24.2 C
Brazzaville
sam 3 décembre 2022
spot_img
AccueilActualitéAssociation Avenir Nepad Congo : Les avortements médicamenteux et les risques que...

Association Avenir Nepad Congo : Les avortements médicamenteux et les risques que l’on en court

L’O.m.s (Organisation mondiale de la santé) a estimé que de 2010 à 2014, on a enregistré dans le monde une moyenne annuelle de 56 millions d’avortements et une probabilité de 35 avortements pour 1000 femmes âgées de 15 à 44 ans. Les femmes recourent beaucoup plus à l’avortement pour mettre fin aux grossesses non-planifiées. Ces avortements sont pratiqués dans des conditions dangereuses, dans les pays en voie de développement, y compris la République du Congo où chaque année, de 4,7% à 13,2% des décès maternels sont attribués aux avortements non sécurisés, selon une enquête publiée par l’Association Avenir Nepad Congo, que coordonne le Dr Etanislas Ngodi, avec l’appui financier d’Amplify change.

Selon les estimations, les avortements non- sécurisés entraînent plus de 7 millions de complications. «Les principales complications mortelles sont les hémorragies (saignements abondants), les infections, les perforations de l’utérus, les lésions de l’appareil génital et des organes internes par insertion d’objets dangereux comme des baguettes, des aiguilles à tricoter ou du verre pilé, dans le vagin ou l’anus. Outre les décès et les incapacités qu’ils provoquent, les avortements à risque ont des coûts sociaux et financiers majeurs pour les femmes, les familles, les communautés et les systèmes de santé», indique le rapport d’enquête.
Plusieurs organisations internationales admettent que l’avortement est un problème préoccupant de santé publique. «Cela a été reconnu par plusieurs Chefs d’Etat et de gouvernement, lors de la conférence internationale sur la population et le développement, organisée au Caire, en 1994».
Au Congo, «très peu d’études ont été réalisées sur la pratique de l’avortement, en raison de son caractère illégal ou sa perception sociale. L’environnement est marqué par une législation restrictive, le manque de services disponible aux patientes, les coûts élevés de l’avortement, la stigmatisation», indique l’enquête.
L’enquête montre que l’avortement médicalisé reste non seulement le moins couteux, mais aussi le moins risqué dans le contexte socioéconomique congolais. Il est un élément de la politique de planification des naissances, dans une optique de précaution, permettant de limiter les taux de natalité élevés pour une transition démographique efficiente.
Au plan scientifique, l’enquête «permet de marquer une césure entre des anciennes méthodes d’avortement et des nouvelles, afin de minimiser les risques susceptibles de mettre en péril la vie de la femme». La collecte des données «s’est effectuée auprès des médecins spécialistes (gynécologues-obstétriciens), sages-femmes présentes dans les formations sanitaires de la place et des femmes qui sont, en dernière analyse, concernées, pour les avortements médicamenteux».
L’enquête a été menée de juin à septembre 2020, à Brazzaville, dans 14 centres de santé. Il s’agit des hôpitaux de référence de Makélékélé et Talangaï et des maternités de huit districts sanitaires de Brazzaville (Makélékélé, Talangaï, Djiri, Ouenzé, Poto-Poto, Bacongo et Moungali).
«La collecte s’est faite avec difficultés, auprès des médecins, en raison de leur réticence par rapport à la délicatesse du sujet. Pour certains d’entre eux, l’interdiction de la pratique de l’avortement ne facilitait pas l’accès aux informations à ce sujet (article 317 code pénal, article 8 code de déontologie des professions sociales et de la santé). D’autres reconnaissent pratiquer l’avortement seulement pour cause médicale. La même réticence est observée auprès des infirmiers et autres personnels médicaux. L’enquête a aussi été faite auprès des pharmaciens, afin de vérifier la disponibilité des médicaments en lien avec l’avortement médicamenteux», signifie l’enquête.

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

AUTRES ARTICLES

2 Commentaires

Les commentaires sont fermés.

derniers articles

Commentaire

Davidtom on Football
Joshuadrymn on
Joshuadrymn on Football