Cinéma

« Le Prince », un film avec le rappeur Passi

Membre fondateur, en 1992 avec Stomy Bugsy du Ministère A.m.e.r, un groupe de rap qui signe «Pourquoi tant de haine?», un album anti-flic qui fera scandale, le rappeur franco-congolais Passi (Passi Balende de son vrai nom) devient, trente ans après, acteur dans un drame social, «Le Prince», réalisé par l’Allemande Lisa Biewirth et dont la sortie en France est prévue le 15 juin 2022, et au Congo, à partir du 23 juin, avec une première projection à l’I.f.c (Institut français du Congo) de Brazzaville.

Le scénario du film de 125 minutes qui s’inspire d’une véritable histoire explore les difficultés que peut rencontrer un couple mixte en Allemagne, dans la ville de Franckfort, plus précisément. De quoi parle précisément le film de Lisa Biewirth? Il met en scène Monika (Ursula Strauss), une galeriste de profession, qui tombe amoureuse de Joseph (Passi Balende), un diamantaire congolais, lequel espère recevoir bien vite ses papiers de régularisation. Malgré les obstacles qu’ils doivent surmonter, malgré leur différence culturelle, Monika et Joseph pensent pouvoir vivre une romance. Mais, la réalité, les pesanteurs, sociales, les préjugés vont les ramener à une arrière réalité…

Dans une interview, Passi a décrit, avec recul, le caractère de Joseph, le personnage pivot du «Prince», en ces terms: «Il est inspiré d’un homme qui a existé. Mais, dans la réalité, son histoire d’amour a duré plus longtemps que dans le film. Evidemment, certains aspects de son caractère ont été modifiés au moment de l’écriture. Ce personnage, il est un peu rentré, très introverti. Il est surtout décidé à survivre, à sortir de sa situation. Il veut juste un, deux ou trois millions pour avancer…».

Le thème des origines culturelles différents soutient, bien sûr, toute la narration du film. Le rappeur-acteur n’a pas hésité à dire pourquoi aussitôt après la première lecture du scénario, il a pensé que le rôle de Joseph était fait pour lui. «Quand j’ai lu le scénario, j’ai aimé à cause de ces histoires de métissage, de rencontres, de continents différents. Moi-même, je suis Français, mais je suis né au Congo. Donc, je sais quelque chose de la double culture. J’ai vu que le film abordait cette thématique d’identité plurielle, mais aussi la question des sans-papiers, très actuelle. C’est un sujet qui me touchait, mais dont je savais qu’il toucherait tant d’autres personnes en Europe. Mais, c’est un film qui pourra avoir des échos en Afrique», a expliqué le membre fondateur du Collectif Bisso na Bisso. Signalons que Passi était présent au dernier Festival de Cannes, pour présenter «Le Prince». Rendez-vous donc à l’I.f.c, à partir du 23 juin, pour savourer la dramaturgie de ce film.

Nana KABA

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