En marge de la 5ème édition de la Relico (Rentrée littéraire du Congo) qui a eu lieu début octobre à Brazzaville, Chardin Alphonse Nkala, grand Prix littéraire Jean Malonga lors de la 4ème édition, a revisité l’organisation de cette édition qui avait pour thème: «Littérature: citoyenneté et responsabilité». Au cours d’une interview qu’il nous accordée cette semaine à Pointe-Noire, il revient sur ce thème qui a permis de rappeler que «nous avons une conception de l’art tel qu’on le voit, d’une conception utilitaire». Il parle aussi de Mfumu Fylla, docteur en sciences et techniques de la communication, éditeur de presse, écrivain et musicologue, à qui une table-ronde était consacrée.

* La cinquième Relico, la rentée littéraire du Congo, a vécu. Que peut-on retenir de ses trois jours d’échanges?
** Beaucoup de bonnes choses ont été retenues par les participants et les organisateurs, parce que les hommes des lettres, les amis du livre et de la culture au Congo et d’ailleurs se sont retrouvés. Ils ont parlé du livre, de la littérature et de tout qui constitue la chaîne du livre. Ils ont aussi échangé sur les problèmes qui minent ce secteur. Ils ont fait aussi la promotion du livre. Quoi de mieux? On a parlé du roman, de la poésie, de l’essai notamment de l’essai littéraire. C’est le livre dans son entièreté qui a été tourné et retourné. On a parlé des hommes illustres de ce secteur.

* Vous êtes directeur départemental du livre et de la lecture publique, quelle appréciation avez-vous de la leçon inaugurale de cette édition?
** Le professeur Patient Bokiba n’a pas voulu que cette leçon soit appelée «leçon inaugurale». Mais plutôt: «Causerie autour de ce thème: «littérature citoyenneté et responsabilité». A travers l’histoire de la littérature, il y a eu des gens, des penseurs qui ont souligné que la littérature, on peut aussi la faire en ne tenant que compte de ce qu’elle est d’abord et avant tout essentiellement, quête de l’esthétique. Mais à travers ce thème, on a compris que l’on ne peut pas faire la littérature, qu’il s’agisse du roman et tout autre genre littéraire, si on ne donne pas un message fort. Cela dépend aussi de notre culture et de notre conception de l’art. Nous avons une conception de l’art tel qu’on le voit, d’une conception utilitaire, tel qu’il ne serve qu’à faire quelque chose d’utile. Ce n’est pas toujours qu’il serve le beau. Un objet d’art doit servir à quelque chose d’utile à la communauté, être utile à la personne qui le possède. On ne peut pas écrire un roman, s’il ne dit rien, s’il ne parle pas des problèmes de la société.
On ne peut pas prétendre écrire un recueil de poèmes, une nouvelle qui ne disent rien, ne donne pas un message fort qui ne peigne pas la société. Il faut peindre la société et ce à quoi elle est confrontée. Il faut faire des suggestions à la société, lui donner ce miroir qui lui permet de se regarder, pour se corriger.

* Vous avez animé quatre tables-rondes et la dernière portait sur le journaliste Mfumu Fylla, homme des lettres, musicologue, éditeur de presse et écrivain. Que représentait-il pour vous?
** Tout a été dit au cours de cette table-ronde. Mfumu Fylla, Mfumu Di Fua Di Sassa. Cet intellectuel, cet érudit, cet homme respecté de la parole donnée, rigoureux dans tout ce qu’il fait et dit! Mfumu reconnaissait sa place dans la société et a su être le grand frère des enfants de Poto-Poto. Il a su être celui-là qui apportait de l’aide à tous ceux qui en avaient besoin. Il n’avait jamais eu un discours accès sur l’ethnie. Il était un congolais et ne privilégiait pas la micro nationalité. Au-delà, Mfumu était un citoyen du monde et un modèle pour les jeunes d’aujourd’hui.

Propos recueillis par
Chrysostome FOUCK ZONZEKA

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