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A.r.d (Alliance pour la république et la démocratie) : Appel au parlement à ne pas ratifier quatre des huit accords signés avec le Rwanda

Dans une lettre ouverte aux présidents du sénat et de l’assemblée nationale, signée le 26 avril 2022, Mathias Dzon, président de la conférence des présidents de l’A.r.d (Alliance pour la république et la démocratie), une plateforme d’opposition, demande au parlement congolais de ne pas ratifier quatre des huit accords signés par le Congo avec le Rwanda, lors de la visite d’Etat, du 11 au 13 avril, à Brazzaville, du Président rwandais, Paul Kagame. Après avoir présenté les arguments qui justifient, à ses yeux, son appel au parlement de ne pas ratifier les quatre accords incriminés par l’A.r.d, Mathias Dzon «appelle le parlement congolais, à faire preuve de patriotisme, à ne pas trahir la Nation et à remplir son office en garantissant la souveraineté inaliénable du peuple congolais sur toutes les richesses et les ressources nationales et en protégeant le Congo et son patrimoine contre toutes les visées expansionnistes et prédatrices de certains partenaires habillés en peaux d’agneau». Les quatre accords indexés sont les suivants:
– «accord portant cession de 12.000 hectares (120 km2) de terres congolaises au Fonds souverain du Rwanda, représenté par l’entreprise Chrystal Ventures;
– accord portant cession de la Zone économique spéciale de Malouku à l’entreprise Chrystal Ventures;
– accord portant exploitation minière;
– accord de défense entre le Congo et le Rwanda».
«En nous fondant sur la réputation sulfureuse de certains Etats de la sous-région d’Afrique centrale, nous sommes effrayés par la cession de 12.000 hectares de terres congolaises au Fonds souverain rwandais, sous le couvert de l’entreprise Chrystal Ventures, surtout en ce moment où le Rwanda vient de signer avec la Grande-Bretagne, un accord aux termes desquels il accueillera tous les indésirables expulsés d’Angleterre, moyennant 150 millions de dollars chaque année pendant 5 ans», expliquent les dirigeants de l’A.r.d, dans leur lettre ouverte. Ils vont même plus loin, en craignant que «les 12 mille hectares de terres congolaises cédées au Rwanda ne servent de base militaire à des supplétifs de l’armée rwandaise et aux indésirables chassés d’Angleterre». Raison pour laquelle ils interpellent «le parlement congolais, afin qu’il ne ratifie pas cet accord néfaste pour le Congo et son peuple, car céder une partie des terres congolaises à un pays dont les visées expansionnistes sont avérées, constitue un abandon de la souveraineté nationale».
A propos de l’accord portant cession de la Zone économique spéciale de Malouku à l’entreprise Chrystal Ventures, ils estiment que «la création des zones économiques spéciales a pour objectif de contribuer à la construction d’une économie congolaise indépendante, forte, diversifiée et résiliente». Ils ne comprennent «donc pas que la Zone économique spéciale de Malouku, construite avec des ressources financières acquises par deux emprunts de la S.n.p.c (pour le compte de l’Etat) auprès de la société suisse Gunvor, pour un montant de 250 millions de dollars et dont les travaux préliminaires ont été réalisés par la société brésilienne Asperbras, soit cédée aujourd’hui aux Fonds souverain rwandais». Raison pour laquelle ils demandent au parlement de ne pas ratifier cet accord.
Sur l’accord portant exploitation minière, les dirigeants de l’A.r.d pensent que le Rwanda n’a pas l’expertise nécessaire pour l’exploitation des mines au Congo. «Quelles sont les mines liquides ou solides visées par l’accord avec le Rwanda? De quelle expertise technique le Rwanda dispose-il en la matière? Ce pays ne veut-il pas, à travers cet accord, servir de simple apporteur d’affaires, moyennant des commissions occultes juteuses?», s’interrogent-ils.
Quant à l’accord de défense entre le Rwanda et le Congo, les dirigeants de l’A.r.d rappelle que «depuis les trois glorieuses journées des 13, 14 et 15 août 1963, toute présence militaire étrangère est strictement interdite sur le sol congolais». Ils appellent donc les parlementaires à ne pas ratifier cet accord.

Jean-Clotaire DIATOU

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