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C.h.u-B (Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville) : Tension entre l’intersyndicale et la direction générale

C.h.u-B (Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville) : Tension entre l’intersyndicale et la direction générale

Après l’arrivée du nouveau directeur général du C.h.u-B (Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville), le Canadien Denis Bernard Raiche, qui a succédé à son compatriote, Sylvain Villiard, dans le cadre de la convention entre le gouvernement et l’Usi (Unité de santé internationale) de l’Université de Montréal (Canada), il n’aura pas fallu longtemps attendre pour que le bras de fer entre l’intersyndicale et la direction générale remonte en surface. Tout est parti de la décision du directeur général de licencier, le 5 octobre dernier, Victor Bienvenu Kouama, président de l’intersyndicale du C.h.u. Les syndicalistes ont riposté, en brandissant le spectre de la grève générale illimitée, si le directeur général ne revient pas sur sa décision. Depuis, la Vice-primature tente de réconcilier les deux parties.
Dans la lettre qu’il a adressée à Victor Bienvenu Kouama, Denis Bernard Raiche reproche au président de l’intersyndicale trois motifs:«Vous avez tenu des propos injurieux, des menaces physiques envers d’autres travailleurs; vous avez produit des faux et utilisé des faux, en vue d’obtenir déloyalement des marchés; vous avez proféré des allégations mensongères à l’endroit des autorités publiques». Et pour enfoncer le clou, il constate, de manière générale, que «les propos et agissements» du président de l’intersyndicale «sont de nature à détériorer l’image des institutions de la République, des autorités administratives, à démotiver les malades et les travailleurs et aussi à détériorer le climat social».
Tirant les conclusions de ce constat, Denis Bernard Raiche a signifié à l’intéressé son licenciement, en vertu de l’article 70.5 de la convention collective applicable aux travailleurs du C.h.u-B, avec effet immédiat. Bref, à moins de deux ans de sa retraite, Victor Bienvenu Kouama est ainsi remercié, sans avoir été entendu par une quelconque commission disciplinaire de son établissement et sans avoir écopé d’avertissements.
A peine arrivé, Denis Bernard Raiche a-t-il déjà connaissance du profil de ses agents ou est-il tombé sur un rapport de son prédécesseur sur ce syndicaliste, pour prendre une telle décision? Pourquoi y mêler les institutions de la République, s’il s’agit des questions disciplinaires internes? S’agit-il là d’une méthode canadienne importée en terre congolaise?
Le lendemain 6 octobre, l’intersyndicale répliquait par un communiquésommant le directeur général de revenir sur sa décision:«L’intersyndicale du C.h.u-B informe l’ensemble des travailleurs, suite au licenciement illégal, abusif et non réglementaire de son président, le camarade Victor Bienvenu Kouama, à son triple titre de travailleur du C.h.u-B, secrétaire général de la C.s.c et de président de l’intersyndicale, qu’un délai de 48 heures est accordé au directeur général du C.h.u-B, Denis Bernard Raiche, de revenir sur son abus».
Après des tractations au Ministère en charge de la santé, le conflit atterrit à la Vice-primature qui gère le portefeuille du travail. Les deux parties sont entendues. Pour faire pression, l’intersyndicale organise, jeudi 8 octobre, une assemblée générale, en plein air au C.h.u-B, alors qu’une unité de police est déployée pour les en empêcher. A l’expiration du délai de 48 heures, l’intersyndicale adopte un avis de grève générale illimitée à partir du lundi 12 octobre.
La direction générale réagit par courrier, le lendemain vendredi 9 octobre, en menaçant de ne pas payer les agents qui vont se mettre en grève. Finalement, l’intersyndicale recule, en publiant un communiqué dans lequel il explique qu’«à l’issue de la concertation avec les autorités de la République, ce jeudi 8 octobre 2020, il a été convenu de la suspension de notre avis de grève annoncée le lundi 12 octobre 2020. Par conséquent, l’intersyndicale rassure les travailleurs que les négociations se poursuivent avec les autorités compétentes, pour l’aboutissement de nos revendications avec en premier lieu, le rétablissement du camarade Victor Bienvenu Kouama dans ses droits». Bref, le plan de redressement du C.h.u-B est toujours coincé dans les soubresauts d’un climat social toujours tendu et agité.

Narcisse MAVOUNGOU

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20 octobre 2020, 12: 39

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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