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lun 28 novembre 2022
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Après la Concertation politique nationale d’Owando : Les forces politiques issues des prochaines législatives sont-elles déjà connues?

En juillet 2022, la République du Congo organise ses deuxièmes élections législatives et locales depuis l’instauration de l’actuelle Constitution. C’est dans cette perspective que le gouvernement, à l’initiative du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, a organisé, du 3 au 5 mars dernier, une concertation politique à Owando, afin de créer un consensus sur l’organisation de ce scrutin, étant entendu qu’il y a des points d’entente obtenus dans le passé, mais qui ne peuvent toujours pas être mis en œuvre, comme la biométrie électorale. La participation à cette concertation, pour peu qu’on l’ait observée de près, donne une idée de la configuration politique qui pourrait émaner des élections législatives et locales. Et pour cause!

Dans nos précédentes éditions, nous avons déjà relevé le fait que la classe politique congolaise est divisée en deux camps. Il suffit d’une concertation politique pour le remarquer: ceux qui participent et ceux qui boycottent. La fissure se fait à ce niveau et les lignes bougent très peu. On peut remonter au changement de la Constitution pour retrouver le bras de fer entre les deux camps.
Le premier est constitué des partis de la majorité, du centre et de l’opposition modérée. On peut ainsi les symboliser par les figures ci-après: Pierre Moussa et les leaders des partis alliés de la majorité; Luc Adamo Mateta, Elvis Okombi-Tsalissan et les leaders des partis du centre; Pascal Tsaty-Mabiala, Claudine Munari, Pascal Ngouanou, Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint-Eudes, Chris Antoine Walembaud, Anguios Nganguia-Engambé, Gilles Bassindikila et les leaders de l’opposition politique constitutionnelle et parlementaire. Le C.n.r (Conseil national des républicains) compte aussi dans ce camp, puisqu’il était représenté à la Concertation politique d’Ownado.
Le camp opposé est constitué des familles politiques dites de l’opposition radicale. Il a pour locomotive Mathias Dzon, Clément Miérassa, Jean Itadi, Michel Mampouya, Jean-Félix Demba-Ntélo et les leaders des partis affiliés ou non à leurs plateformes, comme Paulin Makaya, le leader de l’U.p.c (Unis pour le Congo). Mais, en boycottant les élections, ce camp reste souvent en marge des enjeux électoraux.
Suivant les événements, certains leaders bougent entre les deux camps. Les derniers exemples sont ceux de Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, le leader du C.n.r, qui avait boycotté la Concertation de Madingou, alors qu’il s’est fait représenter à celle d’Owando, et Anguios Nganguia Engambé qui a fait la même chose.
Reste maintenant à savoir les forces politiques en présence, après le scrutin prochain.
La participation à la Concertation politique d’Owando en donne une idée. Le P.c.t était en premier en nombre de délégués, loin devant tous les autres partis. Ses organisations affiliées y étaient représentées. L’U.pa.d.s a été, sans doute, le deuxième parti en nombre de délégués et l’U.d.h-Yuki, le troisième. Tous les autres partis avaient un ou deux délégués.
Malgré le fait que la classe politique congolaise compte plus d’une centaine de partis, dont 45 légalement reconnus, moins d’une dizaine sont représentés à l’Assemblée nationale où il n’y a que deux groupes parlementaires dans la législature qui s’achève cette année: celui du P.c.t et ses alliés (majorité avec 101 députés) et celui de l’U.pa.d.s (opposition avec 8 députés). L’U.d.h-Yuki ayant supplanté le M.c.d.d.i n’a pas pu constituer de groupe parlementaire, ses huit députés ayant été élus sous le label d’indépendants.
Le P.c.t compte à lui seul 90 députés sur les 151 de l’Assemblée nationale, suivi de l’U.pa.d.s avec 8 députés et 16 indépendants, dont 8 de l’U.d.h-Yuki. Le Mar (4 députés), le R.d.p.s (3) et la D.r.d (3) sont les trois autres partis de la majorité ayant le plus grand nombre de députés. Tous les autres partis sont à la traîne avec un ou deux députés.
Ainsi, l’enjeu du prochain scrutin législatif va se situer entre le P.c.t, l’U.pa.d.s et l’U.d.h-Yuki.

Jean-Clotaire DIATOU

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