Initiatrice du Festival du film des femmes africaines Tazama et présidente de l’Association Clap Congo œuvrant pour le renouveau du septième art congolais, Claudia Yoka est en pleine préparation de «Mayouya», son prochain film qui réunit une trentaine de comédiens et techniciens. Elle en a parlé au cours d’une conférence de presse animée le dimanche 30 janvier 2022, à l’Hôtel Olympic palace de Brazzaville, en présence d’une dizaine de comédiens qui prennent part à ce projet.

Selon Claudia Yoka, «Mayouya» est «un film africain sans budget». Estampillé Clap Productions et Kongo films factory, ce projet connaît la participation d’une dizaine de comédiens connus et moins connus: Stan Roumilac (Guyane); Serge Abessolo (Gabon); Phil Darwin (acteur principal du film); Liesbeth Mabiala (Congo); Monie Lekoundzou (Congo); Habi Touré (Centrafrique); Bruno Henry (Guadeloupe); Sorel Boulingui (Congo); Sanzy Viany (Cameroun); Fortuné Bateza (Congo); Tata Osca (RDC); Kader Gadji (Sénégal); Amour Taty (Côte d’Ivoire).
La direction de la photographie est assurée par le Congolais Prince Baloueta, plus connu sous le nom de Big Kloz. Selon Claudia Yoka, le projet «Mayouya» est né en 2015, à la suite de la deuxième édition du Festival Tazama, à Brazzaville. A propos du casting, elle a affirmé: «C’est, pour moi, l’Afrique qui marche, l’Afrique qui fonctionne. C’est un casting qui démontre que quand on a envie de faire les choses, tous ensemble, on a le droit de le faire… C’est une vraie fratrie, et quand on est une fratrie, on se met ensemble, on fait de belles choses tous ensemble, on se complète… On s’est arrangé pour avoir les têtes d’affiche de chaque pays d’Afrique, les têtes d’affiche actuelles de chaque pays, comme on dirait plus familièrement, ceux qui cartonnent en ce moment. Donc, on fait un carton plein avec Mayouya, mais pas seulement pour dire qu’on a envie de drainer chez nous, comme on dit, la crème de la crème, pour faire un coup de force, pour dire nous, on est capable de faire ça, non! C’est surtout parce que lorsqu’on est des frères et sœurs et qu’il y a un qui se noie, il faut que les autres viennent à la rescousse. Moi, j’ai le sentiment que le cinéma congolais se noie, sans que personne ne réagisse vraiment. En fait, l’idée de Tazama a toujours été d’obliger les autres à venir nous aider à faire de belles choses, et de belles choses se font au Congo, de belles réalisations, de belles productions, mais ne sont pas toujours visibles à l’extérieur, ne sont pas toujours montrées à l’extérieur et peinent à trouver des distributeurs…».
A propos du titre du film, elle a donné cette explication: «Mayouya, c’est ce qui n’est pas clair, pas droit, c’est une entourloupe. Mayouya, c’est l’arnaque, l’escroquerie. Il s’agit d’une jeune réalisatrice qui se voit octroyer des fonds dans une banque pour faire un projet de film. Le jour où elle se rend à la banque, pour signer les derniers documents, le projet est rejeté. Mais face à l’impertinence et aux problèmes d’éducation du directeur de banque qui est très entreprenant, entre guillemets, avec elle, elle décide de se rebeller. Elle monte une équipe avec des amies à l’extérieur et rappelle au directeur que quand on prend un engagement, on le tient. Cette équipe arrive sur le territoire et braque la banque. Donc, c’est un braquage virtuel de banque, une comédie».
Président de l’U.n.e.a.c (Union nationale des écrivains et artistes congolais), l’ancien ministre Henri Djombo a encouragé les initiateurs du projet «Mayouya» et tous ceux qui y participent. «Je suis heureux de voir que l’Afrique entière est unie autour de ce projet, se fait solidaire pour le mettre en œuvre, pour le réaliser au moindre coût, pour que nous puissions avoir un produit de qualité. Il faut vraiment féliciter les comédiens, les réalisateurs pour leur engagement, pour la volonté qu’ils affirment de faire prospérer le cinéma congolais, le cinéma africain», a-t-il déclaré.
A quand la sortie du film? «On se dit que si les soutiens qu’on a actuellement continuent de nous gâter un petit peu, on espère pour juin-juillet la sortie du film. Cela dépendra du soutien, ça dépendra d’un énième variant (ndlr: covid-19), ça dépendra des frontières, ça dépendra de tellement de choses. Mais, on a bon espoir de finir dans les temps», a-t-elle répondu. Il faut espérer qu’avec «Mayouya», le cinéma congolais tentera de redresser la tête et retrouver sa place sur la scène africaine où elle est très absente.

Nana KABA

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