Radio france internationale, Rf.i, a cru percevoir dans les élections législatives et locales prochaines, en République du Congo, des circonscriptions à problèmes. Mais, les exemples donnés prouvent plutôt qu’il s’agit des circonscriptions où s’affrontent, malheureusement, des acteurs d’un même camp politique, à savoir: le camp de la majorité présidentielle. 

Donc, ce ne sont pas, en réalité, des circonscriptions à problèmes, mais plutôt, des circonscriptions où vont se dérouler des combats «fratricides», c’est-à-dire, des combats que vont se livrer des acteurs qui soutiennent, tous, la politique du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso. Au point que l’enjeu de ces élections n’est pas le basculement de la majorité dans les assemblées locales et à l’assemblée nationale. Mais, l’enjeu n’est rien d’autre que le «ôte-toi de là que je m’y mette».
D’ailleurs, le tout premier combat impitoyable de cet enjeu s’est déroulé en amont de la scène électorale. Un député, élu indépendant, mais proche de la majorité présidentielle, déclarant urbi et orbi soutenir la politique du Chef de l’Etat, a été condamné sans appel à une peine de trente ans de travaux forcés, dans une affaire de faux diplôme. Il n’a eu son salut qu’en se sauvant à grandes enjambées de son pays. La place laissée vacante a été royalement occupée par un candidat… de la majorité. Allez-y comprendre!
C’est dire qu’à la majorité, la course aux élections est un combat sans pitié. Il y a des candidats indépendants discrètement soutenus par des mentors de la majorité contre des candidats investis par les partis de la majorité. Derrière chaque indépendant, il y a de fortes chances de trouver des mentors de la majorité. Après tout, c’est la démocratie! Faute d’une stratégie commune de choix de candidats, même en procédant par des primaires, au sein des partis et entre alliés, on s’est donné la liberté de se mesurer devant les électeurs. Ainsi, des combats de loups! Le plus fort passe. Le plus fort? Ah, si les scrutins étaient indiscutablement équitables! Or, dans le contexte congolais, le plus fort peut équivaloir au plus malin.
Le drame est que ces combats «fratricides» laissent des traces, marquent les esprits et cela n’est pas sans conséquences sur la cohésion au sein des partis, entre cadres, et entre partis. Les frustrations accumulées, les injustices vécues peuvent constituer des fleuves de mécontentement diffus qui peuvent, demain, menacer l’équilibre d’un pouvoir. Enfin, la démocratie n’empêche pas une gestion équilibrée, équitable et cohérente des cadres entre les hautes fonctions nominatives et les fonctions élues, dès lors qu’on soutient le même leader. Mais, ces combats de loups sont-ils de nature à garantir l’avenir d’un régime? En politique, il ne faut jamais minimiser l’autre. Vous risquez de vous réveiller demain, avec lui comme chef! Et le ciel ne tombera pas!

L’HORIZON AFRICAIN

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