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Afrique de l’Ouest : Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé le remplacement du franc Cfa par l’éco

Afrique de l’Ouest : Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé le remplacement du franc Cfa par l’éco

L’Afrique de l’Ouest a tourné la page du franc Cfa. La nouvelle monnaie instituée s’appelle «éco». L’annonce en a été faite par les Présidents français Emmanuel Macron et ivoirien Alassane Dramane Ouattara, lors d’une conférence de presse conjointe, lundi 21 décembre 2019, à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

La nouvelle monnaie, qui sera en circulation à partir de juillet 2020, concerne pour l’instant les huit pays de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine) que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Mais, dès son annonce, la nouvelle monnaie fait déjà l’objet de critiques, car la réforme qui l’instaure ne traduit pas, aux yeux de certains Africains, la rupture du cordon ombilical entre la France et ses ex-colonies.

Critiqué parfois de manière virulente pour être le symbole de la main-mise de la France sur les économies de ses anciennes colonies, le franc Cfa qui disparaît dans l’une des zones où il était institué est le nom de deux monnaies utilisées par 14 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Depuis 1945, les deux zones monétaires africaines étaient liées à la France par des accords instituant un système où l’ex-métropole, en qualité de co-gestionnaire, garantissait la parité fixe des deux monnaies en contre-partie du dépôt de 50% de leurs réserves de change au Trésor français. «C’est en entendant votre jeunesse que j’ai voulu engager cette réforme. Le Franc Cfa cristallise de nombreuses critiques et de nombreux débats sur la France en Afrique. J’ai entendu les critiques, je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation qu’elle juge postcoloniale. Donc, rompons les amarres», a déclaré Emmanuel Macron, pour expliquer l’institution de la nouvelle monnaie, l’éco. En somme, la France en avait marre d’être accusée de faire main basse sur les économies de ses anciennes colonies à travers le système du franc Cfa qu’elle a ardemment souhaité réformer ce système monétaire. Le nom de franc Cfa étant déjà un grand symbole qui traduisait la survivance du colonialisme.
Il faut dire que l’éco est un vieux projet de monnaie unique de la Cedeao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) existant depuis 1960. Les remous politiques n’avaient pas permis de conduire ce projet jusqu’à sa réalisation. Ce n’est qu’à partir des années deux mille qu’il a été sérieusement repris. Son introduction au sein de la Cedeao avait été initialement prévue en 2009, puis en 2015. La France a saisi l’opportunité de ce projet pour abolir le franc Cfa, face à la contestation grandissante qu’il suscitait. N’eussent été ces critiques, il y avait, dans les années deux mille, un projet concurrentiel prévoyant l’extension du franc Cfa aux autres pays de la Cedeao, à commencer par le Nigéria.
L’éco va finalement prendre corps à partir des pays de l’Uemoa, pour s’étendre ensuite à ceux de la Cedeao. Bref, la France a imposé son agenda en Afrique de l’Ouest en ce qui concerne la monnaie unique, pour ne pas perdre sa position de partenaire privilégié face la concurrence de la Chine et des Etats-Unis. Le changement de nom, qui est déjà un grand symbole de rupture, s’accompagne de deux importantes réformes techniques: la suppression du compte d’opération à la Banque de France et donc les Etats de l’Uemoa n’ont plus l’obligation d’y déposer les 50% de leurs réserves de change, et la suppression des sièges des représentants français dans les trois instances dirigeantes de la monnaie dont la Bceao (Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest). Les Ouest-africains vont donc gérer leur monnaie sans ingérence française.
Par contre, l’éco, dont les billets seront imprimés en France, est toujours indexé à l’euro par une parité fixe, tandis que la France est toujours là pour voler au secours de la monnaie africaine, en cas de crise grave, pour intervenir. C’est dire que Paris a toujours l’œil sur le système monétaire africain, pour se garantir une relation économique privilégiée.
L’Afrique centrale ne semble pas encore concernée par ce mouvement de réforme du système monétaire. Dans l’opinion, le débat existe déjà sur la sortie du franc Cfa. Lors du dernier sommet de la Cemac (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale), le 22 novembre 2019 à Yaoundé (Cameroun), les Chefs d’Etat et de gouvernement ont simplement engagé une réflexion approfondie sur les conditions et le cadre d’une nouvelle coopération monétaire. Ils ont institué une commission chargée de proposer, dans des délais raisonnables, un schéma approprié conduisant à l’évolution de la monnaie commune. C’est dire qu’en Afrique centrale, la mort du franc Cfa n’est pas encore pour demain.

Narcisse MAVOUNGOU

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25 octobre 2020, 00: 16

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