La C.n.o.p-Congo (Concertation des organisations paysannes et producteurs du Congo) a organisé, samedi 4 décembre 2021, au siège de la Capped (Caisse de participation à la promotion des entreprises et leur développement), à Brazzaville, un dîner avec les responsables et représentants des organisations de la société civile, des organisations paysannes et des producteurs, ainsi que des journalistes, pour un débat sur le plaidoyer sur la prise en compte de l’agriculture familiale dans l’élaboration des projets, programmes et politiques publics.

La cérémonie, présidée par Séraphin Médard Ntady, agronome, président du C.n.o.p-Congo, avait comme objectif de faire l’évaluation des importations des denrées alimentaires au Congo, qui constituent un obstacle aux activités des éleveurs et producteurs locaux. Le plaidoyer à faire consiste à demander la réduction de ces importations massives de denrées alimentaires, pour donner la possibilité aux éleveurs et producteurs locaux d’écouler leurs produits sur le marché national.
Ce faisant, une feuille de route a été élaborée en conformité avec la décennie des Nations unies pour l’agriculture familiale proclamée depuis décembre 2017 sur la période allant de 2019 à 2028. Tout le monde s’accorde à dire que la crise de l’agriculture a rendu le Congo fortement dépendant des importations alimentaires. Le pays est devenu vulnérable aux moindres chocs économiques et catastrophes naturelles.
L’accentuation galopante des importations alimentaires qui sont passées de 120 milliards en 2009 à 600 milliards de francs Cfa en 2017, couplée au recul constant de l’offre agricole nationale, dont la contribution au P.i.b (Produit intérieur brut) est tombée de 30% dans les années 70 à 3,6% en 2020, traduit une situation paradoxale très préoccupante du système alimentaire congolais.
Pour accroître la contribution de l’offre agricole locale, un portrait de la situation des importations a été dressé. C’est ainsi que les petits éleveurs plaident pour une amélioration de leur compétitivité par la réduction échelonnée des produits carnés importés jusqu’à 70%.
A la fin de la rencontre, Séraphin Médard Ntady a déclaré que son organisation est prête à s’impliquer dans le processus de la décennie. «Malheureusement, nous rencontrons quelques difficultés pour travailler avec les pouvoirs publics, afin de mettre en place un plan de travail et valider le plan d’action que nous avons proposé, c’est-à-dire la feuille de route et ensuite choisir les personnes ressources pour nous mettre au travail, afin d’avoir un plan national solide pour le pays», a-t-il poursuivi.
Selon lui, «les Nations unies ont déclaré cette décennie comme une priorité, pour favoriser l’agriculture familiale, afin de booster l’agriculture des pays. Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités. Dès janvier 2022, nous devons nous engager. L’agriculture familiale n’est pas développée au Congo, mais c’est elle qui nourrit les Congolais. Il faut soutenir cette agriculture, pour qu’elle soit compétitive. Pendant le confinement, cette agriculture nous a nourris, parce que les importations n’étaient plus assurées».

Martin
BALOUATA-MALEKA

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