La 6ème édition du Festival international de bande dessinée Bilili BD s’est déroulée du 30 novembre au 4 décembre 2021, à l’I.f.c (Institut français du Congo) de Brazzaville. L’une des déclinaisons de ce festival a été le concours qui a permis de sélectionner des bédéistes congolais devant participer au projet «Moabi», un journal de la bande dessinée publié par les Editions Dupuis en France. Trois d’entre eux ont été présentés au cours d’une conférence de presse, à l’I.f.c, animée par Vladimir Lentzy, éditeur et directeur de média-diffusion de livres et de bandes dessinées à la maison d’édition Dupuis. Il s’agit de Kevin Ekon Boman (28 ans), Hance Iloki (22 ans) et Rhys Massengo (31 ans), alias Rémétou, résidant à Pointe-Noire, la capitale économique congolaise.

Lisible sur les téléphones portables, Moabi est un webtoon mensuel gratuit. «C’est un journal créé par des artistes, des scénaristes et des dessinateurs africains, pour un public pas seulement africain, mais mondial. Les jeunes talents africains, les histoires, les légendes, les fantaisies africaines y sont publiées. C’est la première fois qu’on donne accès, avec les moyens d’un groupe puissant, à la culture africaine, à l’histoire africaine. Le nom de Moabi repose sur cette profondeur de l’histoire africaine. Les racines, c’est la terre; les racines, c’est le passé, c’est l’histoire. C’est tout un symbole auquel contribuent nos jeunes artistes ici présents…», a expliqué Vladimir Lentzy.
«Moabi, c’est le moyen le plus facile pour les jeunes de voir ce que font d’autres jeunes, mais d’avoir des bandes dessinées africaines. Donc, moi, en tant qu’éditeur, je suis très fier, parce que ce sont des auteurs qui ont énormément de talent, qui ont accepté de travailler très dur pour arriver à ce niveau international, parce que ça sera, demain pourquoi pas aux Etats-Unis, au Canada, en Suisse, au Japon, en Corée, c’est ça l’objectif. Et aujourd’hui, il est très difficile, pour les jeunes auteurs africains, de pouvoir avoir une diffusion comme celle-ci. Cette diffusion est possible, parce que Dupuis a décidé de donner la chance aux jeunes Africains et de faire une collection d’auteurs africains qui parlent d’histoires africaines, avec une authenticité, parce que ce sont des gens qui connaissent quand on parle de la vie, quand on vous parle de la dot ou de la sapologie…», a-t-il ajouté.
«Cela me fait une grande joie et j’avoue que je me sens très privilégié. Il y avait pas mal de gens dans le projet, des étrangers comme des Congolais, et se faire qualifier parmi tout ce monde, c’est un grand plaisir. Après, ce projet n’a pas pour but de faire juste un hobby, mais de pousser les jeunes Africains à vivre réellement de leur art. Depuis au moins trois mois, je vis quand même de ce métier. Et j’aimerais bien que beaucoup d’autres jeunes auteurs africains, en général, et Congolais puissent en profiter aussi (…) En tant qu’auteur, on vise souvent la perfection, on vise d’aller plus loin. J’aimerais bien aussi avoir mon œuvre, un jour, se faire relater, en série télévisée, en film, parce que c’est un peu comme ça que ça marche dans le domaine», a déclaré Kevin Ekon Boman.
«J’ai toujours aimé la bande dessinée, j’ai voulu toujours faire comme les grands auteurs de bande dessinée, j’ai toujours voulu que mes œuvres soient vues mondialement et que je sois reconnu parmi les auteurs venant d’ici», a, pour sa part, déclaré Hance Iloki.

Ella BIKOUMOU

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