Clément Miérassa, président du P.s.d.c (Parti social-démocrate congolais)

«Je ne me décourage pas dans mon combat politique»

Président du P.s.d.c (Parti social-démocrate congolais), parti membre de la F.o.c (Fédération de l’opposition congolaise), dont il est actuellement le président en exercice, Clément Miérassa a tenu une conférence de presse, mardi 7 juin 2022, au C.i.o (Centre interdiocésain des œuvres) à Brazzaville, en présence des leaders des partis membres de la F.o.c. «Je ne me décourage pas dans mon combat politique. Dans ce pays, nous avons déjà remporté plusieurs batailles», a-t-il lancé.

Clément Miérassa a consacré sa conférence de presse à la victoire qu’il a obtenue à la Cour constitutionnelle, qui a pris une décision lui donnant raison sur la l’article 6 de la loi sur la déclaration des biens. En effet, il est longuement revenu sur cette décision de la Cour constitutionnelle, à la suite de la requête qu’il avait introduite, en sa qualité de citoyen, le 14 avril 2022, déclarant l’article 6 alinéa premier de la loi n°4-2019 du 7 février 2019 relative à l’obligation de déclaration de patrimoine par les citoyens élus ou nommés à une haute fonction publique, comme étant contraire à l’article 55 alinéa premier de la Constitution.

Il a expliqué que c’était la deuxième requête. La première qu’il avait soumise, le 20 juillet 2020, consistait à déclarer non conforme à la Constitution, «l’élection ayant reconduit, lors du 5ème congrès ordinaire du Parti congolais du travail, Monsieur Denis Sassou-Nguesso comme président du Comité central dudit parti. Par décision n°005/dcc/sva/20 du 31 juillet, la Cour constitutionnelle s’était déclarée incompétente et avait choisi d’en faire notification aux plus hautes autorités du pays. Jusqu’à ce jour, ce problème n’a pas toujours trouvé de solution», a-t-il précisé. Pour lui, «le P.c.t n’est pas un parti régulier du point de vue de la loi. Le Président de la République n’est pas en conformité avec la loi, pour avoir été reconduit, par le 5ème congrès ordinaire du parti, contrairement aux prescriptions légales».

Mais, sa seconde requête sur la déclaration des biens a prospéré devant la Cour constitutionnelle. L’opposant a saisi cette opportunité pour faire la remarque que depuis la Conférence nationale souveraine de 1991, qui a mis l’accent sur la bonne gouvernance et la transparence, le principe de la déclaration des biens n’était pas appliqué. «Dans la pratique, aucune déclaration de patrimoine ne sera faite. Le prétexte fallacieux évoqué, c’est celui du manque de texte d’application. Mais quand devait-on le prendre et qui devait le prendre?», s’est-il interrogé. «Il y a eu visiblement un manque manifeste de volonté politique et aussi la peur de la transparence. En réalité, tout le monde aurait dû être déchu de ses fonctions», a-t-il remarqué.

«Le déclic sera donné par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, le 21 juin 2021, lors de la présentation du programme d’action gouvernementale. Malheureusement, il va y avoir des problèmes au niveau de l’interprétation de la loi», a-t-il fait savoir, tout en relevant les difficultés dans l’interprétation de la loi.  Le 16 juillet 2021, le juge suprême a donné une interprétation différente de ces dispositions. C’est ce qui a amené la Fédération de l’opposition a dressé, en date du 25 novembre 2021, une correspondance au premier président de la Cour suprême, pour exprimer ses vives préoccupations sur l’interprétation de ces dispositions. «Malgré tout, la Cour suprême a continué à organiser des séances de déclaration de patrimoine», a-t-il affirmé.

C’est ce qui justifie, d’après lui, l’introduction, le 7 janvier 2022, auprès de la Cour constitutionnelle, d’un recours en inconstitutionnalité de l’article 6 de la loi n°4-2019 du 7 février 2019, relative à l’obligation de la déclaration de patrimoine de tout citoyen élu ou nommé à une haute fonction publique, a-t-il rappelé. Cette fois, la Cour constitutionnelle lui a donné raison. «Cette situation aggrave la crise politique que connaît notre pays. Il est urgent de tout mettre en œuvre, pour qu’il y ait remise en ordre, restauration de l’autorité de l’Etat et de l’Etat de droit», a-t-il fait savoir.

Répondant aux journalistes, Clément Miérassa a indiqué que «les élections législatives et locales de juillet prochain sont un coup de force. La Fédération de l’opposition n’y participera pas et continuera son combat à l’opposition extraparlementaire. Nous allons relancer le combat. Le silence n’est pas une réponse à un problème. Nous nous battrons pour qu’il y ait remise en ordre».

Le leader du P.s.d.c a, par ailleurs, exigé la libération de ceux qu’il considère comme des «prisonniers politiques», Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, et demande «l’organisation d’un véritable dialogue». «Je ne me décourage pas dans mon combat politique. Dans ce pays, nous avons déjà remporté plusieurs batailles», a-t-il dit.

Chrysostome FOUCK ZONZEKA

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