Elections législatives scrutin de juillet 2022

Le gouvernement demande l’invalidation de la candidature de  Mottom Mamoni 

Comme on pouvait s’y attendre, à la suite de ses propos «tribalistes et d’incitation à la haine tribale», pendant la campagne électorale, dans la deuxième circonscription de Ouesso (Département de la Sangha), Léonidas Carrel Mottom Mamoni, ancien ministre de la culture et deuxième questeur du bureau de l’assemblée nationale, lâché par son parti, le P.c.t (Parti congolais du travail), est menacé, de manière irréversible, d’une décision d’invalidation de sa candidature, à la demande du gouvernement, notamment du ministre de l’administration du territoire, de la décentralisation et du développement local, Guy-Georges Mbacka, dans une déclaration publiée le 1er juillet 2022.

Pour la première fois en République du Congo, depuis l’accession à la démocratie pluraliste en février 1991 et les premières élections démocratiques tenues en juillet 1992, un candidat va voir sa candidature être invalidée, pour «incitation à la haine tribale et atteinte à l’unité nationale». Il s’agit du candidat P.c.t, Léonidas Carrel Mottom Mamoni. Que s’est-il passé?

Ce qui arrive à Mottom Mamoni prouve qu'en politique, il faut faire preuve, à chaqu'instant, de maturité d'esprit et de sens de responsabilité.
Ce qui arrive à Mottom Mamoni prouve qu’en politique, il faut faire preuve, à chaqu’instant, de maturité d’esprit et de sens de responsabilité.

Dans un meeting de campagne électorale, mercredi 29 juin dernier, à Ouesso, Léonidas Carrel Mottom Mamoni, qui affronte, entre autres adversaires à Mbindzo, la deuxième circonscription électorale de Ouesso, la candidate de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), Pâjo Princesse Tsaty Ikalé, qui est la fille du premier secrétaire de ce parti, Pascal Tsaty-Mabiala, tient des propos à caractère tribaliste, en disant, en langue lingala: «Les fiefs des partis P.c.a.p, P.r.l et U.pa.d.s ne sont pas dans la Sangha». Il a cité ces partis, parce que ceux-ci ont présenté des candidats à Mbindzo. Et il a poursuivi, en disant: «Est-ce qu’un ressortissant de la Sangha peut devenir député de Dolisie, de Mouyondzi?», le public a répondu: «Non!». «Donc, la Sangha est la terre où tout le monde vient s’amuser?». «Le 10 juillet, il faut leur donner la réponse, car cette élection est devenue l’affaire du droit de sol», sous-entendu, ne votez pas pour un candidat qui n’est pas ressortissant de la Sangha. Ce jeune acteur politique a oublié qu’en 2012, Aimé Emmanuel Yoka, cadre ressortissant de la Cuvette, est devenu député P.c.t élu à Vindza, dans le Pool. En politique, toutes les combinaisons sont possibles et qu’il ne sert à rien de se passionner de ses origines. Les Ivoiriens ont fini par apprendre la leçon, avec l’élection et la réélection du Président Alassane Dramane Ouattara.

Léonidas Carrel Mottom Mamoni voulait sans nul doute jouir, sur les terres de ses ancêtres, du privilège de la candidature unique, comme beaucoup d’autres de ses collègues du parti. Un privilège inauguré par le Président Fulbert Youlou en 1962, mais qui n’est pas réellement démocratique. Dans certaines circonscriptions, des candidatures ont été balayées, de manière anti-démocratique, pour assurer l’élection des caciques du P.c.t.

Voyant des Congolais venus d’ailleurs, envahir sa circonscription, Mottom Mamoni s’est emporté. L’extrait de la vidéo de ses propos, diffusé dans les réseaux sociaux, a fait le buzz et suscité de vives réactions de condamnation, dans un climat d’indignation générale. Dès le lendemain jeudi 30 juin, Philippe Mvouo, le président du C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication), l’institution qui régule la communication en période de campagne électorale, a réagi sur Radio-Congo et Télé-Congo, pour condamner fermement ces propos de haine et de division.

Le lendemain vendredi 1er juillet, le secrétariat permanent du P.c.t, dans une déclaration lue par son porte-parole, Parfait Iloki, s’est «dissocié totalement de ces comportements rétrogrades qui divisent le peuple congolais», en ajoutant, plus loin, «tirant les conséquences de ce comportement, le secrétariat permanent retire son appui au candidat Léonidas Mottom Mamoni».

Mais, l’opinion n’était pas totalement satisfaite par ces réactions, face à la gravité des propos du candidat lâché par son parti. Il fallait,  pour les pouvoirs publics, une décision concrète. C’est ce qu’a annoncé finalement le ministre Guy-Georges Mbacka, en charge des actes préparatoires des élections. Il a demandé à la C.n.e.i (Commission nationale électorale indépendante), d’invalider la candidature de Mottom Mamoni. Quand on sait que juste avant la campagne électorale, Henri Bouka, le président de la C.n.e.i, a prévenu les candidats, en les appelant à s’abstenir de tous propos excessifs, on peut dire que les carottes sont cuites pour le deuxième questeur de l’assemblée nationale.

Jean-Clotaire DIATOU

 

 

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