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Anatole Collinet Makosso, ministre de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation : «Ce qui compte, pour nous, c’est d’accompagner nos élèves jusqu’aux examens»

Anatole Collinet Makosso, ministre de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation : «Ce qui compte, pour nous, c’est d’accompagner nos élèves jusqu’aux examens»

Comme de tradition, à l’orée des examens d’Etat, le ministre de l’enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, a entrepris des visites dans les établissements scolaires, pour s’imprégner du niveau d’avancement des programmes d’enseignement et jauger le moral des élèves. C’est dans cette perspective qu’il a visité, le 12 juin 2020, les deux établissements scolaires (Primaire, collège et le lycée) du nouveau quartier de la commune de Kintélé (Département du Pool), appelé «Mille logements» qui abrite les sinistrés des explosions de Mpila.

Dans le contexte de la crise sanitaire que traverse le Congo, il a exhorté les élèves au respect scrupuleux des gestes barrières pour que l’année scolaire s’achève en beauté. Au terme de sa visite, il a présenté la situation de l’école congolaise à un mois du premier examen qu’est le C.e.p.e (Certificat d’études primaires élémentaires).

* Monsieur le ministre, peut-on connaître les raisons de votre descente dans les établissements scolaires de Kintélé?
** Deux choses principalement: la première, c’est une activité routinière au Ministère de l’enseignement. Vous savez qu’à la veille des examens d’Etat, habituellement, nous faisons la ronde des établissements scolaires dans les départements, pour nous enquérir de la situation d’avancement des programmes. Donc, ce que nous faisons aujourd’hui obéit à la même logique. La deuxième, s’agissant de Kintélé, commune qui a un statut tout à fait particulier de par sa proximité avec Brazzaville, quoi que relevant du Département du Pool, il était important, pour nous, de venir nous assurer de ce que les mesures sanitaires prises par le gouvernement, pour la zone 1, Brazzaville et Pointe-Noire, avaient aussi été prises pour Kintélé. Il faut craindre que le niveau de propagation de la maladie à Brazzaville puisse avoir des effets immédiats et rapides sur Kintélé. C’est pour cette raison que nous avons tout fait, dans le cadre de la gestion du protocole sanitaire, de rattacher Kintélé à la zone 1, pour mettre les enseignants, les élèves et la population, à l’abri de la menace galopante dans la zone 1.

* Parlant des mesures barrières contre la covid-19 et l’avancement des programmes, quelle appréciation en faites-vous?
** Nous nous réjouissons de ce que les dispositions du protocole sanitaire sont bien effectives dans la commune de Kintélé. Comme je l’ai dit, la gestion de ce protocole pour Kintélé obéit aux normes que nous avons édictées en interministériel pour la zone 1. Comme vous le constatez, nous avons doté tous les établissements scolaires de la zone 1, Brazzaville et Pointe-Noire, des cubitainers, des gels hydroalcooliques, etc. Cette mesure préventive n’était pas encore effective dans la zone 2 où la maladie ne frappe pas au même rythme que dans la zone 1. Mais, Kintélé étant dans une situation particulière, nous sommes heureux de constater que les mêmes dispositions que nous avons prises pour la zone 1 sont aussi effectives à Kintélé.
Au plan d’avancement des programmes, nous sommes aussi heureux de le constater, les élèves l’ont témoigné. Le travail se fait normalement, il est facilité par les fascicules mis à leur disposition. Ce qui fait que d’ici à la fin de ce mois, ils pourraient achever tous les programmes tels que prévu par le Ministère dans la circulaire adressée aux chefs d’établissements et aux inspecteurs pédagogiques. Le volume horaire est respecté, les notions à acquérir sont maîtrisées, les apprentissages sont consolidés, nous pensons qu’il n’y a aucune difficulté à ce qu’avant la fin de ce mois, les élèves soient prêts à affronter les évaluations certificatives qui interviendront à partir du 14 juillet.

