L’Anvri (Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation), créée depuis juin 2020, est un établissement public sous tutelle du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation technologique, qui exerce plusieurs missions dont, entre autres, promouvoir et encourager l’utilisation des résultats de la recherche et de l’innovation à des fins économiques. Son directeur général, Patrick Obéli Okéli, a donné la quintessence de son rôle dans la valorisation de la recherche et de l’innovation.

* Monsieur le directeur général, dans quel domaine focalisez-vous vos recherches, au niveau de l’agence?
** L’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation, en sigle Anvri, n’est pas un établissement de recherche. C’est un établissement d’appui à la recherche. Il y a des organismes spéciaux qui ont la mission de la recherche. Donc, nous sommes là pour valoriser les résultats produits par les établissements de recherche.

* A quel niveau êtes-vous aujourd’hui pour montrer l’impact des résultats de la recherche aux entreprises?
** Avant, c’était l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche, en sigle Anvar, mais depuis juin 2020, nous sommes passés à l’Anvri. Notre mission est d’abord d’aller vers les entreprises, les producteurs, c’est-à-dire les utilisateurs finaux des résultats de la recherche, pour valoriser et vulgariser les techniques et les innovations réalisées dans les différents établissements de recherche. Je peux répondre à une préoccupation qui est majeure: il y a vraiment de la recherche au Congo. Je peux vous certifier, effectivement, qu’il y a de la recherche au Congo. C’est vrai que nous ne communiquons pas assez et cela limite la visibilité de nos activités.

* Un exemple qu’il y a de la recherche au Congo?
** Parmi les domaines clés dans le P.n.d (Programme national de développement) 2022-2026, il y a l’agriculture. Dans le domaine agricole, avant les années 80, on ne produisait les cultures maraichères que pendant la saison sèche. Aujourd’hui, on peut produire en toute saison. C’est parce qu’au niveau de la recherche, un grand travail a été fait, par exemple au niveau d’Agri-Congo et des autres établissements d’appui, pour développer des itinéraires techniques, des techniques améliorées de production de légume, en toute saison.
Aujourd’hui, dans la sous-région et sur le continent, il y a un problème au niveau du manioc, avec la maladie qu’on appelle la mosaïque. C’est la première maladie du manioc. Tous les pays producteurs de manioc sont confrontés à ce problème. Le Congo est parmi les rares pays qui a pu mieux gérer cette maladie, grâce à la recherche et à l’application des résultats de la recherche. Aujourd’hui, dans ce domaine, nous avons des personnes ressources. Au Congo, il y a des experts dans le domaine du manioc, reconnus au niveau national et international. Dans un projet de la Cemac, qui travaille sur le manioc, sur les quatre modules, trois des quatre modules de ce projet sont tenus par des Congolais. Cela montre le haut niveau des Congolais dans ce domaine.

* Pouvez-vous nous rassurer que la mosaïque est vaincue dans notre pays?
** A ce jour, on ne peut pas parler de victoire sur la mosaïque du manioc. Mais, nous sommes dans un pays où on peut parler d’un meilleur contrôle de la mosaïque du manioc. C’est pourquoi nous avons toujours une production appréciable de manioc, contrairement à d’autres pays.

* Qu’est-ce qui se fait dans l’innovation?
** Dans l’innovation, je peux vous parler des services de l’Anvri. Le premier service, c’est dans la production et les publications scientifiques. L’Anvri a développé quelques services que nous mettons à la disposition du public. Nous avons une revue pour la publication des articles scientifiques. Les groupes cibles de cette revue, ce sont les enseignants chercheurs, les chercheurs, les étudiants et les entreprises.
Nous avons un deuxième support constitué de recueils de fiches techniques. Les articles scientifiques sont transmis en fiches techniques. Le public visé sont les enseignants chercheurs, les chercheurs, les étudiants et les entreprises. Nous avons aussi produit un autre support qui est plus adapté aux autres couches de la population. C’est un bulletin de vulgarisation des résultats de la recherche et de l’innovation.
Dans les réseaux sociaux, l’agence est également présente à travers son compte Facebook. Le site Internet est en construction. Nous avons aussi des plateformes de valorisation. Ce sont des espaces d’échange et de partage d’expériences entre les acteurs d’une filière donnée. Il faut reconnaître que Dieu a donné les mêmes capacités pour tout le monde. Le niveau de créativité et d’inventivité du Congolais est au même titre que ce que nous éprouvons par exemple aux Etats Unis et ailleurs.
Ce qui manque, c’est l’environnement, un cadre d’accueil et d’accompagnement technico-économique et juridique des innovateurs, des inventeurs, des chercheurs et des enseignants chercheurs, constituant la différence avec les autres pays. C’est ce que l’Anvri est en train de mettre en place. Nous organisons aussi des journées de valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation. Le but est de mettre à la disposition des populations et des utilisateurs finaux, les acquis de la recherche. Au cours de ce mois d’août, nous allons lancer une journée sur la vulgarisation des acquis de la recherche sur les serpents.

* Quel contact avez-vous avec les entreprises?
** Aujourd’hui, je ne peux pas dire que nous avons des contacts réguliers avec les entreprises. Mais, nous sommes dans cette phase d’implantation et de positionnement de l’Anvri. C’est pourquoi, nous voulons être avec les médias, pour donner l’information utile. Ce qui va être le socle de notre mission dans le secteur de l’innovation, c’est l’accompagnement technicoéconomique et juridique.

* Un message, pour conclure notre entretien?
** Notre mission, c’est d’accompagner tous ceux qui viennent vers nous.

Propos recueillis par
Martin BALOUATA-MALEKA

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