Dans deux mois, le Congo est appelé à faire avancer sa démocratie, en organisant les élections législatives et locales. Pour mettre les femmes au piédestal, le C.p.f.p (Centre de promotion de la femme en politique), une O.n.g que dirige Mme Emilienne Raoul, présidente du C.e.s.e (Conseil économique, social et environnemental), a organisé, du 29 avril au 4 mai 2022, à Brazzaville, une formation au profit des femmes candidates aux élections législatives et locales de juillet 2022 et de celles qui désirent se présenter aux échéances électorales futures.A travers ces sessions de formation, le C.p.f.p veut encourager les femmes congolaises à se lancer en politique, comme cela est observé dans d’autres pays frères, en l’occurrence le Rwanda dont les femmes représentent 61% des élus à l’Assemblée nationale.
Développant le thème sur l’arsenal juridique du Congo, lors de la cérémonie de lancement de cette formation, M. Mbemba a énuméré les outils juridiques autour desquels les femmes peuvent construire leur raisonnement pour pouvoir s’affirmer en politique. La Constitution de 2015, en son article 17, garantit la parité, assure la promotion de la femme ainsi que sa représentativité dans les fonctions politiques, électives et administratives. Il y a également la loi électorale sur les partis politiques qui établit la représentativité des femmes à 30% aussi bien pour les locales que pour les législatives. «Le Congo ne veut rester en marge de l’effort mondial de l’émancipation de la femme. L’émancipation de la femme ne doit pas seulement s’arrêter à l’école. Il faut créer les conditions pour qu’il y ait un véritable essor de la vocation politique de la femme congolaise», a déclaré le conférencier.
Pour sa part, la présidente du C.p.f.p, Mme Emilienne Raoul, a annoncé sa retraite à la tête de cet organe, pour passer le témoin aux plus jeunes. «Après avoir passé 20 ans à la tête du centre, je vous annonce que c’est la dernière formation que j’assure, en tant que présidente. Le C.p.f.p continuera ses activités. Une assemblée générale est en vue, pour mettre en place de nouvelles instances», a-t-elle dit, en exhortant les futurs dirigeants à placer au-dessus de tout, le bien commun qu’il faut préserver. «Si nous avons tenu si longtemps, c’est parce que la présidente que je suis n’émarge dans aucun parti politique. Je me suis mise au service de tous, qu’ils soient de la majorité, du centre ou de l’opposition».
Reconnaissant aux membres du centre, le sens de responsabilité, Mme Emilienne Raoul les a remerciés pour les connaissances déployées et les énergies consenties pour que le C.p.f.p garde la tête hors de l’eau durant de longues années.
De 2017 à ce jour, le C.p.f.p a déjà formé plus de 600 femmes à travers le Congo, plus précisement dans les localités de Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Madingou, Kinkala, Owando, Ouesso, Impfondo et Brazzaville.
Créé en 2002, le C.p.f.p, mobilise depuis 20 ans, les femmes pour leur engagement dans la vie politique, afin qu’elles maîtrisent les droits de vote et d’éligibilité et leurs droits d’accéder à des fonctions publiques. C’est dans cette optique qu’a été organisée cette formation.

Urbain NZABANI