Elections législatives et locales scrutins du 4 et 10 juillet 2022

C’est parti pour la campagne électorale, sur fond de crise économique!

Conformément à l’arrêté publié par le ministre de l’administration du territoire, de la décentralisation et du développement local, la campagne électorale relative aux élections législatives et locales scrutins du 4 et 10 juillet 2022, a démarré sur toute l’étendue du territoire nationale ce vendredi 24 juin 2022. Mais, comme on peut le constater, la campagne a démarré en demi-teinte. Quelques candidats ont déployé des affiches et des banderoles et font circuler des véhicules ou cortèges de véhicules avec des mégaphones ébruitant leurs messages. La crise économique, pour ne pas dire la crise financière, se lit aussi à travers cet événement politique, par la modestie des moyens déployés par les candidats.

L’arrêté 4445 fixant la période de campagne électorale pour les élections locales et le premier tour des élections législatives, scrutins du 4 et 10 juillet 2022, publié par le ministre Guy-Georges Mbacka, il est indiqué que «la campagne électorale… est ouverte le 24 juin 2022 et close le 8 juillet 2022 à minuit sur toute l’étendue du territoire national». Elle est suspendue le 2 juillet 2022, afin de permettre le vote par anticipation des agents de la Force publique qui a lieu le 4 juillet 2022. La campagne électorale reprend le 5 juillet et prend fin le 8 juillet à minuit».

Deux semaines de spectacle que les candidats vont nous livrer.
Deux semaines de spectacle que les candidats vont nous livrer.

Ainsi donc, depuis ce vendredi à minuit, les équipes de campagne électorale des candidats ont pris d’assaut les lieux publics, pour accrocher affiches, banderoles et posters de leurs candidats. Dès le matin de ce vendredi, on croise, dans la circulation automobile des grandes localités, des véhicules et même des cortèges de véhicules placardés d’affiches, avec des mégaphones diffusant de la musique et des messages. Mais, on ne peut pas encore parler de grands moments de campagne électorale. Les débuts sont très timides et cela se comprend. Le nerf de la guerre n’a pas souri aux candidats. Certains, qui doivent être dans leurs circonscriptions à l’intérieur du pays, sont encore à Brazzaville.

Dans un contexte national de crise économique, ce constat ne surprend pas. Il est vrai qu’il y a une grande embellie du secteur pétrolier avec un baril qui, depuis début février 2022, est au-delà de 90 dollars. Aujourd’hui, il a même dépassé les 100 dollars. Une embellie qui fait l’affaire des pays exportateurs. Mais au Congo, dont l’économie repose sur la vente du pétrole, malgré le refrain de la diversification dont on ne cesse de nous rabâcher les oreilles, cette embellie est diluée par la situation d’endettement public. Le pays est obligé de faire face à ses échéances de remboursement de la dette extérieure et à la pression de la dette intérieure, sociale et commerciale.

Un cortège de campagne électorale passant au centre ville de Brazzaville
Un cortège de campagne électorale passant au centre ville de Brazzaville

Du coup, la remontée du prix du baril, accélérée par la guerre d’invasion déclenchée par le Président russe, Vladimir Poutine, en Ukraine, le 24 février dernier, a peu d’effet sur le quotidien des Congolais. Largement financée par les recettes pétrolières, les activités politiques tournent plutôt au ralenti dans les partis de la majorité, qui estiment n’avoir pas reçu suffisamment de budgets pour battre convenablement campagne. Quant aux indépendants et aux candidats de l’opposition, il faut faire avec les moyens de bord. Quoiqu’il en soit, les candidats se sont longtemps préparés à cet événement et ils von t progressivement s’illustrer sur le terrain de la campagne électorale, comme d’habitude, certains avec plus d’éclats et d’autres moins. Et les Congolais diront leur verdict, à l’issue de leur vote.

Jean-Clotaire DIATOU