L’Île tunisienne touristique de Djerba, en mer méditerranéenne, a accueilli, du samedi 19 au dimanche 20 novembre 2022, le 18ème sommet de l’O.i.f (Organisation internationale de la Francophonie), qui a pu être tenu après deux reports, en raison de la pandémie de covid-19.  85 délégations (sur 88) des États membres (pleins, associés et observateurs) de l’O.i.f et des organisations internationales et régionales, dont 31 Chefs d’Etat, ont pris part à ce sommet organisé sous le thème: «Connectivité dans la diversité: Le numérique, vecteur de développement et de solidarité dans l’espace francophone». Il s’est achevé sur une déclaration qui manifeste la nouvelle impulsion qu’on veut imprimer à la Francophonie.

Au sortir du 18ème sommet de la Francophonie, la Rwandaise Louise Mushikiwabo a été reconduite, sans suspense, puisqu’elle était la seule candidate, comme secrétaire générale de l’O.i.f. Elle a été saluée pour le travail de transformation de l’organisation qu’elle a réalisé: «Une action plus resserrée, plus proche du terrain et donc plus pertinente; une légitimité accrue sur la scène internationale; des processus de gestion et de gouvernance plus efficaces». Pour son nouveau mandat de quatre ans, elle a évoqué trois grands objectifs sur lesquels la Francophonie devrait se focaliser: l’action pour les jeunes et les femmes autour de projets à fort impact, l’influence sur la scène internationale et l’attractivité, notamment en termes économiques et culturels.
Le Président tunisien, Kais Saïed, qui a présidé le sommet, a quant à lui succédé à la tête de l’O.i.f, comme Président en exercice, au Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, dont le pays avait abrité le précédent sommet en 2018, à Erevan. La passation de pouvoir entre les deux dirigeants a eu lieu dès la cérémonie d’ouverture.
La rencontre de Djerba a connu aussi son côté pesanteur diplomatique. Une dizaine de Chefs d’Etat africains y étaient présents, dont Macky Sall (Sénégal), Paul Kagame (Rwanda), Ali Bongo-Ondimba (Gabon), Alassane Dramane Ouattara (Côte d’Ivoire), Mohamed Bazoum (Niger), Faustin-Archange Touadera (Centrafrique), Andry Rajoelina (Madagascar), Faure Gnassingbé (Togo), etc.
On a relevé de grands absents comme le Président de la RD Congo, Antoine Félix Tshisekedi, représenté par son Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, qui a refusé de prendre la photo de famille, pour protester contre la présence du Président rwandais, Paul Kagame, Denis Sassou-Nguesso du Congo-Brazzaville, représenté par une délégation conduite par le ministre des affaires étrangères,Jean-Claude Gakosso et le Roi Mohamed VI du Maroc qui a été représenté par une simple directrice au Ministère des affaires étrangères. La guerre dans la Province du Nord-Kivu, en RD Congo a constitué un des points chauds de ce sommet. La guerre en Ukraine et ses conséquences au plan alimentaire a aussi préoccupé les Chefs d’Etat francophone. Les Chefs d’Etatg entendent renforcer la francophonie pour intensifier son rôle de médiateur dans la résolution des conflits en Afrique, continent dont sont issus le plus grand nombre de ses membres.
L’hôte du sommet, le Président tunisien Kaïs Saïed, très critiqué dans son pays où il fait face à une situation politique difficile, a promis de «transformer nos engagements en actions solidaires et réalisations concrètes qui seront à la hauteur de nos peuples, en particulier nos femmes et nos jeunes».

Jean-Clotaire DIATOU