Accusé d’être le père d’un enfant conçu hors mariage, un Algérien hésite à avouer sa stérilité. Le considérera-t-on toujours comme un homme? Telle est la question que soulève le long métrage du cinéaste algérien, Amor Hakkar, «La preuve», sorti en 2013, et qui est diffusé aujourd’hui dans les programmes de certaines chaînes de télévision. Il est connu pour reposer la trame historique de ses films sur un trio de personnages centraux, «pour mieux détourer les blessures qui transpirent des sociétés trop figées, intolérantes, opprimantes pour les individus fragiles».Amor Hakkar voit le jour en 1958 à Khenchela, au cœur des Aurès en Algérie. Il rejoint Besançon, en France, avec ses parents dès l’âge de six mois. Ce n’est que quarante ans plus tard, en 1998, qu’il redécouvre sa région natale où, bien que continuant à séjourner le plus souvent en Franche-Comté, il tourne désormais régulièrement des films attachants, qui explorent les impasses auxquelles se heurte la vie des Algériens, en raison des traditions archaïques qui persistent, en particulier dans l’intérieur du pays. Avec «La preuve», on découvre l’histoire du chauffeur de taxi, Ali, marié depuis deux ans à Houria, une veuve déjà mère de deux filles. Comme celui-ci ne parvient pas à avoir d’enfant avec cette femme qu’il aime profondément, il se rend à plus de cent kilomètres de chez lui, à Batna, pour réaliser en cachette un test de stérilité. A son retour, une jeune dame l’accuse de l’avoir enceintée et lui porte plainte, à un tribunal populaire. On l’oblige à reconnaître la grossesse et il finit par avoir deux femmes, comme la tradition musulmane l’autorise.

                                                                                                                      N.M

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