Le C.a.d (Centre d’actions pour le développement) que dirige Trésor Nzila Kendet en collaboration avec Civicus, une alliance mondiale d’organisations de la société civile et de militants qui se consacrent au renforcement de l’action citoyenne et de la société civile, a produit un film de près de 58 minutes intitulé, «Se taire ou mourir», qui dénonce les entraves à la liberté de presse. La présentation de ce film a eu lieu mardi 12 juillet 2022, lors d’une projection au siège de l’O.n.g, au Quartier Batignolles, dans le quatrième arrondissement Moungali, à Brazzaville, en présence des journalistes, des activistes des droits de l’homme et des artistes.

Dans le film, trois journalistes parlent de leurs expériences: Bruno Ossébi, qui travaillait sur le dossier du pétrole; Elie Smith, l’un des responsables de la chaîne privée MnTv et animateur de l’émission «La grande interview», qui a été expulsé à cause de son indépendance d’esprit et sa liberté de ton, et Christian Perrin, journaliste indépendant aujourd’hui en exil, pour avoir couvert le meeting de l’opposition le 17 octobre 2015 à Pointe-Noire.
Dans les échanges, Trésor Nzila Kendet a souligné que «Se taire ou mourir», c’est pour montrer la difficulté du travail des journalistes et des défenseurs des droits humains à dénoncer les dérives autoritaires. Ce film retrace le travail accompli par quelques journalistes dans notre pays, qui ont mis leur vie en danger, parce qu’ils ont osé».
«Le C.a.d défend tout le monde et le fera sans réserve. Toutes les fois qu’un journaliste sera en difficulté, notre organisation sera là pour le défendre, notre silence n’a pas de prix», a-t-il fait savoir. «Notre film ne provoque personne et c’est une réalité évidente. Tout le monde sait comment Elie Smith a quitté notre pays. Nous avons tous vu l’arrêté du ministre de l’intérieur de l’époque, Raymond Zéphirin Mboulou, qui expulse le journaliste. A l’époque, j’avais travaillé sur le dossier. Par contre, je n’avais pas travaillé sur le dossier Ossebi. Mais, il y a des collègues qui ont bien documenté l’affaire Ossebi, parce que le journaliste a travaillé sur la transparence dans la gestion du pétrole», avoue-t-il.
Le directeur exécutif du C.a.d a exhorté l’assistance à être courageux pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme. «On peut être défenseur des droits humains à 6h30 minutes et ne plus l’être à 7h, juste parce que vous venez là de poser un acte, qui revendique un droit et la justice». Mais, il y a, par contre, «ceux qui font de la défense des droits humains leur travail. Ils sont là du matin au soir à réfléchir sur le travail à faire et l’argumentaire à utiliser pour défendre un cas. Tout citoyen peut devenir défenseur des droits humains», a-t-il expliqué.
Trésor Nzila Kendet a appelé aussi les participants à être «courageux et à refuser les injustices. En un mot à poser des actes citoyens». Il a profité de cette rencontre pour montrer l’application mobile «Na moni» que le C.a.d vient de lancer, pour signaler en n’importe quel lieu la violation des droits humains. L’application est facile à télécharger à partir de la plateforme «Play store».
Une pétition en ligne a été aussi lancée contre les disparitions forcées des personnes. Le C.a.d encourage les participants à signer la pétition, afin de lutter contre la criminalité urbaine, puisqu’il y a des familles qui se plaignent. En 2017, le Congo avait signé le traité contre les disparitions forcées, mais ne l’a jamais ratifié. C’est le défunt Premier ministre Clément Mouamba qui, au nom de l’Etat, avait pris l’engagement, devant les Nations unies, de ratifier la convention internationale contre les disparitions forcées. Le C.a.d entend remettre la pétition le 30 août prochain, au Premier ministre Anatole Collinet Makosso, à l’occasion de la journée internationale des disparitions forcées.

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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