Ces derniers temps, des crimes abominables sont commis au Congo et c’est leur rythme qui devient effrayant. Il est vrai que la criminalité caractérise la société humaine. Mais, l’Etat est toujours là pour garantir la sécurité à tous les citoyens, rechercher et punir les coupables de délits et crimes et faire respecter le caractère sacré de la vie humaine. Après l’infanticide horrible commis à Bétou, par un père de profession religieuse, qui a égorgé son fils en guise de sacrifice religieux, la semaine dernière, l’arrondissement 3 Poto-Poto, à Brazzaville, était en émoi, à la suite d’un crime monstrueux commis par un jeune congolais d’origine malienne qui a tué son ami de nationalité de la RD Congo, en lui enfonçant une paire de ciseaux à travers la gorge. Pendant ce temps, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Brazzaville procédait à la reconstitution des faits d’un crime d’assassinat commis par deux jeunes sur leur patron.
Jeudi 17 novembre dernier, lors de la séance de questions orales au gouvernement à l’assemblée nationale, les députés ont soulevé la préoccupation sur la multiplication des crimes d’assassinat dans le pays. En réponse à la question posée par le député Blaise Ambéto sur le crime commis à Bétou, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso et le ministre de l’intérieur, de la décentralisation et du développement local, Raymond Zéphirin Mboulou, ont apporté l’éclairage nécessaire sur les mesures prises par le gouvernement pour établir les circonstances du crime commis à Bétou et pour assister les familles endeuillées et les blessés.
«Le gouvernement commence d’abord par exprimer ses profonds regrets face au crime odieux et violent perpétré sur un enfant par son géniteur ainsi que face aux violences qui ont suivi cet acte crapuleux. Le gouvernement rend hommage aux victimes de ce déferlement de brutalité», a dit par exemple le Premier ministre avant de répondre à la question du député Ambéto.
Cette expression des pouvoirs publics est souvent rare, quand surviennent ces abominations. Comme on l’a vu le mardi 15 novembre, à Poto-Poto. Du côté des pouvoirs publics, c’était le silence, alors que tout un arrondissement a connu quelques heures d’émoi, à la suite de l’assassinat horrible d’un jeune par un autre jeune. Le présumé assassin serait un Congolais d’origine malienne. Né et grandi à Poto-Poto, il appartiendrait à un gang de bébés noirs. Certains parlent de lui comme d’un malade mental mais pour d’autres, il s’agirait d’un jeune drogué.
Dans la nuit du 15 au 16 novembre, c’est un autre crime d’assassinat qui a été commis à Mikalou 2. Le 16 novembre au matin, dans la Rue Edzounga, le corps d’un jeune a été découvert dans sa maison, portant des entailles provoquées par l’usage d’armes blanches. Et que dire des images partagées sur les réseaux sociaux, sur le massacre à l’arme blanche, d’un jeune considéré comme un chef de gang de bébés noirs. Sa tête a été hachée à l’arme blanche alors que son corps gisait à même le sol. Les enquêtes ouvertes se referment souvent sans conclusion déterminante.
Ces crimes d’assassinat dévoilent les limites de l’action de l’Etat à travers la décentralisation. Les pouvoirs publics locaux sont souvent démunis, pour faire face aux grands phénomènes de criminalité. Les commissariats de police et les postes de gendarmerie dans les arrondissements et les quartiers sont souvent dépourvus de moyens conséquents pour assurer leur mission de sécurité publique et d’enquête en cas d’acte criminel. L’identification des citoyens, l’archivage des empreintes digitales, les caméras de surveillance, l’adressage des rues, le suivi des citoyens connus comme des délinquants et même des criminels potentiels ou récidivistes, etc, sont autant d’instruments dont doivent disposer les pouvoirs publics pour lutter contre la criminalité. Malheureusement, on est loin d’atteindre ces étapes. Enfin, l’éducation, qui ne doit pas se limiter à l’école, mais qui doit être l’un des fondementrs de l’action sociale en direction de la jeunesse.

L’HORIZON AFRICAIN