Deuxième session ordinaire de la C.n.t.r

La gestion de fonds covid demeure dans le collimateur des commissaires

A l’issue de sa deuxième session ordinaire tenue du 18 au 27 octobre 2022, à Brazzaville, la C.n.t.r (Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques) entend intensifier ses enquêtes dans les administrations publiques, particulièrement les structures bénéficiaires de fonds covid. Joseph Mana Fouafoua, président de la C.n.t.r, a relevé la nécessité de redynamiser sa structure, pour plus d’efficacité dans le combat pour la bonne gouvernance des ressources financières publiques.

Désormais membre du Forum des inspections d’Etat d’Afrique et institutions assimilées, la C.n.t.r, portée sur les fonds baptismaux il y a deux ans, veut se maintenir à la hauteur des missions assignées par la loi sur la transparence de la gestion des finances publiques, entre autres «entreprendre des études, des analyses et des diagnostics sur la gestion finances publiques; diligenter toute enquête en cas de violation de la transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques».

Des membres du C.n.t.r à l'issue de leur deuxième session.
Des membres du C.n.t.r à l’issue de leur deuxième session.

En deux ans d’exercice, cet organe indépendant, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, a mené des enquêtes diagnostiques et une mission d’informations qui ont révélé d’innombrables irrégularités dans la gestion des ressources publiques. Les départements ministériels en charge de l’enseignement général et de l’enseignement technique et les structures bénéficiaires des fonds covid sont visés par ces enquêtes.

A l’issue de leur deuxième session, les membres de la C.n.t.r ont résolu de poursuivre rigoureusement leurs missions d’audit au sein des ministères ciblés et de suivre la production régulière des états et rapports financiers par tous les départements ministériels bénéficiaires des fonds covid et du Fonds national de solidarité.

De même, ils doivent veiller au transfert, à la C.c.a (Caisse congolaise d’amortissement) des dettes liées aux dépenses relatives à la lutte contre la pandémie de covid 19. Les commissaires se sont donnés six mois pour atteindre ces objectifs, du moins jusqu’à la fin du premier trimestre 2023.

Le succès de ces missions, a indiqué Joseph Mana Fouafoua, nécessitera de conduire en profondeur des changements radicaux, afin de rester à l’avant-garde du combat visant à corriger les dysfonctionnements dans la gestion des ressources du pays. Pour cela, quelques réformes internes sont indispensables comme l’informatisation de la comptabilité de l’institution, le recrutement d’une équipe de commissaires chargés d’appuyer le trésorier-rapporteur dans la tenue des documents comptables. Le bureau de la C.n.t.r devrait également se conformer aux lois et règlements en vigueur, en ce qui concerne l’élaboration et la présentation des comptes administratif et comptable.

Urbain NZABANI