* Au sujet des cours polycopiés, nous aurions appris que dans certaines localités, à Ignié par exemple, tous les élèves ne sont pas en possession de ces fascicules?
** C’est possible! Ce que je peux simplement noter, c’est le changement de paradigme. Hier, ces cours polycopiés n’étaient d’aucune importance, parce que les mêmes voix qui s’élèvent aujourd’hui ont combattu l’approche pédagogique. Aujourd’hui, ces cours deviennent importants, au point où on les revendique. Donc, ça ne peut que réconforter les inspecteurs pédagogiques qui ont fait ce travail et qui sont heureux de savoir que, finalement, ce travail n’était pas mauvais.
Nous pouvons vous garantir que tous les établissements scolaires du pays ont été dotés de cours. Il peut y avoir que dans un établissement, il en manque deux ou trois. Le gouvernement corrige, au fur et à mesure. Malgré le fait que nous avons conçu les documents en fonction des candidats, je tiens toujours à vous rappeler que nous avons près de 300 mille candidats. Il peut arriver que, dans un établissement, il en manque 10 voire 15. Cela ne doit pas faire l’objet de perturbation ou d’agitation. Ça se corrige et cela peut se faire sans bruit. Nous avons vu un collègue dans le Département des Plateaux qui a constaté que dans un établissement, il y avait des élèves qui n’en avaient pas. Il a fait faire des photocopies surplace et lorsque nous avons envoyé le lot à compléter, les élèves les avaient déjà. Il n’a pas fait du bruit.
Nous avons eu des cadres des différents départements qui ont appuyé les efforts du gouvernement, en donnant aux établissements des équipements de pulvérisation. Nous avons vu des élus, avant la réouverture des classes, organiser des campagnes d’assainissement des écoles, ils l’ont fait sans bruit. Nous en avons vu qui ont observé la circulaire du ministère, qui avaient des dons à faire, ils sont partis les remettre dans les inspections, en présence des autorités politico-administratives, et ces équipements sont arrivés dans les établissements.

* Les dons de kits de protection, en cette période de crise sanitaire, s’avèrent importants. Or, nous avons appris que vous interdisez aux particuliers de faire des dons dans les écoles?
** Vous avez vu ma présence ici. Cela a même déjà dû déranger les élèves, encore que je viens pour m’assurer de ce qu’au plan pédagogique, les choses avancent comme nous le faisons habituellement. Premièrement, si nous donnons la possibilité aux acteurs d’investir les établissements scolaires, je ne sais pas si les cours se dérouleront normalement. Deuxièmement, il n’est pas interdit aux personnes de bonne volonté d’apporter leurs aides. Nous avons simplement défini un cadre. Je vous ai dit qu’il y a des acteurs qui sont partis donner des dons dans les inspections. Ils ont convié la presse, puisqu’on a parfois besoin d’être vu, je le concède. Mais, on n’a pas forcément besoin d’aller dans les écoles. On peut amener toute la presse dans les inspections, devant l’autorité locale, sanitaire et faire don de tels équipements aux écoles de sa localité, il n’y a aucun problème. Cela a la même valeur, puisque ç’arrivera toujours!
L’autre chose qu’il faut craindre: nous sommes ici à Kintélé, si nous sommes cinq ou six acteurs politiques à vouloir aider nos élèves de Kintélé, vous ne favoriserez pas l’un et délaisser l’autre, ça veut dire que tous viendront. Est-ce que Kintélé aura besoin d’autant de dons, alors que quelque part, peut-être à Brazzaville ou à Kinkala dans le Pool, à Ignié, on aura besoin du même matériel? C’est une question de rationalité, dans une société où il y en a qui sont rationnels et d’autres qui ne le sont pas. Il y a ceux qui sont décidés à violer l’interdit, vous n’y pouvez rien! Ils feront comme ils peuvent. Ce qui compte, pour nous, c’est d’accompagner nos élèves jusqu’aux examens et que leurs cours ne soient pas perturbés.

* A propos du programme de continuité pédagogique engagé en période de crise, quel bilan faites-vous de cette expérience?
** Les inspecteurs sont en train de capitaliser cela et ils produiront leur rapport le moment venu. Ils le mettront à la disposition de la communauté éducative, des parents d’élèves et des autorités nationales.

Propos recueillis par Urbain NZABANI

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25 octobre 2020, 00: 51

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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