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Burkina Faso : Le Président Kaboré balayé du pouvoir par un coup d’Etat militaire !

Le monde a assisté, médusé et dubitatif au départ, au coup d’Etat militaire qui a balayé du pouvoir, lundi 24 janvier 2022, en début d’après-midi, au Burkina-Faso, sur fond de soutien populaire, le Président de la République élu, Roch Marc Christian Kaboré (65 ans).

Tout est parti dans la nuit du samedi au dimanche 23 janvier, où des tirs d’armes de guerre ont été entendus dans quatre camps militaires de la capitale, Ouagadougou. Ce n’est que lundi 24 janvier, en début d’après-midi, que la rumeur qui circulait déjà dans les réseaux sociaux, sur le coup d’Etat, est confirmée. Le soir, les deux premiers communiqués militaires, signés de l’homme fort du pays, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, se présentant comme président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (M.p.s.r), est lu par un officier entouré par un groupe de militaires, à la télévision nationale. Le Président déchu a été arrêté et placé en résidence surveillée.
Le coup d’Etat du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a pris les rênes du pays, est soutenu par la population qui a manifesté des scènes de joie, à travers le pays, à l’annonce de l’arrestation du Président élu, Roch Marc Christian Kaboré. Vieux routier de la scène politique burkinabé, ancien Premier ministre et ancien président de l’assemblée nationale, ce dernier a été pourtant réélu avec 57,87% des voix, en 2020, pour un second mandat de cinq ans. C’est son manque de combativité dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme djihadiste qui font des centaines de victimes au Burkina-Faso qui ont retourné l’opinion contre lui. Selon les Nations unies, le pays «fait face à des difficultés d’ordre sécuritaire marquées par des attentats terroristes à répétition, la recrudescence du grand banditisme et l’apparition de groupes d’auto-défense non respectueux des droits humains dans certaines localités».
Le 14 novembre 2021, un groupe de plus de trois cents djihadistes à motos et en pick-up attaquait un camp de la gendarmerie à Inata, dans le Nord du pays, tuant une cinquantaine de gendarmes. Ce fut le choc dans le pays. Plus que jamais, le pouvoir du Président Kaboré était vu comme incapable d’assurer la sécurité des personnes et des biens à travers le pays. Des manifestations hostiles avaient régulièrement lieu dans la capitale comme à l’intérieur du pays. Ce n’est donc pas surprenant que les militaires, qui avaient commencé leur mutinerie en réclamant des moyens plus conséquents pour combattre les terroristes, sont arrivés à renverser le Président Kaboré, avec le soutien populaire. Comme de coutume, les organisations internationales ont condamné le renversement d’un Président démocratiquement élu et demandé le retour à l’ordre constitutionnel. Comme de coutume aussi, des réactions en vain! Après la Guinée-Conakry et le Mali, le Burkina-Faso signe le recul de la démocratie en Afrique de l’Ouest, avec des élus qui brillent par des discours intellectuels ampoulés, sans être capables de répondre aux attentes fondamentales des populations. Le défi de la sécurité contre le terrorisme semble montrer les limites des régimes démocratiques. Une aubaine pour les militaires qui reprennent de plus en plus les affaires politiques en main, allant jusqu’à instaurer des transitions sans limites comme en Guinée Conakry.

Ralph Justin OBILANGOULOU

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