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A.r.p.c.e (Agence de régulation des postes et des communications électroniques) : Louis Marc Sakala, «déterminé à poursuivre l’œuvre gigantesque de son prédécesseur»

A.r.p.c.e (Agence de régulation des postes et des communications électroniques) : Louis Marc Sakala, «déterminé à poursuivre l’œuvre gigantesque de son prédécesseur»

Dans une salle aménagée pour la circonstance et ornée aux couleurs de l’entreprise dont il a, désormais, la charge de présider aux destinées pendant quatre ans, d’après le droit Ohada, Louis Marc Sakala, directeur général de l’A.r.p.c.e (Agence de régulation des postes et des communications électroniques) était, mercredi 8 juillet 2020, face à des journalistes représentant quatre médias nationaux de presse écrite (L’Horizon Africain, Le Patriote, Les Dépêches de Brazzaville et La Semaine Africaine), pour une interview relative à ses cent jours d’exercice depuis sa nomination à la tête de cette agence.

Sans détours et sans langue de bois, il a répondu aux questions des journalistes et se dit «déterminé à poursuivre l’œuvre gigantesque amorcée par son prédécesseur, dans un esprit de continuité». Interview!

* Monsieur le directeur général, votre nomination à la tête de l’A.r.p.c.e est intervenue à un moment trouble, avec notamment la pandémie due au coronavirus et ses effets. Trois mois après votre prise de fonction, pouvez-vous nous dire comment se comporte le marché des postes et des communications électroniques et quelles sont les actions que vous avez menées dans les secteurs régulés?

** Merci, Monsieur le journaliste! Effectivement, il faut souligner que ma nomination est intervenue dans un contexte très complexe, dominé par la pandémie de coronavirus. Aujourd’hui, cette pandémie a frappé notre pays et la crise sanitaire a eu un impact dans le secteur des communications électroniques.
Je rencontre des personnes qui me disent que les opérateurs de téléphonie mobile ont encaissé beaucoup d’argent pendant le confinement. Je souris, lorsque j’entends cela. Non! La covid-19 a frappé le secteur des communications électroniques, en commençant par la Chine et a entrainé la fermeture des frontières jusqu’à empêcher les plus grands consommateurs de carburant à se mouvoir et cela représente 14 à 15% de carburant dans le monde. La crise pétrolière que nous avons vue n’a pas épargné notre pays qui est producteur de pétrole.
Cette crise sanitaire a fait de telle sorte que les emplois soient également menacés. D’ailleurs, plusieurs de nos compatriotes ont perdu leurs emplois. Lorsqu’il y a perte d’emplois, nous assistons au blocage de l’économie. A ce moment-là, le citoyen ne peut pas recharger son téléphone comme à l’accoutumée, parce que celui-ci est aussi frappé par la crise, ce qui réduit les besoins de consommation. Automatiquement, les opérateurs de téléphonie mobile ressentent cette crise, parce qu’ils se rémunèrent sur les communications.
La pandémie a touché le secteur des communications électroniques, mais elle a permis aussi de faire un état, pour savoir si notre secteur était bien portant. D’où les réunions qui se font sur visioconférence et qui démontrent la fiabilité de notre connexion Internet. Toutes ces technologies nous permettent de nous assurer si les différentes plateformes qui existent fonctionnent et assurent bien le relais communicationnel, par rapport à la capacité technique disponible.
Il faut une bonne communication pour pouvoir sécuriser tout ce que nous faisons. Les grandes actions sont celles qui consistent à sécuriser le marché. Le secteur des communications électroniques n’est pas en dehors des autres secteurs qui représentent les activités économiques d’un pays. Parce que tout le monde veut avoir un téléphone pour communiquer. Alors, quand le pays est frappé par une crise, le secteur des communications électroniques est aussi touché. Pour cela, le premier engagement, en tant que régulateur, c’est de sécuriser le marché. Plusieurs entreprises, à travers le monde, sont en train de jeter la clé sous le paillasson. Nous ne sommes pas à l’abri. Notre préoccupation, c’est que nos entreprises traversent cette période avec moins de choc possible, parce que nous sommes là pour veiller sur la qualité de service et sécuriser le marché, afin que tout le monde soit satisfait, en commençant par l’Etat, les opérateurs, sans oublier les consommateurs.

