Ancien étudiant de l’E.n.s.p (Ecole nationale supérieure polytechnique) de l’Université Marien Ngouabi, à Brazzaville, Audrey Davy Bemba Matondo s’était envolé à Paris France en 1999. Après une formation en génie et travaux dans les écoles françaises, il en est sorti avec un diplôme d’ingénieur en projets. Ce qui lui a donné la possibilité de travailler dans différents projets de construction en France. Aujourd’hui, à la tête de sa propre structure, «Berda Consulting», spécialisée en études techniques, pilotage, conseils pour les affaires et autres conseils de gestion en B.t.p (bâtiments travaux publics) à Paris (France), il participe aux travaux du gigantesque chantier de la reconstruction de la Cathédrale Notre-Dame, en plein cœur de Paris, sur l’Île de la cité.
La Cathédrale Notre-Dame de Paris est un édifice chargé d’histoire et de symboles, dans un environnement hautement touristique. L’incendie qui, le 15 avril 2019, a ravagé sa charpente avait provoqué la chute de la flèche dans la nef de la cathédrale. Les premières mesures d’urgences prises, explique Audrey Davy Bemba Matondo, c’est ériger vingt-huit cintres en bois et en métal pour soutenir les arcs-boutants et consolider les voûtes, en partie détruites ou endommagées. Après constat des lieux: «Tout restait alors à refaire», confie l’ingénieur Bemba Matondo que nous avons rencontré dans son lieu de travail, à Paris, au mois de novembre dernier et il nous a présenté sa tâche au quotidien dans ce chantier.
«Avant de rebâtir, il faut continuer de sécuriser, retirer les vestiges calcinés, évacuer les gravats, démonter les tubes d’échafaudage enchevêtrés, délester l’édifice de toutes les scories de l’incendie (amas de bois et éléments métalliques)», reconnait-il.
Une grue à tour (80 mètres de haut), trois grues mobiles et trois nacelles sur porteur (70 et 90 mètres de haut): ainsi se présente le dispositif de levage de charges et de personnes sur le chantier de sécurisation de Notre-Dame.
Audrey Davy Bemba Matondo gère toutes les activités de levage et vérifie, chaque matin, l’adéquation des grues, suivant l’arrêté du 1er mars 2004, relatif aux vérifications des appareils en accessoires de levage. Joignable à tout moment pour coordonner levages et interférences, il dispose d’un écran géant tactile intuitif dans son bureau, pour afficher les grues et nacelles en mouvement sur fond de plan de chantier.
Au début de chaque journée de travail, il anime un briefing quotidien levage-adéquation en présence des grutiers et conducteurs de nacelles. Une manière de faire le point sur les activités de chacune des grues et des nacelles et les immobilisations pour vérification-entretien, sur les levages sensibles prioritaires, les positions en lien avec les études de sol et les possibilités de manœuvrer selon la proximité des zones de travail et les conditions météorologiques.
Le Franco-Congolais, qui se sent très à l’aise sur le chantier, confie que «le briefing fait l’objet d’un rapport quotidien diffusé à l’ensemble des acteurs du chantier». Il pense que «notre pays, le Congo, a bien des cadres disséminés partout, dans le monde, qui peuvent contribuer à sa modernisation intégrale. Le développement des infrastructures va de pair avec le développement humain. Il faut y penser et cela à un coût».

Chrysostome FOUCK ZONZEKA
(De retour de Paris, France)