Comme chaque année, le 8 mars 2022, le monde a célébré la journée internationale de la femme, qui est apparue dans le contexte des mouvements sociaux, au tournant du 20ème siècle en Amérique du Nord et en Europe. C’est en 1977 que l’Onu (Organisation des Nations unies) adopte une résolution pour inviter chaque pays à consacrer une journée à la célébration des droits des femmes et de la paix internationale. Ainsi, le 8 mars est devenu cette journée de reconnaissance dans de nombreux pays. Les thèmes choisis cette année sont sur le plan international «L’égalité aujourd’hui pour un avenir durable» et sur le plan national, «La progression de la femme dans les fonctions politiques et électives».

L’objectif de la journée internationale de la femme est de réduire les inégalités entre les hommes et les femmes. C’est également l’occasion de constater les progrès accomplis, d’appeler au changement et de célébrer les actes de courage et de détermination des femmes qui jouent un rôle dans le monde aujourd’hui. Notre travail sera axé sur trois points à savoir: l’impact du covid-19 sur les femmes; le rôle de la femme dans l’évolution du monde; femme congolaise, actrice et médiatrice dans la gestion des conflits.
Le monde est actuellement secoué par différentes crises: économiques, sanitaires, migratoires, environnementales, sécuritaires et géopolitiques. En effet, depuis la fin de l’année 2019, la crise sanitaire appelée communément covid-19 a changé la donne. Elle a mis en évidence les inégalités et les discriminations systémiques vécues par les femmes. Nous pouvons souligner que, depuis près de deux ans, les femmes sont touchées de multiples façons par les conséquences dues à cette pandémie: les pertes d’emplois et de revenus; la violence conjugale; les viols; les féminicides; l’augmentation du travail informel; la surexposition au risque de contamination; le stress; la solitude.
Les femmes ont subi cette crise sanitaire de plein fouet et elles ne sont malheureusement pas au bout de leur peine. La face cachée de la pandémie est celle de l’exploitation des femmes, de l’abus y compris la violence au sein même de la famille. C’est donc avec une grande reconnaissance et satisfaction que les femmes congolaises ont accueilli la nouvelle loi Émilienne Mouébara, votée le 2 mars 2022, par le parlement congolais, dans le but de lutter contre cette violence faite aux femmes.
Les dernières données des Nations unies montrent qu’une femme sur trois est victime de violences au cours de sa vie. Ces violences sont principalement le fait des partenaires. L’Onu rapporte que les femmes handicapées ont quatre fois plus de risques de subir des violences sexuelles que les autres femmes. Malgré la reprise des activités économiques dans de nombreux secteurs, les femmes accusent un retard quant à leur retour au travail.
Depuis les grèves de la faim jusqu’aux chaînes humaines, en passant par les pétitions, les campagnes militantes en faveur du changement se présentent sous de nombreuses formes. Ainsi, l’imprimerie, la radio et la télévision à une certaine époque, l’Internet et le téléphone mobile ont considérablement transformé les modes d’organisation des campagnes comme au Libéria où une guerre civile acharnée incite plusieurs milliers de Libériennes à former un mouvement contestataire.
Le mouvement recourt à diverses tactiques telles qu’une grève du sexe visant à forcer les hommes à prendre part aux discussions de paix et un sit-in des négociations de paix par un groupe de femmes qui menacent de se déshabiller, afin d’indisposer les hommes délégués et les empêcher de se retirer tant qu’ils ne seront pas parvenus à une résolution. Le succès du mouvement est tel qu’il met fin à 14 années de guerre civile et débouche sur l’élection en 2006, de Mme Ellen Johnson Sirleaf, la toute première femme Chef d’État en Afrique.
Plus d’un siècle depuis le début du mouvement des suffragettes et après plusieurs décennies de militantisme acharné, les femmes de nombreux pays du monde accèdent au droit de vote dans les années 80. Toutefois, la lutte pour l’égalité des sexes est toujours loin d’être terminée.
La charte des Nations unies adoptée en 1945 a été le premier instrument international à affirmer le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes. La Déclaration universelle des droits de l’homme, qui date du 10 décembre 1948, stipule, dans son article premier, que tous les hommes naissent égaux. Les normes mondiales jouent un rôle-clé dans l’établissement de critères de référence à respecter par la communauté internationale et à mettre en œuvre par les pays. A la fin du 20ème siècle, un certain nombre de traités historiques et de résultats normatifs ont transformé la vie des femmes:
– 1993: Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes; le premier instrument international à aborder et à définir explicitement les formes de violence à l’égard des femmes;
– 1994: Programme d’action de la conférence internationale sur la population et le développement (C.i.p.d), qui place les populations et leurs droits au cœur du développement et qui reconnait que la santé sexuelle et reproductive des femmes est essentiellement pour le bien de tous;
– 1995: Déclaration et programme d’action de Beijing, un cadre complet adopté lors de la quatrième conférence mondiale pour les femmes, comprenant une feuille de route avec des mesures dans 12 domaines essentiels destinés à faire avancer les droits des femmes;
– 2000: Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, le premier cadre juridique et politique des Nations unies à admettre que la guerre a des incidences différentes sur les femmes et à plaider en faveur de l’inclusion des femmes dans les procédures de prévention et de résolution des conflits;
– 2000: Déclaration du millénaire des Nations unies, un ensemble de huit objectifs limités dans le temps, que les dirigeants mondiaux ont adopté à l’unanimité en vue d’éradiquer la pauvreté dans un délai de 15 ans. En 2015, le monde fait le point sur les progrès accomplis et sur les écarts qui restent à combler et élabore son prochain programme transformationnel: les objectifs de développement durable.
– 2014: la 58ème session de la Commission de la condition de la femme, qui est le principal organe intergouvernemental mondial dédié exclusivement à la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes.
(A suivre).

Lydie-Patricia ONDZIET
Présidente de la fondation Renaissance Alkebulan;
Présidente de l’Association la Trinité;
Membre de l’Association Panafricaine d’Aquitaine;
Membre de la Plateforme congolaise des associations féminines de développement.

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