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Anatole Collinet Makosso, ministre de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation : «Une année scolaire assez particulière, avec un système éducatif en alternance»

Anatole Collinet Makosso, ministre de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation : «Une année scolaire assez particulière, avec un système éducatif en alternance»

L’année scolaire 2020-2021 est toute particulière, en raison de la pandémie de covid-19 qui continue de sévir dans notre pays et dans le reste du monde. Ce faisant, les acteurs de l’enseignement primaire et secondaire, notamment le personnel administratif et le corps enseignant se préparent à accueillir les élèves, le 12 octobre prochain,dans le strict respect des mesures barrières. Dans une interview aux médias, le ministre de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, explique comment cette «année scolaire assez particulière, avec un système éducatif en alternance», va se dérouler. Cours en présentiel et cours à distance, enseignants et élèves doivent s’y faire, pour accomplir convenablement cette année scolaire. Interview!

*Monsieur le ministre, après la rentrée administrative et pédagogique, les élèves vont renouer avec le chemin de l’école à partir du 12 octobre prochain. Comment se présente la carte scolaire de l’année 2020-2021, lorsque nous savons qu’elle se déroule dans un contexte particulier de crise sanitaire?
**Tout d’abord, je vous remercie pour l’intérêt que vous accordez à la vie scolaire. Pour répondre à votre question, je dirais que la prochaine rentrée annonce une année scolaire assez particulière, avec un système éducatif en alternance. Il y aura des cours en présentiel et des cours à distance.
Les cours en présentiel vont se déroulerles lundi, mercredi et vendredi pour une vague, et les mardi, jeudi et samedi pour une autre vague. A l’intérieur de ces vagues, il y aura des sous-vagues: une sous-vague en matinée et une autre l’après-midi, pour les établissements scolaires à grands effectifs d’élèves. La pratique ne sera certainement pas la même, dans tous les établissements scolaires. Les établissements scolaires qui ont des effectifs raisonnables pourront continuer à organiser leurs enseignements tels que nous le faisons habituellement ou encore en maintenant le système d’alternance, mais pour réoccuper les élèves plus de temps que possible. On peut imaginer, pour ces établissements scolaires, que les cours aient lieu lundi, mercredi et vendredi pour certains, mardi, jeudi et samedi pour d’autres. Mais, que ceux qui ont cours lundi, mercredi et vendredi, étant entendu qu’il n’y aura pas de problème de salle de classe, pourront donc avoir cours le matin et l’après-midi. Ce qui fera en sorte que, dans cette dernière hypothèse, les élèves auront droit à 24 heures de cours par semaine.
Mais, dans la première hypothèse où les vagues elles-mêmes seront scindées en deux, les élèves auront droit à 12 heures de cours par semaine. Je tiens à rappeler que le volume horaire requis par rapport aux textes est de 28 à 30 heures de cours par semaine. Par exemple, pour les élèves de l’école primaire, ils ont 28 heures de cours par semaine; ceux du collège et du lycée, 30 heures par semaine.
Or, en organisant le système éducatif tel que nous sommes en train de le faire, les élèves auront, dans un des cas, 12 heures de cours par semaine et dans un autre des cas, pour ceux qui feront matin et après-midi,24 heures de cours. Donc, il faudra combler ce volume horaire déficitaire. Ce gap d’heures qui ne peut pas être rattrapé en présentiel, donc dans une salle de classe, constituera ce que nous appelons l’école à domicile, par le système d’alternance et ces heures sont accomplies pédagogiquement par le travail de l’élève à la maison. Ce ne sont donc pas des heures perdues. Ce sont des heures de cours converties en des heures de cours à domicile.

