Des ressortissants du District de Ntokou, dans le Département de la Cuvette, ont créé depuis 2019, une association pour le développement de leur localité, comme cela se passe dans d’autres localités. Espace d’échanges d’expériences et de dialogue entre fils et filles de Ntokou, l’Association Ntokou lisanga a été ainsi créée grâce à l’initiative d’André Michel Ikongo Otéré, qui entend impulser une dynamique de développement du district. A l’occasion de 50ème anniversaire dudit district, il a organisé une conférence-débat, à Ntokou, au cours duquel certains problèmes ont été débattus. A son retour à Brazzaville, il a accordé une interview à L’Horizon Africain, dans laquelle il explique pourquoi les cadres ressortissants de Ntokou ont «décidé de lutter contre le sous-développement qui caractérise» leur district.

* Vous visitez ce matin la rédaction du journal L’Horizon Africain, pour quel intérêt?
** Je souhaite à votre journal une longue vie à l’occasion de cette nouvelle année 2022. Et surtout, que vous puissiez continuer à éclairer vos lecteurs par vos analyses et commentaires sur l’actualité nationale et internationale.
A l’orée du deuxième anniversaire de l’Association Ntokou lisanga, j’ai pensé faire connaître notre association à travers cette interview, son histoire, ce qu’elle fait, comme toute association communautaire vouée aux questions de développement.

* Ntokou lisanga, une association vouée aux questions de développement et culturelles, mais pas politiques, puisque l’année qui commence est électorale?
** Notre association est une association à caractère culturel qui s’occupe des questions de développement uniquement dans notre localité. Elle est née le 17 janvier 2019. A cette époque, nous avons connu des problèmes d’inondation et une bonne partie du district était sous les eaux. Pour cela, les ressortissants de Ntokou vivant à Brazzaville s’étaient organisés pour collecter des fonds, afin de faire face au sinistre et soutenir les populations qui avaient tout perdu.
Depuis lors, nous poursuivons l’aventure, en organisant des journées culturelles, des rencontres sportives pour l’unité des filles et fils de Ntokou. Surtout, je voudrais signaler qu’une opération de don de sang avait été organisée, pour sauver des vies humaines. C’est là un grand signe de solidarité qui a fait que nous puissions aller à la création de cette association, pour maintenir cette solidarité à l’égard des populations de Ntokou.

* Qu’est-ce que cache cette aventure, puisqu’elle se poursuit et nous apprenons que vous avez passé les fêtes de fin d’année à Ntokou?
** Nous avons décidé de lutter contre le sous-développement qui caractérise notre district. Notre localité est relativement en retard par rapport aux autres. Il est difficile d’accéder au district par la route. C’est pire par la voie fluviale, par rapport aux saisons. Les populations sont vraiment en difficulté. Dans les domaines de l’éducation et de la santé, nous sommes confrontés au manque d’enseignants et de médecins.
Sur tous les axes économiques, la localité est vraiment abandonnée. Aujourd’hui, avec le Parc national animalier Ntokou-Pikounda, une réserve forestière que le gouvernement a mis en place, et le Centre communautaire de pêche du village Kombé, qui est un centre de congélation de poissons, il y aura des retombées pour le district. Le parc est l’une des réserves naturelles de notre pays qui a des espèces animalières assez rares. Par ces activités socio-économiques, nous comptons mettre en place un écosystème de développement, pour permettre à notre localité d’être attractive, afin de changer la vie de nos populations.

* Vous comptez mettre en valeur une chaîne de poissons, avec l’inauguration du centre communautaire de Kombé?
** Il s’agit non pas seulement de mettre en place une chaîne de poissons, mais aussi de faire comprendre aux populations que la pêche a aussi une durée de vie, puisque l’activité essentielle des populations dans la contrée, c’est la pêche. Pour cela, nous sommes rentrés en contact avec plusieurs organisations non-gouvernementales et la Direction générale de la pêche, pour organiser une série de formations dans la pisciculture et l’aquaculture.
Le Centre communautaire du village Kombé regroupe une production de plusieurs tonnes de poissons par semaine. Si l’on n’y prend pas garde, dans cinq voire dix ans, nous pourrons être confrontés à une pénurie de poissons dans le district. Donc, il faut réfléchir, dès à présent, sur des solutions alternatives, notamment l’élevage en cage, l’aquaculture et la pisciculture. Ce sont ces questions que nous sommes en train d’étudier avec des experts, pour trouver l’option la meilleure et créer les conditions d’accompagnement des populations, pour qu’elles puissent basculer dans ce secteur. C’est très important, parce qu’en dehors des périodes d’étiage, les populations de Ntokou vivent difficilement. Quand il n’y a pas de pêche, il n’y a pratiquement rien. Il faut mettre en musique les recommandations du Président de la République, sur la diversification de l’économie et Ntokou a besoin de diversifier son économie.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA