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Analyse : Clochards, sans domicile fixe et enfants de la rue

Analyse : Clochards, sans domicile fixe et enfants de la rue

L’euphorie de célébrer les 60 ans de l’indépendance de notre pays nous a occulté la présence des clochards ou des «sans-domicile-fixe» et «des enfants de la rue» dans notre pays. Nous feignons d’ignorer ce phénomène grandissant. La cause est que l’esprit de solidarité et de fraternité d’antan au sein de nos familles n’existe plus. Il y avait toujours quelqu’un pour accueillir tout membre de la famille en détresse, malade ou empêtré dans de mauvaises situations. Malheureusement, l’on voit actuellement de pauvres gens dormir dans les marchés et errer dans les différents grands ronds-points.

C’est triste que l’on soit arrivé là, dans notre pays où il n’y a jamais eu des «dépotoirs» de personnes. Nos mentalités ont changé en mal en ce début du 21ème siècle. Nous sommes devenus de plus en plus égoïstes.
Quant aux causes du phénomène des «enfants de la rue», elles sont entre autres, la paupérisation des familles, les crises et conflits armés dans notre pays, les violences et les maltraitances, la crise de l’autorité parentale et la sorcellerie. Par conséquent, les enfants sans contact avec les parents, abandonnés à eux-mêmes et qui, entre temps, n’ont pas eu la chance d’être recueillis dans des orphelinats comme celui de la révérende sœur Marie Brigitte Yengo, deviennent des vagabonds errant par ci et par là, vivant de mendicité.
Une «ex-enfant de la rue» de Kinshasa en parle dans son livre, «Survivre pour voir ce jour», en ces termes: «Depuis plusieurs années, la misère, le désœuvrement et l’irresponsabilité de certains parents ont jeté des milliers d’enfants dans les rues de Kinshasa. L’accusation de sorcellerie est bien souvent l’élément déclencheur. Pour vivre, la plupart font de petits boulots, certains mendient et doivent se prostituer. D’autres sont organisés en bandes organisées que l’on appelle les Kulunas. Ils sèment la terreur dans les quartiers, en arrachant téléphones portables, bijoux et sacs à main des passants. Incarnation des plus miséreux parmi les miséreux, ils suscitent la méfiance et la colère des habitants».
Ce que dit Rachel Mwanza à propos des «enfants de la rue» de Kinshasa est aussi valable pour nos «enfants de la rue» au Congo-Brazzaville. C’est vrai et triste. J’espère que notre gouvernement ne ménagera aucun effort pour enrayer ce phénomène, en appuyant les O.n.gs qui y travaillent déjà. Sinon, nos «enfants de la rue», quand ils auront grandi, seront, cela va sans dire, des personnes constamment dans le besoin; des personnes qui n’auraient pas d’autre choix que de sombrer dans la criminalité. Elles ne pourront plus vivre honnêtement, car pour beaucoup d’individus qui sont au bas de l’échelle, vivre honnêtement apparaît impossible. Il faut faire quelque chose d’urgence. Les enfants sont comme une plante; il faut les entretenir avec suffisamment d’attention et beaucoup de patience. À ce propos, Saint Jean-Paul II disait: «Une communauté qui refuse les enfants, qui les marginalise ou qui les plonge dans des situations sans espoir ne pourra jamais connaître la paix». Comprenne qui pourra. J’ai dit.

Dieudonné ANTOINE-GANGA.

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l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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25 novembre 2020, 15: 01

L’editorial de la redaction

IL NE FAUT PAS PÉNALISER LES GÉNÉRATIONS FUTURES

On a hérité de la période de vaches grasses, quand les budgets de l’Etat étaient excédentaires grâce à la manne pétrolière (2004 à 2014), des habitudes qui, aujourd’hui où l’on gère les vaches maigres, risquent de pénaliser les générations futures, en raison des ardoises qu’accumule l’Etat chaque année. On pourrait alors se retrouver en porte à faux avec le principe de l’équité intergénérationelle.

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