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C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication) : Le mea culpa qui redonne confiance à la presse congolaise, après l’affaire D.r.t.v

Depuis le jeudi 4 novembre 2021, il y avait un malaise au sein de la presse congolaise, après l’éclatement de ce qu’on appelle alors l’affaire D.r.t.v et le vice-président du C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication). Vendredi 19 novembre, le président du conseil, Philippe Mvouo, a convié les responsables des médias congolais, à l’Hôtel Saint-François, à Brazzaville, pour une communication. Au cours de celle-ci, il a présenté à la presse congolaise, au nom de son institution, son mea culpa. Journalistes et responsables des médias se sont sentis rassurés et la confiance est de nouveau rétablie entre l’institution de régulation et la grande famille des professionnels de l’information et de la communication.

C’est un incident malheureux qui a profondément indigné les journalistes congolais, lors d’une rencontre, le jeudi 4 novembre dernier, à l’Hôtel Saint-François, entre le président du conseil, Philippe Mvouo, et les installateurs des radios et télévision. Dès le début de cette rencontre, le vice-président du conseil, Jean-Pierre Goma, journaliste de carrière et ancien directeur des informations à Télé-Congo, demande un préalable et fait le reproche à la chaîne de télévision privée, D.r.t.v, de zapper ses images dans ses reportages. Le numéro 2 de l’institution de régulation des médias ne s’est pas arrêté là, il a expulsé sur le champ l’équipe de reportage de D.r.t.v en guise de punition, en ouvrant lui-même la porte de la salle, pour la faire sortir. Choc, indignation chez les journalistes qui ne comprenaient pas cette façon d’agir, en humiliant les journalistes, alors le président du conseil avait gardé silence sur ce fait. Il a dirigé sa rencontre comme si de rien n’était.
Comme il fallait s’y attendre, l’affaire a enflammé les réseaux sociaux et D.r.t.v s’en est fendue d’un éditorial au vitriol contre le vice-président du conseil, rediffusé pendant toute une semaine. Le malaise était là, au sein de la famille des journalistes congolais. Pour le dissiper, le président du C.s.l.c a organisé une rencontre, le vendredi 19 novembre dernier, à l’Hôtel Saint-François, avec les dirigeants des organes de presse, au cours de laquelle il a officiellement présenté ses excuses à toute la presse.
La cérémonie a connu la participation du président du conseil d’administration de l’U.p.p.c (Union des professionnels de la presse congolaise), Jean-Charles Maniongui, et du président exécutif, Edouard Adzotsa, des hauts-conseillers et de nombreux journalistes. Mais, on a constaté l’absence du vice-président du conseil, Jean-Pierre Goma, à l’origine des faits regrettables. Selon les informations qui nous sont parvenues après, il était convoqué à la Cour suprême pour la déclaration des biens.
Deux moments forts ont marqué cette cérémonie: la communication du président du conseil et l’échanges avec les participants.
Dès l’entame de sa communication, Philippe Mvouo a fait savoir que son institution et les professionnels des médias sont appelés à faire chemin ensemble. Les différends autour de cette coopération doivent être réglés pour préserver un bon climat de travail. Devant l’incident du jeudi 4 novembre et le silence qu’il avait observé, il a déclaré avoir fait preuve de sagesse et de responsabilité, pour «sauver l’essentiel, sans être sur le moment indifférent à la fâcheuse situation». Poursuivant son propos, il a indiqué qu’«il n’y a pas eu silence, car meurtri par ce fait désolant, le président du conseil a réagi le même jour, en appelant la directrice générale de D.r.t.v pour regretter l’incident et lui présenter ses excuses», a-t-il indiqué. Il a, ensuite, concrétisé cela par un courrier. Et il a déploré le fait que malgré ces gestes, la chaîne n’a pas cessé de diffuser son éditorial où l’institution était la victime collatérale.
Présentant ses excuses à la presse nationale, au nom de son institution, Philippe Mvouo a affirmé: «D.r.t.v offensée, humiliée, c’est toute la presse congolaise qui a bu cette offense et porté le manteau de cette humiliation». Puis, il a rassuré les professionnels des médias, que «le C.s.l.c demeure leur institution de régulation dont l’une des missions fondamentales contenues dans ces textes de loi est de suivre les médias et assurer leur protection contre les menaces et les entraves dans l’exercice de leur fonction d’information libre et complète».
Finalement, après cette communication profonde et solennelle, les participants ont choisi de ne plus poser de questions, préférant prendre acte du geste que le président du conseil venait de poser. Signalons qu’une minute de silence a été observée aux cours de cette rencontre en mémoire des journalistes Guy-Noël Sam Ovey Panquima et Jean Banzouzi-Malonga, directeur du Bureau Pointe-Noire de La Semaine Africaine qui viennent de quitter la terre des hommes.

Roland KOULOUNGOU

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