Après la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19 et les mesures de riposte ayant lourdement impacté la vie quotidienne des populations, le monde est aujourd’hui menacé par une crise alimentaire que fait planer la poursuite, par la Russie, de la guerre en Ukraine. Dans cette zone d’ombre que nous traversons, l’éclaircie est venue du côté du Fonds monétaire international (F.m.i) qui a admis que la dette congolaise est passée à un niveau soutenable. «La dette est jugée viable à la suite d’opérations hardies de restructuration de la dette et de mise en œuvre d’une politique budgétaire prudente», dit l’équipe du F.m.i dans son communiqué à l’issue de la première revue faite sur le Congo. C’est là une bonne nouvelle pour l’économie congolaise qui était jusque-là étranglée par le goulot de la dette. Mais, l’équipe du F.m.i précise que «dans l’attente de l’apurement de certains arriérés extérieurs, la dette est classée comme étant en «détresse». En raison tout simplement de la volatilité des prix du pétrole. Si les prix du pétrole chutent, le pays ne sera plus capable de tenir ses échéances de remboursement de la dette.
C’est dire que, malgré la bonne nouvelle, la dette extérieure n’a pas encore disparu. Elle est toujours là et pèse beaucoup dans le budget de l’Etat. Pour le ministre des finances, du budget et du portefeuille, Rigobert Roger Andély, le remboursement de la dette réduit la marge de manœuvre de l’Etat sur le social. «Actuellement, le paiement de la dette extérieure commerciale du pays est effectué en nature par le biais du pétrole brut et ceci réduit considérablement les espaces budgétaires à court terme et donc limite les possibilités d’allocation de ressources aux dépenses sociales essentielles et particulièrement le financement des filets sociaux en faveur des populations les plus vulnérables» et «le paiement de la dette intérieure», a-t-il fait savoir dans un communiqué (Voir page 5).
Ce qui sous-entend que le pays ne va pas tout de suite bénéficier des retombées attendues impatiemment de l’importante hausse des prix du pétrole depuis le début de l’année, à cause du remboursement de la dette commerciale extérieure.
Mais, le tableau de l’économie congolaise peint par l’équipe du F.m.i suscite tout de même de l’espoir à partir de cette année. «La croissance du P.i.b réel devrait se renforcer pour atteindre 4,3% en 2022, sous l’effet de l’amélioration de la production pétrolière, du dynamisme dans les secteurs de l’agriculture et de l’exploitation minière, de la poursuite des opérations de vaccination et du paiement des arriérés intérieurs», constate-t-elle.
Dès lors que le gouvernement met l’accent sur l’exécution du programme triennal avec le F.m.i, en réalisant les réformes prévues, pour la gestion transparente des finances publiques, il y a de fortes chances que le redressement économique soit, enfin, au rendez-vous. Ce faisant, le Congo redeviendra de nouveau attractif en matière d’investissements. Le récent déplacement du Premier ministre chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, à Washington, pour assister aux assemblées de printemps 2022 du F.m.i et du groupe de la Banque mondiale, est un signal fort dans ce sens. Mais, il reste que le parlement devrait avoir un œil vigilant sur les gouvernants ayant la gâchette facile en matière d’endettement public. La préoccupation doit être plutôt de rembourser progressivement la dette intérieure, pour soulager le secteur privé national trop déprimé par l’impact de la lutte contre la pandémie de covid-19.

L’HORIZON AFRICAIN

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