Dans le cadre du Projet de suivi-évaluation de la dette publique en République du Congo, mis en œuvre avec l’appui de l’Union européenne, et qui arrive à terme après trois ans, le C.c.o.d (Conseil de concertation des O.n.gs de développement), qui regroupe une quinzaine d’O.n.gs, a organisé, lundi 29 novembre 2021, à l’Hôtel Saint-François, à Brazzaville, un forum citoyen sur les enjeux de la dette publique. C’était sous la direction de Félix Batantou Oumba, président du C.c.o.d, en présence de Mme Amporo Moreno, chargée de coopération à l’Ambassade de l’Union européenne, et des membres du bureau du C.c.o.d, notamment la vice-présidente, Mme Irma Blandine Nkounkou. L’objectif était d’échanger sur la problématique de la dette publique congolaise avec les administrations publiques impliquées dans la gestion de cette dette qui s’élève, à ce jour, à environ 6 mille milliards de francs Cfa.
Le forum citoyen sur les enjeux de la dette publique a regroupé des participants venus des administrations publiques, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers du Congo.
Plusieurs communications portant sur les études réalisées et des témoignages ont été présentés, pour faire un diagnostic exhaustif de la dette publique congolaise.
A la lumière des débats, les participants ont pu comprendre le contexte du surendettement du Congo et apprécier les investissements issus de l’argent de la dette sur le territoire national. L’enjeu du forum citoyen est d’impliquer la société civile dans le suivi des politiques publiques de développement. Les O.n.gs de développement ne doivent plus se limiter à être des prestataires des actions ponctuelles des pouvoirs publics. Elles doivent plutôt devenir de véritables acteurs de développement, pour veiller à la bonne gouvernance de la dette publique.
Le constat fait aujourd’hui est que les emprunts financiers ne permettent pas la relance de l’économie, à cause du mauvais fonctionnement des services publics.
Dans tous les domaines (santé, éducation, sécurité sociale, agriculture, tourisme), le Congo n’arrive pas à décoller, à cause des faiblesses et des dysfonctionnements de l’administration publique. Le service de l’agriculture, qui devrait aider et accompagner les populations à assurer par exemple la diversification économique, est à l’abandon.
Comme tout le monde le sait, l’Etat congolais ne tire ses principaux revenus que de la vente du pétrole.
Concluant les échanges, Félix Batantou Oumba a expliqué que les conditions dans lesquelles la dette publique congolaise a été contractée ne sont pas transparentes. Une certaine dette a été contractée de façon non-réglementaire, les marchés ont été attribués sans procédures d’appels d’offres à des opérateurs n’ayant pas tenu compte des règles de l’art.
Avec l’impunité, le système de troc, la dette publique n’a fait que s’accroître.
Au niveau de la Cemac, une loi dit que la dette ne doit pas dépasser 60% de la richesse du pays appelée P.i.b (Produit intérieur brut). Le Congo est arrivé jusqu’à une dette publique atteignant 117% de son P.i.b, en 2017. Maintenant, la dette est tombée à 90% du P.i.b. «Nous sommes là pour sonner l’alerte. C’est pourquoi il est important de faire le suivi, quand on a l’information. Pourtant, dans notre pays, il y a plusieurs organismes chargés de surveiller la dette. Malheureusement, ces organismes ne fonctionnent pas», a-t-il déclaré.

M.B.M