L’ambassade de France a organisé, mardi 14 décembre 2021, à la Case de Gaulle, la résidence de l’ambassadeur français, à Brazzaville, une réception en l’honneur des journalistes bénéficiaires d’un programme de visite des médias français en France. C’était en présence de Thierry Moungalla, ministre de la communication et des médias, de quelques hauts-conseillers (membres du Conseil supérieur de la liberté de communication), des responsables d’organes de presse publics et privés, ainsi que des journalistes et ceux qui sont en formation. Dans l’allocution qu’il a prononcée à cette occasion, l’ambassadeur de France, François Barateau, a magnifié la liberté de la presse, car une presse libre, indépendante et compétente assure démocratie et le développement.

Dans son allocution, le diplomate français a tout d’abord mis en exergue l’appui du gouvernement de son pays aux journalistes congolais. «Le renforcement des capacités des hommes est l’un des meilleurs moyens de lutter contre ce tumulte propice à tous les excès. Au Congo aussi, la France s’efforce, avec sérieux et loyauté, d’œuvrer en ce sens dans l’intérêt de tous», a-t-il indiqué.
Au mois de novembre dernier, six journalistes congolais ont en effet participé à un programme de visite d’une semaine de médias français en France, financé par le gouvernement français. Histoire d’échanger leur expérience au sein des plus grandes rédactions et écoles françaises de journalisme. L’ambassade de France a aussi lancé, le vendredi 26 novembre, une formation à distance, en lien avec l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, au profit de quinze journalistes et communicants congolais. Cette formation s’achève cette semaine.
Pour François Barateau, «ce double appui simultanément apporté au renforcement des capacités des journalistes traduit l’engagement de la France pour l’amélioration durable de la gouvernance publique au Congo. En œuvrant en faveur des médias, elle contribue à renforcer la démocratie. Il n’y a pas de véritable démocratie sans une presse libre et indépendante».
Parlant des difficultés de la presse, il a souligné que l’on touchait là à un sujet de préoccupation sensible, celui du financement de la presse. «Je n’ai naturellement pas de solutions «miracle», mais il me semble raisonnable de penser que l’engagement de l’Etat, dans la mesure de ses moyens, à garantir un minimum vital de financement aux organes de presse responsables, respectueux du cadre légal, quelle que soit leur ligne éditoriale, doit pouvoir aider à préserver la liberté de pensée qui est l’oxygène de la démocratie». François Barateau a souligné qu’«à l’instar de la démocratie, la liberté de la presse est un combat permanent».
Dans une interview, en marge de la cérémonie, Thierry Moungalla, qui prévoit une réforme de la Rav (Redevance audiovisuelle), pour financer la presse, a pris l’engagement d’assurer la formation des journalistes en 2022. «En cette période d’évolution accélérée, du fait des technologies, de la mondialisation, les conditions d’exercice de votre métier de journaliste, toutes les actions de formation sont les bienvenues. Le gouvernement remercie l’ambassade de France pour l’initiative qui a été prise. C’est vrai qu’avec la pandémie, une partie de la formation est faite en version visioconférence plutôt qu’en présentielle. Mais, il s’agit là d’une action extrêmement importante et positive. D’ailleurs, le gouvernement, dans la loi de finances de 2022 qui arrive, a apporté un accent particulier sur les questions de formation», a-t-il déclaré.

Martin
BALOUATA-MALEKA