Le C.a.d (Centre d’actions pour le développement) a organisé, samedi 23 avril 2022, à Pointe-Noire, un forum pour la démocratie et l’Etat de droit en République du Congo, sur le thème: «Pas de démocratie réelle sans participation de tous: bâtir une réponse nationale et locale». A l’issue de ce forum, les participants ont publié une déclaration dans laquelle ils demandent «à l’ensemble de la classe politique congolaise à prendre toute leur responsabilité pour servir l’intérêt général».Dans leur déclaration, les participants au forum de Pointe-Noire sur la démocratie et l’état de droit déclarent avoir «examiné le contexte national marqué par l’attitude défaitiste des Congolais, la confiscation des libertés individuelles et collectives, les violations massives des droits fondamentaux, l’impunité et les atteintes continuelles à la démocratie dans notre pays. Ils reconnaissent «que la situation politique, économique et sociale est inacceptable et que les préoccupations citoyennes, dans ce contexte, devaient être la boussole qui guide les gouvernants» et considèrent «que le régime de l’«autorisation préalable» applicable en République du Congo en matière de manifestation pacifique constitue le nœud gordien dans la jouissance réelle de la liberté de manifestation.
S’ils concèdent «que les citoyens congolais n’ont plus foi en leurs dirigeants actuels et qu’il est nécessaire de recréer des liens entre les citoyens et les institutions», ils soulignent que «la construction de la démocratie et l’Etat de droit est une responsabilité partagée entre les citoyens, les acteurs étatiques et non-étatiques». C’est pourquoi ils réaffirment «l’importance de l’implication des femmes dans la construction de notre démocratie que 60 ans de gouvernance phallocratique ont sérieusement abîmés». Ils rappellent que la «Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société civile de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus», adoptée par l’assemblée générale des Nations unies le 8 mars 1999, dans sa résolution 53/144, indique que «ce droit comporte notamment le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de soumettre aux organes et institutions de l’Etat, ainsi qu’aux organismes s’occupant des affaires publiques, des critiques et propositions touchant l’amélioration de leur fonctionnement, et de signaler tout aspect de leur travail qui risque d’entraver ou d’empêcher la promotion, la protection et la réalisation des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales».
En conséquence, citant qu’«il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression» (Préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme de1948), ils appellent «le gouvernement congolais à libérer l’espace civique, à lutter effectivement contre l’impunité des violations des droits humains et à créer des cadres favorables de discussions avec les citoyens congolais pour une meilleure prise en compte de nos aspirations légitimes».
Ils invitent «les mouvements sociaux (syndicats, mouvements citoyens, associations, leaders d’opinion…) à développer une synergie d’action en vue de permettre l’éruption d’un vrai contre-pouvoir citoyen pour le bien de la Nation congolaise» et «la haute hiérarchie militaire et policière à plus de responsabilité en s’abstenant de recourir systématiquement à la violence contre les citoyens qui revendiquent pacifiquement leurs droits ainsi que l’amélioration de leurs conditions de vie».
Ils demandent à «l’ensemble de la classe politique congolaise à prendre toute leur responsabilité pour servir l’intérêt général» et exhortent «des parlementaires démocrates et républicains congolais à prendre l’initiative d’une loi progressiste relative au régime de manifestation dans le pays et/ou à soutenir et porter le projet de texte de loi que des organisations de la société civile congolaise leur proposeront dans un bref délai».
Ils invitent «les partenaires bilatéraux et multilatéraux à soutenir le projet, très ambitieux, «Initiatives citoyennes locales» instaurées par le Centre d’actions pour le développement dont le but est de faire remonter les propositions et préoccupations de la base jusqu’à l’exécutif pour que la parole citoyenne soit mieux prise en compte» et «la communauté internationale, les organisations régionales et toutes les parties prenantes à apporter un soutien substantiel aux initiatives des groupes sociaux au Congo Brazzaville visant à renforcer le respect des obligations internationales de protection des droits humains et des libertés fondamentales par l’Etat congolais conformément aux objectifs de développement durable».
Enfin, ils appellent «le Président de la République, Chef de l’Etat, à l’action, en rendant effectif son engagement pour la rupture dans la gouvernance et la lutte contre la corruption et les délits économique dans laquelle «il n’y aura ni menu fretin, ni gros poissons… Tout passera dans la nasse du droit et de la justice. Seule prévaudra la loi», et à libérer tous les détenus d’opinion en vue de la réalisation de la paix sociale dans le pays, d’autre part».