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Chris-Antoine Walembaud, président du Codema et coordonnateur général par intérim de la Copar : «Un cas de force majeure peut faire qu’un rendez-vous électoral soit reporté»

Chris-Antoine Walembaud, président du Codema et coordonnateur général par intérim de la Copar : «Un cas de force majeure peut faire qu’un rendez-vous électoral soit reporté»

La pandémie de la Covid-19 a mis à plat les différents calendriers jusque dans le domaine politique. Dans l’interview exclusive qu’il nous a accordée, Chris Antoine Walembaud, président du parti Codema (Congrès des démocrates africains), membre de la plateforme d’opposition républicaine Copar (Convention des partis républicains), souligne que la pandémie du coronavirus peut être un cas de force majeure pouvant faire qu’un rendez-vous électoral, comme le scrutin présidentiel, soit reporté. En ce qui concerne la consolidation de la paix dans le Pool, il demande d’«organiser les élections dans ce département». Selon lui, «ne pas régler cette question serait une fuite en avant. Une fois de plus, c’est l’obligation ou la mission du gouvernement». Interview!

* Monsieur le président du Codema et coordonnateur de la Copar, comment avez-vous vécu le confinement tel que décidé par les pouvoirs publics?
** En ce qui concerne notre plateforme politique, nous respectons les directives prises par les plus hautes autorités de notre pays, c’est-à-dire le respect des mesures barrières et la réduction des déplacements. Ce protocole nous a été imposé, quand bien même que les conditions de confinement ont laissé transparaître pas mal de difficultés dans sa mise en œuvre. Malheureusement, notre pays n’est pas le seul à vivre cette situation. Nous essayons de nous adapter.

* Le plan de déconfinement a été présenté par le Premier ministre, chef du gouvernement, Clément Mouamba. Quel bilan la Copar a-t-elle fait du confinement?
** En notre qualité de dirigeant de la Copar, nous avons pris part à une réunion présidée par le chef du gouvernement, qui était entouré du ministre de l’intérieur et de la décentralisation, chargé du développement local, Raymond Zephirin Mboulou, d’une part, et de la ministre de la santé et de la population, de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, Jacqueline Lydia Mikolo, d’autre part, assistés des ministres membres de la task-force. Un compte-rendu sur l’évolution de la situation nous a été fait.
Ensuite, le Premier ministre a souhaité recueillir les avis des participants.
Pour ce qui est de la Copar, nous avons fait observer les insuffisances du confinement, notamment dans son volet «fermeture des marchés domaniaux» qui, de notre point de vue, ne peut être considéré comme un succès. Parce que, lorsqu’on fait la comparaison de la mise en œuvre de la mesure et le résultat auquel nous sommes parvenus, cette décision n’a été qu’un échec. Nous avons même souligné, au cours de cette réunion, que la problématique de la Covid-19 ne peut pas faire l’économie des redites. Ce que nous disons, c’est ce qui est dit à travers le monde. Ce sont les mêmes approches qui sont exprimées de manière différente.

* La Covid-19 est une pandémie qui a montré plusieurs insuffisances dans les politiques publiques. Elle a aussi bouleversé les calendriers politiques et sociaux. Quel est votre regard sur les perspectives politiques du pays?
** Pour nous, il revient au gouvernement de dire si les conditions d’organisation de l’élection présidentielle de mars 2021 sont réunies. A l’époque, nous avions fustigé le comportement de certains acteurs politiques qui proposaient la prorogation du mandat du Président Denis Sassou-Nguesso.
En ce qui concerne les listes électorales, nous avions suggéré des pistes, notamment les audiences foraines, pour démembrer les populations qui n’ont pas les pièces d’Etat-civil. La Copar n’est pas d’accord que les acteurs politiques violent la Constitution. Certains ont même déclaré qu’arrêter une décision politique n’est pas une violation à la Constitution. Cela est une contre-vérité. L’article 65 de notre Constitution dispose bien que le Président de la République est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable deux fois. On sait à quel moment Denis Sassou-Nguesso avait prêté serment et à quel moment également prendra fin son mandat. Au-delà, c’est une violation de la Constitution. La prolongation du mandat du Président, en dehors des dispositions constitutionnelles, est bien une violation de la Constitution. Car, le Président est élu pour un mandat de cinq ans et prolonger son mandat est une violation de la loi fondamentale.
Mais, il existe un cas de force majeure qui est même prévu par ladite norme. Ce cas de force majeure dûment identifié peut faire qu’un rendez-vous électoral soit reporté. Nous pensons que dans la situation présente, caractérisée par la lutte contre la pandémie du coronavirus, nous pouvons évoquer le cas de force majeure. A ce moment-là, qui doit saisir la Cour constitutionnelle, pour qu’elle apprécie le cas de force majeure, constater que pour telle ou telle autre raison, le gouvernement ne peut plus organiser l’élection présidentielle, du fait que les actes préparatoires du scrutin n’ont pas été remplis en temps opportun?
Cela est possible, parce que nous sommes au mois de mai et les actes préparatoires, notamment le recensement, la refonte de la commission nationale électorale indépendante, l’organisation d’un dialogue qui permettra que les acteurs politiques s’accordent, ne sont pas encore accomplis. Tous ces faits importants pour la paix sociale ont été édulcorés par la pandémie du coronavirus. On peut effectivement se demander si dans ces conditions, l’organisation d’un scrutin présidentiel en mars 2021 paraît évidente. Il faut que les instances qui sont habilitées à saisir la Cour constitutionnelle, notamment le Président de la République, le président du sénat, le président de l’assemblée nationale et le Premier ministre, pour démontrer le cas de force majeure, se mettent en mouvement. Ces instances sont connues, il ne s’agit pas d’un parti politique.

