A Brazzaville, le 80ème anniversaire de l’A.f.d (Agence française de développement) a été marqué, jeudi 2 décembre 2021, la date même de création de cette agence, par une cérémonie officielle, à l’I.f.c (Institut français du Congo), sous le patronage de François Barateau, l’ambassadeur de France, en présence du directeur de l’A.f.d Congo, Maurizio Cascioli, de trois membres du gouvernement, Roger Rigobert Andely, (Finances, budget et portefeuille public), Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas (économie, plan, statistique et intégration régionale) et Arlette Soudan Nonault (environnement, développement durable et du Bassin du Congo). Première institution de développement au monde, créée trois ans avant la Banque mondiale, l’A.f.d projette l’avenir à travers une nouvelle vision destinée à promouvoir une action de développement fondée sur le respect, la coopération et la co-construction de solutions durables en faveur des populations, a laissé entendre son directeur pays.

Dans son mot de circonstance, Maurizio Cascioli a retracé l’histoire de l’A.f.d depuis sa création, le 2 décembre 1941, à Londres, en pleine Seconde guerre mondiale. Initiative lancée par le général Charles De Gaulle, leader du Mouvement de la France-Libre, elle s’appelle, à sa création, «Caisse centrale de la France-Libre». Elle est, ensuite, devenue «Caisse centrale de la France d’outre-mer» (C.c.f.o.m), chargée, à cette époque, de contribuer à l’établissement et au financement de plans de développement économique et social portant sur une période de dix ans dans les territoires d’outre-mer, avec comme priorité, la satisfaction des besoins des populations et leur progrès social. Pour mieux remplir son mandat, la caisse met en place son propre dispositif de terrain. Des agences sont ouvertes, en commençant en 1947 par Brazzaville, qui avait joué le rôle de capitale de la France-Libre, pendant la Seconde guerre mondiale.
En 1958, avec les indépendances qui profilent à l’horizon, l’établissement est rebaptisé «Caisse centrale de coopération économique». En 1961, il devient «Centre d’études financières, économiques et bancaires». C’est en 1998, qu’il prend son nom actuel d’«Agence française de développement», en élargissant progressivement son action sociale qui intègre à partir de 2000, les O.m.d (Objectifs du millénaire pour le développement) adoptés par les Nations unies.
Pour sa part, le diplomate français, François Barateau, dans son mot de circonstance, a fait une révélation pour nombre de Congolais. L’A.f.d a une histoire particulière avec Brazzaville qui occupe une part importante dans les relations entre la France et le Congo. «A Brazzaville comme à Paris, la célébration de cet anniversaire est, certes, l’occasion de nous retourner sur ce passé dont nous pouvons être mutuellement fiers, car fondé sur un engagement durable et loyal autant qu’exigeant de la France envers ses partenaires et, en particulier, envers le Congo, avec lequel elle partage une histoire humaine unique, d’une densité exceptionnelle. Ce partenariat de confiance, à la fois renouvelé et consolidé, doit continuer à se construire dans une égalité entre l’ensemble des acteurs impliqués», a-t-il souligné.
Signalons que dans le cadre de cet anniversaire, le directeur général de l’A.f.d, Remy Rioux, a séjourné à Brazzaville, du 5 au 6 décembre. Il a été reçu en audience par le Premier ministre chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso. Il a, ensuite, visité la Galerie Art Brazza, au centre-ville, en compagnie de Marcel Ondélé, vice-président de la B.d.e.a.c (Banque de développement des Etats d’Afrique centrale) et André Collet, directeur général de la B.c.i (Banque commerciale internationale). A cette occasion, il a rencontré les jeunes entrepreneurs du secteur de la culture, du développement, du tourisme, des acteurs de la société civile et des journalistes. Il les a rassurés que l’A.f.d est une institution engagée dans la promotion d’une action de développement axée sur le respect, la coopération et la co-construction de solutions durables avec tous les partenaires, au bénéfice des populations, pour un monde en commun. Après Brazzaville, il s’est rendu à Kinshasa, en traversant le Fleuve Congo. Nous reviendrons sur le partenariat entre l’A.f.d et le Congo dans notre prochaine édition.

Martin
BALOUATA-MALEKA