’effort français contre l’occupation de la France par l’Allemagne nazie. Brazzaville devenant ainsi capitale du mouvement de la France-Libre qui conduira à la libération de la France, à la fin de la Seconde guerre mondiale. C’était aussi l’occasion de célébrer les 60 ans d’indépendance de la plupart des pays africains francophones.

Le Président Denis Sassou-Nguesso à l’ouverture du colloque.

Sous le patronage du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, la cérémonie d’ouverture du colloque international de Brazzaville a connu la participation des Chefs d’Etat de la RD Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, du Tchad, le maréchal Idriss Déby Itno et de Centrafrique, Faustin Archange Touadera, les Premier ministres du Gabon, Rose Christiane Ossouka Raponda, et du Cameroun, Joseph Ngute, du ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, représentant le Président de la République Française, la secrétaire générale de l’O.i.f (Organisation internationale de la Francophonie), la Rwandaise Louise Mushikiwabo, des membres du gouvernement, des présidents des institutions constitutionnelles, des membres du corps diplomatique, du président de la Fondation Charles De Gaulle, Hervé Gaymard, des historiens et des experts internationaux, etc.
Dix allocutions ont été prononcées du haut de la tribune du colloque international de Brazzaville. Les intervenants ont remercié le Président Denis Sassou-Nguesso, initiateur desdites assises, et mis en exergue l’histoire de l’Afrique quant au rôle joué par le continent, notamment de Brazzaville, dans la libération de la France. Il s’agit également d’œuvrer à la consolidation des liens entre la France et l’Afrique francophone pour les batailles futures.
Dans son discours, Jean-Yves Le Drian a reconnu les mérites de la capitale congolaise en ces termes: «Brazzaville mérite une place de choix dans les relations de la France avec l’Afrique. Brazzaville est une séquence essentielle de notre mémoire commune (…) La France-Libre était africaine». Pour cela, le diplomate français a promis nouer des partenariats nouveaux basés sur des relations équilibrées avec l’Afrique, en vue d’agir et affronter ensemble les défis présents et futurs.
De son côté, Louise Mushikiwabo a indiqué que ce colloque était au cœur d’une histoire qui n’est pas souvent racontée. Et Hervé Gaymard d’ajouter: «Il y a 80 ans, si la France est restée la France, c’est grâce aux Africains».

Les plaidoyers des Chefs d’Etat

Le colloque marquant la commémoration des 80 ans du Manifeste de Brazzaville a servi d’occasion propice pour les Chefs d’Etat présents de faire des plaidoyers sur les maux qui rongent leurs pays. C’est le cas du Président Tshisekedi qui a sollicité l’implication et l’engagement de tous, afin de mettre un terme à la sempiternelle insécurité qui prévaut à l’Est de son pays. «La Rdc est confrontée, à l’Est du pays, à un terrorisme aveugle auquel s’adonnent des bandes armées qui font subir des violences sans nom aux populations et particulièrement aux femmes et aux jeunes filles, tantôt violées, tantôt enterrées vivantes, tantôt décapitées. Comme hier, il est difficile pour un pays de mener, seul, ce combat», a-t-il fait savoir.
Le centrafricain Faustin Archange Touadera a quant à lui plaidé pour la solidarité africaine en vue de la levée total de l’embargo sur les armes à destination des Forces armées centrafricaine. Car, soutient-il, la situation de son pays évolue positivement.
Sur le même élan, le maréchal du Tchad Idriss Déby Itno a plaidé pour une union sacrée contre le terrorisme dans la région du Sahel. Hormis l’option militaire, a-t-il dit, la lutte contre le terrorisme passe aussi par celle contre la pauvreté et l’insertion sociale de la jeunesse. Le Président tchadien a, par ailleurs, dénoncé l’ingratitude voilée de l’ancienne métropole. «Il n’est pas concevable que l’image du soldat tchadien, centrafricain, congolais, camerounais ou gabonais soit effacée dans la mémoire collective. Et qu’aucune stèle mémorielle digne de ce nom ne soit érigée en France, pour immortaliser cet acte exemplaire, de solidarité humaine marquée des sceaux des sacrifices immenses et d’inscriptibles souffrances», a-t-il déploré, en espérant que la France a pris acte.
Dans son discours d’ouverture du colloque, le Président Denis Sassou-Nguesso a indiqué que ce colloque symbolise le courage, la justice et le dépassement. Aussi, aidera-t-il à transformer le passé controversé entre la France et l’Afrique en lien de solidarité scellé dans le sang. En véritable panafricaniste, le Chef de l’Etat a plaidé en faveur de l’intégration de l’Afrique au sein des sphères de prise décisions internationales, comme l’Onu. «Les pays africains doivent être entendus, y compris au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, où les anciens alliés de la Seconde guerre mondiale qui ont toujours voix au chapitre devaient leur faire de la place, en tant que membre permanent, à part entière avec droit de véto. Ce ne serait que justice devant l’histoire», a-t-il déclaré. Denis Sassou-Nguesso a sollicité l’implication de tous afin de s’assurer des lendemains meilleurs. «Donnons de bons outils pour mieux scruter les sentiers de notre avenir commun, notamment par une relecture dépassionnée de cette histoire que nous avons en partage», a-t-il conclu.
Signalons qu’au cours du colloque, plusieurs communications ont été faites, par des historiens et experts venus de plusieurs pays, sur trois thèmes: «Brazzaville, l’A.e.f et De Gaulle (1940-1958)»; «De Gaulle et la décolonisation (1958) et «L’image du général De Gaulle». Le colloque a été sanctionné par l’adoption d’un rapport général et des recommandations. Une soirée culturelle a eu lieu, le mardi à partir de 19h30, en la Basilique Sainte-Anne, en présence du Chef de l’Etat et son épouse, Mme Antoinette, des évêques du Congo et de plusieurs personnalités.

Hervé EKIRONO

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l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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03 décembre 2020, 11: 53

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

Des milliers de supporters du Président Donald Trump ont manifesté, samedi 14 novembre dernier, à Washington, pour protester, une fois de plus, contre la présumée «fraude électorale» qui aurait privé leur champion de sa victoire à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ils sont allés manifester leur colère jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, dans le quartier du Capitol Hill, comme pour appuyer les recours en justice introduits par les avocats du Président Trump. C’est la démocratie, peut-on dire! Mais, la démocratie a ses côtés amers et on l’oublie souvent.

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