* Lors de votre prise de fonction, vous exprimiez la volonté de poursuivre l’œuvre de votre prédécesseur. C’est dans cette logique que s’inscrit votre mandat. Etes-vous sur la bonne voie? Si oui, quels sont les éléments qui témoignent de votre démarche?

** La continuité dans le changement ou le changement dans la continuité est notre envie d’aller plus loin. Je tiens à louer l’action de mon prédécesseur, le directeur général Yves Castanou, pour le travail qui a été fait. Quand on parle de changement, cela ne veut pas dire qu’il y avait de mauvaises choses. Non! C’est la poursuite de l’amélioration en continu. L’acte détecteur dans ce secteur n’est pas institué par nous. Il est plutôt fixé par ce que l’on appelle les détecteurs et les technologies. En effet, les technologies avancent à une certaine vitesse et les opérateurs sont contraints de s’aligner derrière les technologies, pour faire avancer le secteur.
Dans d’autres pays, les constructeurs parlent de la 5G et nous sommes obligés de parler de la 5G, quitte à nous préparer à cela. Le changement dans la continuité, c’est poursuivre ce qui avait été amorcé, c’est-à-dire amener le Congo parmi les leaders de communications électroniques en Afrique. Comme je le dis souvent aux directeurs centraux, ce travail commence par la copie. Nous devons copier aux autres, pour voir qu’est-ce que nous faisons et qu’est-ce que nous ne faisons pas encore. Nous allons corriger nos erreurs et améliorer certaines prestations.
Quand on a des opérateurs qui fonctionnent encore, cela revient à dire qu’il y a un secteur de communications électroniques qui est en activité. Nous pouvons également souligner qu’il y a beaucoup de projets, hormis les missions régaliennes que le législateur nous adjoint à travers la loi des finances 2019-2020. Certains projets ont déjà vu le jour. La première phase a commencé la mise en place de l’«e-timbre» et «e-tax» au niveau des impôts et suit son cours, et nous allons entamer la seconde phase, à partir du mois d’août, avec les banques. Il y a des projets avec le Ministère des finances, dans le cadre des transferts de fonds et la Direction générale des impôts et des domaines. Nous continuons à avancer et à travailler.
Concernant le secteur, il y a plusieurs actions que nous menons, afin d’améliorer les transmissions et les infrastructures. Nous avons une seule sortie en fibre optique, le câble sous-marin qui arrive à Matoumbi. Il nous faut un deuxième câble, voire un troisième, pour qu’il s’inscrive dans la vision du Chef de l’Etat qui consiste à vulgariser l’outil numérique d’ici à 2025.
En ce qui concerne les infrastructures, nous avons un bâtiment technique que nous sommes en train de construire à côté, et qui va abriter un data-center et les différentes plateformes du secteur qui pourront y être hébergés. Une façon d’améliorer les conditions de travail des employés de l’A.r.p.c.e. D’autres axes vont se dessiner au fur et à mesure, dans les mois à venir.
Comme tout régulateur, l’A.r.p.c.e ne cesse de faire l’objet d’interpellations par des utilisateurs, toujours aussi critiques qu’acerbes, parce qu’ils estiment que les sociétés de téléphonie mobile n’ont pas un plan tarifaire adéquat concernant certains produits.

* Quelques consommateurs évoquent des ponctions de crédit, l’arnaque sur les comptes Mobile Money et des forfaits Internet aux tarifs farfelus. Ces plaintes vous sont-elles parvenues?

