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C.a.d (Centre d’actions pour le développement) : Faire avancer la situation des droits humains au Congo

Le C.a.d (Centre d’actions pour le développement) a publié, mardi 22 février 2022, lors d’une rencontre dans la salle de conférence du Cinu (Centre d’information des Nations unies), à Brazzaville, son rapport annuel sur les droits humains au Congo, sous le thème: «pas de marche vers le développement sans le respect des droits humains». C’était en présence des représentants des associations partenaires telles que la Fondation Ebina. Selon Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif du C.a.d, «les autorités congolaises ne fournissent aucun effort pour humaniser l’univers carcéral».

Présentant la situation des droits de l’homme au Congo, le C.a.d constate, dans son rapport de 78 pages, qu’«elle s’est dégradée dans tout le pays». De «bout en bout, ce rapport ne se base que sur les faits», a indiqué Trésor Nzila. Malheureusement, dans ce pays, il y a des intouchables, ceux qui vivent au-dessus de la loi. Pour eux, la loi n’existe que pour les autres. Le directeur exécutif du C.a.d s’est indigné que la pandémie de covid-19 soit devenue un prétexte pour limiter les libertés citoyennes. Un couvre-feu a été instauré aux mépris des libertés individuelles qui sont garanties par la loi. (Signalons tout de même que le couvre-feu a été totalement supprimé au début de cette semaine).
Toutes les questions liées à l’existence humaine ont été épinglées dans le rapport annuel du C.a.d. Pour ce qui concerne la santé, l’exemple de l’Hôpital de Nkayi, dans le Département de la Bouenza, est le plus frappant. En effet, «l’Hôpital de Nkayi est dans le plus grand abandon: absence de médecins spécialisés; insuffisance des moyens techniques; personnel insuffisant; rupture des médicaments et autres. Il n’y a qu’un gynécologue pour tout le département, mais aussi pour la Lékoumou et une partie du Niari. Les évacuations se font par une ambulance presque non médicalisée, ce qui est un risque évident pour les malades», peut-on lire.
«L’Hôpital de Nkayi fonctionne principalement avec des agents bénévoles (90%environ), en majorité des puéricultrices. Ces bénévoles sont payés avec les recettes de l’hôpital. Une prime qui ne leur permet pas de vivre décemment. Depuis plusieurs années, la gratuité de la césarienne n’existe pas», dit le rapport. Autre exemple, «dans le District de Goma Tsé-Tsé, dans le Département du Pool, le Centre de santé n’est pas équipé. Les évacuations se font avec le camion du détachement militaire ou du curé de la paroisse».
L’accès à l’eau demeure un problème majeur, associé à cela les atteintes à l’environnement, comme dans le Département de la Sangha où l’exploitation minière sauvage détruit l’environnement, au vu et au su des autorités locales.
Les libertés publiques sont restreintes. Trésor Nzila s’est dit offusqué au sujet de deux ressortissants rwandais sous protection du H.c.r, emprisonnés voici 5 ans à la maison d’arrêt de Brazzaville sans motif. «Toutes les procédures ont été épuisées pour demander la libération pure et simple de ces deux Rwandais. Les autorités congolaises sont restées silencieuses sur la question, alors que le pays est signataire de tous les traités et accords y relatifs». Le C.a.d, par la voix de son directeur exécutif, interpelle les pouvoirs publics à améliorer les conditions de détention dans les prisons congolaises.
Le rapport comporte des recommandations à l’endroit du gouvernement. Selon Nzila Kendet, «ce rapport n’est pas une insulte à l’endroit du gouvernement, il doit être considéré comme une contribution de la société civile pour faire avancer la situation des droits humains dans notre pays». Le rapport peut être consulté à l’adresse: www.cad-cg.org

Narcisse MAVOUNGOU

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