*Monsieur le ministre, comment se feront alors ces cours à domicile?
** Les élèves auront à leur disposition des cours polycopiés et des cahiers d’activités sous ce format. J’ai ici par exemple les cahiers d’activités pour les élèves en classe de Seconde, où il y a toutes les matières principales: les mathématiques, les sciences physiques, les sciences de la vie et de la terre. Ils ont des exercices corrigés et des questions de cours. Vous en avez pour la classe de Sixième et pour les Cours du premier degré. Donc, les élèves auront à leur portée tous ces documents. A charge pour eux de les consulter à la maison, en l’absence de l’encadreur.
L’élève est le constructeur de sa propre formation. A la maison, il aura un emploi du temps spécial pour les cours. Ce qui veut dire qu’on aura le même emploi du temps composé en deux temps. Le premier temps, c’est le volet «Cours en présentiel» et le second volet, cesont les «Cours à la maison».
Si mardi par exemple, l’élève ne va pas à l’école, il est donc à la maison. Si de 7h à 9h, les élèves qui sont à l’école ont fait les mathématiques, lui qui est à la maison, à ces heures-là, aura aussi fait les mathématiques. La veille,l’enseignant lui aura donné les exercices à faire à la maison. Les exercices et les notions à lire sont conçus de telle sorte que l’enfant sera obligé d’épuiser ses deux heures de mathématiques, parce qu’en moins de deux heures, il ne pourra pas lire le cours et faire les exercices que le professeur lui a donnés la veille. A la maison, l’enfant devra avoir la même concentration comme s’il était en classe. Quand il fait ses exercices, on peut penser qu’il n’est pas soumis au contrôle de l’enseignant. D’abord, on comptera sur les parents non pas qu’ils aident l’enfant à faire des exercices, parce qu’il ne comprendra pas, mais plutôt qu’ils aident l’enfant à s’appliquer et à se discipliner. Il faudrait que les parents soient vigilants, pour surveiller l’enfant. Si l’enfant est distrait, qu’il ne fait pas ses exercices, il sera rattrapé le lendemain à l’école.
Contrairement à ce que l’on peut penser que l’enseignant ne pourra pas surveiller le travail de l’enfant, et bien, aujourd’hui, l’enseignant ne dispose que de 40 à 45 élèves. Il a plus de faciliter à contrôler le travail que l’enfant faità la maison. Tout le travail que l’enfant fait à la maison est bien converti en volume horaire. On voit bien que l’enseignant ne va plus perdre le temps à dicter un cours ou à le faire recopier par les enfants, parce que les enfants auront le même cours que l’enseignant. On gagne en temps.

*En ce qui concerne les cours polycopiés, seront-ils disponibles pour tout le monde, notamment l’école privée, parce que nous avons vu récemment avec les examens d’Etat que les promoteurs des écoles privées ont souffert pour les avoir. Comment se fera la distribution des cours polycopiés?
** Le gouvernement s’est engagé, en cette période difficile due au coronavirus, de mettre à la disposition des élèves, ces documents polycopiés. Il le fait avec ses partenaires. Les cahiers d’activités, pour toutes les classes intermédiaires et tous les niveaux, sont financés par la Banque mondiale, pour le compte du premier trimestre, par le truchement du Projet d’appui à l’amélioration du système éducatif. Nous sommes en train de travailler avec l’Unicef et l’Agence fiduciaire que le gouvernement a obtenu de la part du Partenariat mondial pour l’éducation qu’il mette à la disposition de tous les élèves des cours polycopiés du Cours élémentaire premier degré jusqu’en Terminal.

*Avec l’augmentation des salles de classe, le personnel enseignant est-il disponible pour ce travail?
** A priori, le nombre d’heures à attribuer à chaque enseignant ne devra pas augmenter. S’il doit avoir 18 heures par semaine, c’est 18 heures qu’il aura, parce qu’on ne prolongera pas les jours. Il n’y aura pas plus de 7 jours par semaine. Le volume horaire qu’un enseignant devrait avoir pour remplir son office et mériter son salaire, ne sera pas augmenté. A la limite il aura beaucoup de travail à faire. S’il venait à avoir un volume horaire en augmentation, l’Etat verra comment cela pourra être compensé. Nous comptons d’abord sur les mêmes partenaires qui nous ont toujours accompagnés, les enseignants bénévoles, vacataires et prestataires qui vont continuer à remplir leur office.
On appellera aussi d’autres vacataires parmi les agents de l’Etat, tous les cadres enseignants qui ont quitté les salles de classes pour venir renforcer leurs collègues qui sont sur le terrain, afin d’accomplir leur acte pédagogique. Dans cette même optique, nous sommes prêts à rappeler les seniors, ceux qui ont fait valoir leurs droits à la retraite qui pensent qu’ils peuvent rendre des services. Ils seront également rappelés, après un bain pédagogique.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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28 octobre 2020, 01: 13

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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