** J’espère que les consommateurs qui nous liront comprendront bien certaines choses. Dans les statuts de l’A.r.p.c.e, il est écrit, noir sur blanc, que l’A.r.p.c.e ne fixe pas les prix aux consommateurs. Il faudrait que cela soit clair. Notre entreprise encadre les prix et elles les contrôlent. Ce qui veut dire que nous avons pour mission de dire à un opérateur: «Nous t’autorisons tel service». Mais, le prix du service sera fixé par l’opérateur. Le prix d’un opérateur dépend de la concurrence qu’il y a sur le marché. Nous faisons ce que la loi nous demande de faire, mais le marché de la concurrence régule lui-même les prix. Nous veillons à un barème en dessous duquel les opérateurs ne doivent pas descendre. Notre travail, c’est de tenir compte de tout ce qui rentre en ligne de compte, pour permettre à un consommateur de jouir de tel ou tel service. C’est par rapport à cela que les prix sont fixés. Les opérateurs sont libres de fixer les prix qu’ils veulent. Le but d’un opérateur n’est pas que le client ne consomme pas, mais plutôt qu’il consomme beaucoup. C’est pour cela qu’il doit y avoir des tarifs bas, afin d’inciter à la consommation.
Concernant l’arnaque, là aussi, c’est une question de loi. Nous travaillons en synergie avec la police, pour dénicher l’arnaque au niveau de Mobile Money ou Airtel Money. Nous donnons toutes les informations nécessaires pour pouvoir interpeller les personnes qui se livrent à cette sale besogne. Je demande aux opérateurs de faire la sensibilisation sur cette question. Pareil sur les forfaits Internet.

* Dans la même veine, Monsieur le directeur général, sur les réseaux sociaux, les consommateurs se plaignent et le régulateur que vous êtes est souvent traité de complaisant envers les opérateurs. Votre réaction?

** Nous sommes traités de complaisant! Nous l’assumons. Aujourd’hui, lorsque les communications électroniques sont très basses, les opérateurs nous traitent de complaisant. Il y a des plaintes, c’est vrai et nous les enregistrons. Il y a des plaintes dans lesquelles nous pouvons intervenir, par exemple celles des merchants qui travaillent dans le Mobile Money et qui ont vu leurs commissions baisser. Nous n’avons pas mandat de nous immiscer dans cette affaire entre M.t.n et ses merchants qui sont en contrat avec cette société. Nous ne pouvons pas nous intéresser à ces différentes connexions entre opérateurs, parce que ce sont des contrats internes. Nous avons un numéro vert que tout le monde peut appeler, le 50 50. Nous allons travailler au traitement de ces dossiers, afin d’assainir les relations entre partenaires.

* Vous faites allusion aux mécontentements des merchants de Mobile money qui ont vu leurs commissions baisser. Ainsi, les frais de commissions sont ramenés à 0,4%, au lieu de 1%, comme prévu avant. Quelle est la responsabilité de l’A.r.p.c.e dans ce processus?

** La responsabilité de l’A.r.p.c.e n’est pas engagée dans le contrat entre l’opérateur, M.t.n, et ses revendeurs. Lorsque l’opérateur M.t.n et ses revendeurs signent leur contrat, le régulateur n’est pas intéressé et ne peut être associé. Aujourd’hui, lorsqu’il se pose un problème d’identification d’une carte Sim, ce n’est pas au siège de l’opérateur qu’il faut revendiquer, mais plutôt auprès du revendeur. Qui sanctionnons-nous? Ce n’est pas le revendeur, mais plutôt l’opérateur qui a le mandat. De la même manière, lorsqu’ils ont des contrats entre eux, nous n’intervenons pas, parce que si M.t.n décide de ne pas respecter les clauses du contrat, le revendeur se doit de porter plainte.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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25 novembre 2020, 14: 20

L’editorial de la redaction

IL NE FAUT PAS PÉNALISER LES GÉNÉRATIONS FUTURES

On a hérité de la période de vaches grasses, quand les budgets de l’Etat étaient excédentaires grâce à la manne pétrolière (2004 à 2014), des habitudes qui, aujourd’hui où l’on gère les vaches maigres, risquent de pénaliser les générations futures, en raison des ardoises qu’accumule l’Etat chaque année. On pourrait alors se retrouver en porte à faux avec le principe de l’équité intergénérationelle.

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