Sélectionner une page

Avons-nous besoin d’importer le «mbébisme»?

Comment être fier de son pays, quand on voit des expatriés épouser facilement nos anti-valeurs, pour s’imposer devant notre administration publique? Pour redresser le C.h.u-B, ce gros malade qui souffre de multiples maux, le gouvernement a recouru à l’expertise occidentale, en y mettant le prix. Et que légitime, la santé du peuple n’ayant pas de prix !
Mais, qu’un directeur général expatrié brille par une incompétence à maîtriser la procédure de licenciement légal d’un travailleur protégé par un statut syndical, on peut, tout de même, s’interroger légitimement sur son expérience administrative. Au-delà d’une telle considération, là où le bât blesse, pour les compatriotes congolais que nous sommes, souffrant déjà d’innombrables maux qui retardent le développement de notre pays, c’est de le voir manquer royalement de respect à notre administration publique. C’est comme s’il était si cher payé juste pour diriger notre établissement hospitalier par des méthodes de «mbébiste» inflexible.
Franchement, en tant que Congolais, il vaudrait mieux être épargné de tels spectacles révoltants de voir un expatrié qui, parce que son intérêt n’a pas été immédiatement servi, se met à mépriser publiquement les lois et règlements de notre pays, fut-il sous-développé par rapport au sien. La Direction départementale du travail de Brazzaville a-t-elle commis un crime de lèse-majesté en disant le droit congolais en matière du travail? Un Congolais employant des Canadiens au Canada, peut-il en licencier un sans respecter la loi sur les normes du travail, et s’en prévaloir publiquement sans encourir la moindre réprobation? Que nenni! L’Etat fort, doté d’institutions fortes, c’est celui dont les lois et règlements sont respectés par les petits et par les grands.
Mais, au Congo, quel paradoxe! Honnêtement, pour un haut cadre pétri d’expérience administrative, respectueux des pouvoirs publics de son pays d’accueil, le directeur général du C.h.u-B aurait pris acte de la décision de la commission des litiges. Il aurait alors transformé sa décision de licenciement jugée illégale, en une suspension et reprendre la procédure de licenciement conformément à la loi. Rien ne l’empêche à respecter notre code du travail, pour licencier un travailleur, fut-il le plus récalcitrant ou le plus dévoyé.
Le gouvernement ne devrait pas participer lui-même à l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat, en politisant les affaires administratives. Entêter la Direction générale du C.h.u-B à passer outre la décision de la commission des litiges de la Direction départementale du travail ne revient à rien d’autre qu’à encourager les employeurs à faire autant, chaque fois qu’ils seront devant un tel cas professionnel. Quel Etat de droit voulons-nous alors construire? L’iniquité, la force, les deux poids deux mesures sont des anti-valeurs qu’on ne cessera de combattre.
Tel que fait, le licenciement du syndicaliste du C.h.u-B a été jugé illégal. Nous pensons que le Ministère en charge de la santé devrait encourager la Direction générale du C.h.u-B à respecter le verdict de la commission des litiges ou à introduire alors un recours, au lieu de briller par la forfaiture, attitude qui discrédite le plan de redressement du C.h.u-B. Quand c’est jugé illégal, il ne faut pas s’entêter et surtout pas se lancer dans une bravade inutile contre l’administration congolaise. Il y a des voies de recours, il faut s’en servir. Nous sommes pauvres, c’est pourquoi nous avons le C.h.u que nous méritons. Mais, le Congo est un Etat souverain. Il faut respecter ses lois et règlements!

L’HORIZON AFRICAIN

Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez les 11 autres abonné·es de notre liste.
close
Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez les 11 autres abonné·es de notre liste.

A propos de l'auteur

l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

heure locale

25 novembre 2020, 14: 36

L’editorial de la redaction

IL NE FAUT PAS PÉNALISER LES GÉNÉRATIONS FUTURES

On a hérité de la période de vaches grasses, quand les budgets de l’Etat étaient excédentaires grâce à la manne pétrolière (2004 à 2014), des habitudes qui, aujourd’hui où l’on gère les vaches maigres, risquent de pénaliser les générations futures, en raison des ardoises qu’accumule l’Etat chaque année. On pourrait alors se retrouver en porte à faux avec le principe de l’équité intergénérationelle.

Lire la suite

Votre Publicité

Archives

Statistiques de notre site

  • 44
  • 30
  • 2 447
  • 6 297
  • 852
  • 653
  • 18 novembre 2020

Votre météo

booked.net