* Justement, la pandémie du coronavirus a démontré qu’il y a quasiment déficit de politiques publiques dans le secteur de la santé. Et les intellectuels africains appellent les pouvoirs publics à repenser les systèmes de santé. Votre réaction?
** Comme il est dit habituellement, «à quelque chose malheur est bon». Le gouvernement doit tirer les enseignements de ce que le pays est en train de vivre. Des insuffisances dans le système de santé, qui sont justement révélées au grand jour. Vous voyez quel spectacle cela fait de voir les pseudos généreux donateurs aller dans les quartiers avec des sachets de riz. Camera au point, pour soit disant assister les populations? On filme leur habitat précaire et les donateurs s’en donnent à cœur joie, en faisant leur promotion politique. Ce n’est pas un spectacle qui honore notre pays. Ces actions montrent effectivement les insuffisances des politiques sociales menées jusque-là.
Quand on va dans des centres de santé intégrés, contrairement à ce que les pouvoirs publics déclarent, ces centres sont presque démunis.
Dans les quartiers Sud de la capitale, notamment dans le huitième arrondissement Madibou, où nous nous trouvons, nous avons trois centres de santé intégrés. Si vous vous y rendez, vous n’allez même pas trouver un thermomètre. Et les soignants de l’hôpital de base de Makélékélé disent qu’ils sont démunis. Nous avons milité pour l’union sacrée. Le moment n’est pas propice pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement. Le temps du bilan viendra.

* Objectivement, la pandémie de la Covid-19 a tout bouleversé, même les calendriers politiques. Il faut que les pouvoirs publics prennent le courage d’en parler?
** Nous attendons de voir les institutions chargées de faire constater le cas de force majeure à la Cour constitutionnelle se prononcer. A présent, la préoccupation, c’est la lutte contre la pandémie. Lorsque l’horizon va s’éclaircir, le problème électoral, qui est aussi un dossier majeur, sera d’actualité. A ce moment-là, nous, acteurs politiques, nous allons poser la question aux instances habilitées, pour savoir quelle est leur position. Parce que l’organisation de cette élection présidentielle a pris du retard. Mais, ce n’est pas aux acteurs politiques de suggérer le report du scrutin ou la prolongation du mandat du Président de la République.

* L’impact de la pandémie a compliqué le dossier insertion ou réintégration des jeunes dans le Département du Pool. Etes-vous d’avis?
** Dans le Département du Pool, il y a eu un accord de paix entre le gouvernement et le Pasteur Ntumi. Cet accord de paix a conduit à la réhabilitation de ce dernier. Nous apprenons également qu’il perçoit de nouveau ses indemnités de ministre délégué. D’autres vont plus loin pour dire qu’il a même une garde. La question pendante, c’est la réinsertion ou la réintégration des ex-combattants, parce qu’elle n’est toujours pas effective, alors que c’est l’un des nœuds gordiens de la situation. Organiser les élections dans le Pool, sans régler cette question, serait une fuite en avant. Une fois de plus, c’est l’obligation ou la mission du gouvernement et de la communauté internationale. Nous sommes tous unanimes qu’une paix véritable passe par la réinsertion des ex-combattants. Nous pensons qu’au moment venu, le gouvernement et le Pnud vont se prononcer. Le Pool ne peut pas aller à des élections sereines, si la question de la réintégration des jeunes n’est pas réglée.

Propos recueillis par Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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24 octobre 2020, 23: 59

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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