Président de la Coopérative agro-pastorale Ya Dïyi, le sénateur Juste Justin Goma Gabou, membre de la Commission défense et sécurité du sénat, est un apiculteur qui rêve de faire du Congo un pays producteur et exportateur du miel. Administrateur en économie et affaires sociales de formation, il a fait de sa coopérative un lieu de formation à l’apiculture. Au cours d’une conférence de presse organisée le vendredi 12 novembre 2021 au Musée africain, à Pointe-Noire, il a exhorté ses concitoyens «à s’approprier cette culture aux cotés de celles de la banane, du manioc, de l’arachide…», déjà répandues dans le pays. Sous la modération de Chardin Alphonse Nkala, l’apiculteur Juste Justin Goma Gabou a présenté sa brochure de 8 pages intitulée: «L’élevage de l’abeille africaine ou apiculture en République du Congo».

L’apiculture ou l’élevage des abeilles est une filière peu connue et peu pratiquée au Congo. Pourtant, un gisement de produits écologiques renouvelables dans le cadre de la diversification d’une économie à forte dépendance pétrolière, existe. «Le plan de développement de la filière apicole 2019-2024 de la Coopérative Ya Dïyi traduit la vision de ses responsables de contribuer à hisser le Congo au rang des pays africains producteurs et exportateurs de miel. En raison de son caractère innovant dans notre pays, ce plan concentre son attention sur trois axes prioritaires, à savoir: «la formation, le renforcement des capacités et la communication», a indiqué, Juste Justin Goma Gabou.
«Sur cette lancée, la coopérative s’est engagée dans une série d’actions et d’activités jugées prioritaires. Certaines sont en cours d’exécution, d’autres le seront dans un avenir relativement proche. Il s’agit entre autres, de la participation, de la protection, de l’environnement; l’installation d’une usine d’installation des ruches; la création d’une école de formation en apiculture professionnelle; l’obtention d’une certification…».
Suivant les questions qui ont été posées et qui témoignent de l’intérêt que suscite l’élevage des abeilles, Juste-Justin Goma Gabou a expliqué que cette culture n’est pas répandue dans le pays. Les Congolais mangent le miel mais ils ne s’intéressent pas nombreux à l’apiculture. «On peut partir de Brazzaville à Nganga-Lingolo et du Port de Pointe-Noire jusqu’à Vindoulou, vous interrogerez cent personnes, vous aurez 90 personnes qui ne sauront pas ce que c’est que l’apiculture. Certains vont la confondre à la pisciculture. Ici, il s’agit de l’apiculture, c’est-à-dire la culture des abeilles». D’où l’idée de publier une brochure, «qui est une invite des Congolais et une interpellation de la conscience collective de la population congolaise, parce que l’apiculture est noble et c’est une activité génératrice de revenus. Dites-moi, le pétrole est un produit tarissable. Mais, le miel est un produit écologique renouvelable. Il n’est pas seul comme produit de la ruche. A côté du miel, il y a la cire, la propolis, la gelée royale et le venin d’abeilles. J’invite les Congolais à pratiquer l’apiculture»
Selon lui, «la coopérative s’est engagée depuis sa création dans la préservation de l’environnement à travers l’élevage de l’abeille africaine, en raison de son rôle implacable de pollinisateur. La ruche, premier instrument de travail de l’apiculteur et l’habitat idéal des abeilles, a constitué la préoccupation principale pour son approvisionnement. Quasi inexistante sur le marché national, tout comme les autres matériels apicoles», il a fallu mettre en place «une usine de fabrication des ruches d’une capacité de production d’environ 30 ruches par jour. Ce qui facilite la disponibilité de la ruche sur le marché congolais. A ce jour, la coopérative compte 2000 ruches à son actif». En ce qui concerne le piégeage, elle compte à ce jour 1000 ruches piégées pour un ratio de près de 450 ruches colonisées dans les Départements du Kouilou, de la Bouenza, la Likouala, la Sangha et du Pool. Son objectif est d’étendre cette activité dans les autres départements.
La coopérative est sensible à la question du genre. «Ainsi, des femmes et des jeunes filles formées dans son centre sont actuellement opérationnelles dans les secteurs que compte l’apiculture, notamment la fabrication des ruches, la création des ruchers, le piégeage, le suivi, la récolte et l’extraction de miel», a-t-il affirmé. Pour garantir la qualité de ses produits, «la coopérative a décidé de s’engager dans un processus d’obtention de certification des produits de ses ruches», a-t-il confié.
Le sénateur apiculteur justifie aussi son projet par l’interpellation du Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, qui, dans son projet de société, «Ensemble, poursuivons la marche», a consacré une grande place à l’agriculture, en écrivant, «il est impérieux de lancer, dès 2021, un grand programme de développement de l’agriculture au sens large. Aussi, il s’agira principalement de restaurer et de préserver les écosystèmes, de gérer de façon durable les ressources naturelles, de lutter contre la désertification, d’enrayer le processus de dégradation des sols et de mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité». Pour le vénérable Goma Gabou, «le miel, c’est l’or jaune d’aujourd’hui et de demain après le pétrole. C’est la première richesse de Cuba. Donc, n’hésitons pas à nous lancer l’apiculture», a-t-il lancé.

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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