A force de familiarité, d’affinité, de soumission, de passe-droit, d’abus de pouvoir ou d’autorité et d’ambition passionnée dans la gestion des affaires publiques, on finit par poser des actes qui peuvent parfois rattraper ses auteurs pour rendre les comptes ou en répondre. Car, l’Etat n’est pas un jeu encore moins une propriété personnelle, familiale ou clanique quand on le gère. Quelles que soient leurs compétences, leur autorité, leur force, leur popularité, les gestionnaires des affaires publiques passent toujours et l’Etat reste. Ne dit-on pas que l’Etat, c’est la continuité?
D’autres le comparent à un monstre froid qui donne l’impression d’être plongé dans un profond sommeil, au point de ne pas réagir quand on lui fait mal. Mais, quand il se réveille, il finit toujours par demander les comptes et imposer sa puissance. Alors, quand on gère l’Etat, les affaires publiques, la meilleure manière de se protéger, c’est d’agir suivant la loi et dans la compréhension de ses concitoyens. Les abus d’autorité ou de pouvoir, les passe-droits, le non-respect de la loi etc, dans l’exercice de l’autorité publique, ne sont qu’illusion du présent, car généralement, on finit par en répondre. Et comme dit l’adage, personne n’est jamais plus fort que tous les autres pour le rester tout le temps. Les rapports de forces finissent toujours par s’inverser et ce n’est là que la loi de la nature.
Il y a une semaine, l’actualité africaine nous a servi comme information, la disponibilité des autorités zimbabwéennes actuelles de renvoyer chez lui l’ancien dirigeant éthiopien, Mengistu Haile Mariam, qui coule, jusque-là un exil doré au Zimbabwe où il fut accueilli par l’ancien Président, feu Robert Mugabe. Il croyait ainsi s’être mis définitivement à l’abri des poursuites judiciaires dans son pays où il est accusé du meurtre de près de 2000 personnes, surtout pendant «la terreur rouge» (1977-1978). L’acte d’accusation qui pèse sur lui compte 8.000 pages et il est accompagné d’une liste de preuves comme les ordres d’exécution signés, des vidéos de séances de torture et des témoignages.
Avec lui sont poursuivis, pour génocide, 106 dirigeants du puissant comité militaire appelé «Derg» qui dirigea l’Ethiopie de main de fer. 36 responsables ont été déjà jugés. Le cas de Mengistu Haile Mariam n’est pas sans rappeler celui du Tchadien Hissène Habré. On a beau accuser les Occidentaux de ne viser que les Africains avec la Cour pénale internationale, mais même sur le continent, les Africains ont de moins en moins envie de laisser leurs bourreaux avoir la vie tranquille. C’est toujours une question de justice!

L’HORIZON AFRICAIN