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ven 1 juillet 2022
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A.c.d.d.c (Association congolaise pour la défense des droits des consommateurs) : Pour Dieudonné Moussala, rien ne justifie l’augmentation des prix dans les marchés

Depuis quelque temps, les populations font face à une flambée vertigineuse des prix des denrées alimentaires dans les marchés. Une situation inquiétante qui vient s’ajouter aux difficultés auxquelles elles sont déjà confrontées, au regard de la crise économique que traverse notre pays, dans le contexte de la pandémie de covid-19. Pour Dieudonné Moussala, président de l’A.c.d.d.c (Association congolaise pour la défense des droits des consommateurs) et du R.a.c (Réseau des associations des consommateurs), rien ne peut justifier l’augmentation des prix dans les marchés, durant le premier semestre de l’année en cours. Interview!

* Monsieur le président de l’A.c.d.d.c, quelle est votre appréciation de la situation actuelle des prix dans les marchés?

** Nous pensons qu’il y a comme une attitude des populations qui ne favorise pas la bonne application des textes en vigueur. Le Congo vit d’importation à 95%. Les importations se font, en gros, tous les six mois de chaque année. Nous sommes en avril, cela veut dire que les importations du premier semestre de 2022 courent encore. Donc, les stocks qui sont là ne peuvent pas subir une augmentation des prix. Les techniciens et professionnels du commerce doivent faire des efforts, pour le contrôle des stocks, parce qu’on ne peut pas comprendre que les stocks qui sont là aujourd’hui, connaissent une augmentation vertigineuse des prix. Il n’y a pas de raison objectivement parlant qui puisse faire que l’huile coûte 2500 frs le litre. Il suffit qu’un produit démarre comme ça, cela pourrait faire l’effet de boule de neige, car les autres produits vont suivre. Donc, il faut arrêter cela, en appliquant les textes.

* Comment vous vous y prenez, en tant qu’association des consommateurs, face à cette situation?

** Nous disons qu’il faut faire des projections, pour amener les Congolais à consommer local. Il existe une production locale. Prenant l’exemple du marché Total de Bacongo, il arrive des moments où la tomate et d’autres denrées alimentaires pourrissent et soient jetées. Le problème, c’est qu’on n’a pas des structures habilitées à la conservation, comme les grandes chambres froides, les magasins de stockage, etc. Le Ministère du commerce se doit de maintenir ses missions de contrôle des prix sur le terrain, pour lutter contre cette tendance des prix qui flambent en désordre.

* L’augmentation des prix serait due au conflit armé déclenché par la Russie en Ukraine. Qu’en pensez-vous?

** C’est faux. Les stocks sont encore là et ce n’est pas la guerre en Ukraine qui doit justifier l’augmentation des prix à laquelle on assiste présentement. Ce sont des idées que les gens se font, pour trouver le prétexte à l’augmentation des prix. Les stocks de marchandises qui sont là étaient déjà importés avant le déclenchement de la guerre en Ukraine. Donc, jusqu’au mois de juin, il ne doit pas y avoir augmentation des prix. Autrement, qu’ils nous démontrent que le sucre qu’on a importé début 2022 est déjà fini? Nous savons que ces stocks existent encore et vont prendre fin entre mai et juin. Mais,  il faut craindre que les commerçants fassent la rétention des stocks, pour favoriser la spéculation et augmenter les prix. C’est ce qui se passe en ce moment. Ils prennent le bruit de la guerre en Ukraine, pour traumatiser les populations, en augmentant les prix.

* Que proposez-vous pour que cette situation ne puisse pas perdurer?

** Nous proposons que la production locale soit boostée, en imposant une taxe sur tous les produits alimentaires importés, afin de financer la production locale, pour que celle-ci réponde à la demande. On peut également créer des tarifs spéciaux pour les commerçants locaux, pour que les produits qu’ils vendent ne subissent pas une augmentation exagérée des prix. Par ailleurs, il faut faciliter la circulation des produits locaux, car quand il y a des contrôles de police et de gendarmerie qui taxent systématiquement les transporteurs, les commerçants répercutent ces dépenses sur les prix des denrées alimentaires.

                                                          Propos recueillis par Roland KOULOUNGOU

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