La H.a.l.c (Haute autorité de lutte contre la corruption) que dirige Emmanuel Olitta Ondongo a fait une déclaration à son siège situé dans le premier arrondissement Makélékélé, à Brazzaville, à l’occasion de la 6ème édition de la journée africaine de lutte contre la corruption, célébrée le 11 juillet de chaque année. Cette année, cette journée, célébrée sous le thème: «Stratégies et mécanismes pour la gestion transparente des fonds de lutte contre le covid-19», est tombée alors que le Congo a gagné trois places dans le classement de l’indice de perception de la corruption de Transparency international. Dans sa déclaration, la H.a.l.c s’en réjouit et insiste sur la sensibilisation des populations sur ce fléau qui gangrène les administrations et sociétés publiques, avant d’appeler au ressaisissement de tous. Voici l’intégralité de sa déclaration.

Le Congo, en se conformant aux dispositions de la convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, a adopté, en 2019 d’abord, la loi n°3-2019 du 7 février 2019 créant la Haute autorité de lutte contre la corruption et, plus récemment, la loi n°9-2022 du 11 mars 2022 portant prévention et lutte contre la corruption et les infractions assimilées. Ces avancées au plan juridique témoignent de l’indéfectible engagement de notre pays à lutter contre la corruption dans ses divers aspects, notamment la concussion, le détournement des deniers publics, la fraude, le clientélisme et les infractions assimilées.
Par son exemplarité à poursuivre les efforts entrepris, la République du Congo, notre cher beau pays, a ainsi gagné trois places au classement de l’indice de perception de la corruption de Transparency international, passant de la 165ème place, sur 180 pays en 2020, au niveau mondial, à la 162ème place en 2021. Il a fallu attendre 15 ans pour voir les lignes bouger. Un grand encouragement pour la H.a.l.c qui engrange, là, les premiers succès de ses quelques activités menées depuis la prestation de serment de ses membres, le 27 juillet 2020.
Sur l’ensemble du continent africain, depuis l’année 2018, déclarée par l’Union africaine, «année africaine de lutte contre la corruption», la mobilisation contre ce fléau est très significative. Elle a un impact certain sur la transformation des économies et renforce la détermination à réaliser un développement inclusif et durable, comme prévu dans l’agenda 2063 de l’Afrique.
Malheureusement, la pandémie de covid-19, qui a frappé le monde entier y compris le continent africain, à partir de 2020, est venue saper les efforts et les progrès des pays en matière de développement, en révélant des occasions nouvelles dans les faits de corruption.
La communauté internationale et les partenaires au développement ont mobilisé des ressources, voire annulé des dettes pour permettre à l’Afrique de mettre en place des plans de lutte contre la pandémie, mais des détournements d’utilisation des fonds alloués ont vite fait surface. Dans bien des cas, la transparence et l’obligation de compte rendu restent difficiles à établir.
La corruption qui touche au quotidien la population, n’a pas été en reste. Elle s’est développée par la pratique des pots-de-vin et des passe-droits pour contourner les couvre-feux, les barrages routiers pendant les périodes de confinement et les quarantaines obligatoires mis en place, avec succès, pour ralentir la propagation du virus. Ces pratiques à n’en point douter ont privé, nombre de pays, des ressources au moment où ils en avaient le plus besoin.
A la lumière des conséquences négatives de la pandémie, ainsi révélées, la 40ème session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine a approuvé le thème de la célébration de la 6ème édition de la journée africaine de lutte contre la corruption, à savoir: «Stratégies et mécanismes pour la gestion transparente des fonds de lutte contre le covid-19».
La célébration de cette journée, à travers toute l’Afrique, permet de conscientiser les populations africaines sur la façon dont la corruption gangrène la gestion des affaires publiques, à l’instar du plan national de lutte contre le covid-19 et la mobilisation des fonds qui en a été faite. Elle donne, en outre, l’occasion de renforcer la détermination, la concentration et l’expertise nécessaires pour lutter contre les nombreuses facettes de la corruption à laquelle l’Afrique est confrontée; intensifier et accroître l’efficacité des efforts de plaidoyer et renforcer et élargir les partenaires avec toutes les parties prenantes, par le biais d’une collaboration stratégique visant à lutter contre la corruption.
A la faveur de la célébration de cette journée, la H.a.l.c, qui est à sa deuxième édition, outre la poursuite de la mise en place de ses capacités opérationnelles et surtout de l’appropriation de sa capacité juridique acquise avec la promulgation de la loi anticorruption précitée, la H.a.l.c, disons-nous, se donne les moyens de préparer l’élaboration du plan stratégique multisectoriel de prévention».

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